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L'image monte des manifestations contre le Règlement 17 à Ottawa.

Règlement XVII : des excuses avortées en 2010

Temps de lecture : 2 minutes

TORONTO – Le gouvernement de l’Ontario aurait pu présenter des excuses aux francophones pour le Règlement XVII dès 2010 mais « le moment n’était pas opportun » à l’époque, affirme la ministre Madeleine Meilleur après que la province eut finalement fait son mea culpa, six ans plus tard.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

« J’attends toujours le moment opportun », a fait valoir l’élue responsable des Affaires francophones à Queen’s Park à sa sortie de la période de questions du mardi 23 février.

La veille, la première ministre Kathleen Wynne s’est levée dans la Législature pour présenter des excuses à quelque 611500 francophones « dont la famille et la communauté ont souffert à cause du Règlement XVII ». Elle a du même souffle souligné « l’engagement, le courage et la ténacité des francophones ».

Le Règlement XVII adopté par l’Ontario en 1912 a interdit pendant une quinzaine d’années l’usage de la langue française après la deuxième année d’enseignement dans les écoles de la province. Le règlement a mené à l’époque et longtemps après à l’assimilation de nombreux jeunes de langue française.

Devant une vingtaine de francophones invités dans la Législature pour la présentation des excuses officielles, lundi 22 février, Mme Meilleur s’est avouée « un peu jalouse » de son collègue Glenn Thibeault, député libéral de Sudbury, qui a porté la demande d’excuses devant le parlement ontarien au nom de représentants de sa communauté. « J’aurais aimé y avoir pensé moi-même », a-t-elle partagé.

 

Question « complexe »

Or, selon Le Devoir, la ministre déléguée aux Affaires francophones a reçu dès 2010 une demande d’excuses officielles pour le Règlement XVII. Elle y a répondu que « la question d’excuses formelles en est une qui est complexe » et qui « nécessite une analyse en profondeur », sans jamais plus faire de suivi, toujours d’après le quotidien montréalais.

« Écoutez, je ne me souviens pas de tous les détails », a botté en touche Mme Meilleur à #ONfr, six ans après les faits. « Nous étions à la vieille d’une campagne électorale (provinciale) et il y avait à ce moment-là une campagne électorale municipale à Ottawa où la personne qui m’avait envoyé cette (demande d’excuses) se présentait. Il y a toutes ces choses-là qu’il faut considérer ».

Selon nos sources, toutefois, l’auteur de la demande d’excuses de 2010, que la ministre a refusé d’identifier, n’était pas candidat aux élections municipales à Ottawa cette année-là.

Madeleine Meilleur dit maintenant qu’elle « approuvait » la demande d’excuses de 2010 et que c’était une « bonne idée » mais que « le moment n’était pas opportun ». Elle affirme que « toutes les étoiles se sont alignées » pour que Queen’s Park fasse son mea culpa du Règlement XVII au cours des derniers mois, grâce entre autres à l’enthousiasme des fêtes du 400e anniversaire de la présence française dans la province à l’été 2015.

L’opposition à Queen’s Park est demeurée, pour sa part, dubitative.

« S’il a fallu six ans pour faire quelque-chose d’aussi simple et nécessaire, il faut se demander où est la sensibilité du gouvernement libéral. Ces excuses servent-elles seulement à aider les libéraux ou sont-elles l’expression d’un sentiment profond ? Je crois que nous sommes nombreux à nous poser la question », a réagi la chef néo-démocrate Andrea Horwath.

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