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Francophonie canadienne : les scandales et controverses qui ont marqué 2021

Temps de lecture : 5 minutes

Si les déclarations controversées n’ont pas pris de pause cette année, la palme des moments les plus litigieux pourrait bien être accordée à des institutions publiques. Sans ordre particulier, ONFR+ vous dresse un palmarès des controverses qui ont marqué la francophonie canadienne en 2021.

Air Canada et son président Michael Rousseau

C’est probablement au PDG d’Air Canada que revient la médaille d’or pour cette année. En affirmant qu’il avait eu le luxe de vivre à Montréal pendant 14 ans sans apprendre le français et que c’était tout à l’honneur de la ville, Michael Rousseau s’est mis les deux pieds dans les plats. Sa sortie faisait suite à un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain donné seulement en anglais. Cet épisode lui a valu sa place au sommet dans l’histoire du Commissariat aux langues officielles avec un record de 2 500 plaintes.

Ce n’était pas la première fois que l’entreprise s’est attiré des critiques pour son traitement de la langue française. L’ancien commissaire aux langues officielles Graham Fraser avait déjà consacré un rapport au complet sur les manquements linguistiques à Air Canada, lui qui qualifiait le tout d’un problème au niveau de la culture d’entreprise ».

Source : page Facebook Air Canada

L’Université Laurentienne

En supprimant 69 programmes (28 en français) en plus de mettre à la porte 200 professeurs via un processus judiciaire, l’Université Laurentienne aura vu son capital de sympathie drastiquement chuter. L’affaire a attiré l’attention aux quatre coins du pays, alors que La Laurentienne est devenue la première université au Canada a invoqué la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

À Sudbury et en Ontario, des organismes et membres de la communauté francophone ont décidé de transformer l’Université de Sudbury en institution entièrement francophone. Depuis, ces membres de la communauté demandent le transfert des programmes restants vers son ancienne université fédérée, ce que refuse catégoriquement La Laurentienne.

Plus récemment, c’est à Queen’s Park que le campus sudburois s’est attiré les foudres en refusant de divulguer certains documents privilégiés à la vérificatrice générale de l’Ontario, qui fait une enquête sur sa situation financière. Le leader en chambre Paul Calandra avait sommé le recteur Robert Haché et l’ancien président du Conseil des gouverneurs Claude Lacroix, quelques minutes avant que l’Assemblée législative oblige l’établissement à transmettre ces documents.

« Votre manque total de respect pour le parlement et pour la population de l’Ontario est honteux et nous ne nous laisserons pas faire », avait-il affirmé au dernier jour de la session.

Le recteur de l’Université Laurentienne Robert Haché. Gracieuseté

L’Université d’Ottawa

Après la saga avec le mot en N. en 2020, la plus grosse université bilingue en Amérique du Nord a encore été dans la tourmente cette année avec les propos du professeur Amir Attaran. Il avait publié plusieurs messages sur Twitter où il disait que la culture des Québécois est raciste, que le gouvernement québécois est suprématiste blanc et que le Québec est « l’Alabama du Nord ». Cet épisode avait irrité certains professeurs qui avait dénoncé le deux poids deux mesures de l’administration dans ce dossier et celui de la professeure Verushka Lieutenant-Duval. Elle avait aussi irrité la sphère politique à Québec.

Le professeur Amir Attaran. Crédit : Capture d’écran Youtube

Comme si ce n’était pas suffisant, l’Université s’est encore retrouvée dans la tourmente après la sortie d’un rapport faisant état de francophobie et de discrimination envers la population francophone sur le campus. Le recteur Jacques Frémont avait affirmé plus tard en réponse à ces constats que « le français n’avait certainement pas reculé à l’Université d’Ottawa ».

Une autre année sans modernisation de la Loi sur les langues officielles

Attendues depuis belle lurette, la Loi sur les langues officielles n’est pas encore adoptée. Promise depuis 2015 par les libéraux, elle se fait toujours attendre, notamment par les organismes francophones du pays. Si le projet de loi a été déposé en juin dernier, il était destiné à mourir au feuilleton en raison du déclenchement de l’élection en août.

Lueur d’espoir, la ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor a promis de la déposer dans les 100 premiers jours de son mandat, soit d’ici le 3 février prochain. La Loi sur les langues officielles n’a pas subi de modernisation depuis son entrée en vigueur en 1969. Reste à voir si les babines vont suivre les bottines à Ottawa ou s’il n’y aura pas de modernisation durant la 53e année de la Loi.

La nomination de Mary Simon

Si Mary Simon a été nommée dans la foulée de la découverte des tombes dans les pensionnats autochtones, son arrivée aura tout de même suscité une controverse. C’est le cas au Commissariat aux langues officielles qui a reçu plus de 1 300 plaintes sur sa nomination.

Mary Simon
La gouverneure générale Mary Simon. Crédit : Sgt Mathieu St-Amour, Rideau Hall Source : Bureau du secrétaire du gouverneur général /

Plusieurs, l’opposition notamment, ont reproché à Justin Trudeau d’avoir nommé une personne ne pouvant s’exprimer en français à ce poste. Le sénateur Claude Carignan a déposé en novembre un projet de loi pour empêcher tout futur gouverneur général de ne pas pouvoir parler dans la langue de Shakespeare ou Molière, critiquant la décision du premier ministre dans ce dossier.

Sa nomination fait aussi naître une certaine tendance chez les libéraux, alors qu’il s’agissait d’une deuxième nomination d’une personne unilingue à un haut poste de la fonction publique. En 2019, les libéraux avaient nommé l’anglophone Brenda Murphy comme Lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick.

Jagmeet Singh et l’Université de Sudbury

De passage en campagne électorale à l’Université de Sudbury, le chef néo-démocrate avait refusé de soutenir l’idée du transfert des programmes en français de La Laurentienne vers l’Université de Sudbury.

« Le travail de l’Université de Sudbury est incroyable et important, mais on ne veut pas réduire les services en français, on veut les augmenter », avait-il affirmé.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait renchéri dans une lettre quelques jours plus tard en disant ne pas vouloir « renoncer à la vision de l’Université Laurentienne en tant qu’institution bilingue et triculturelle ».

Le chef du NPD Jagmeet Singh à l’Université de Sudbury. Crédit : Pascal Vachon

Ces propos avaient indigné l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et certains anciens professeurs francophones de La Laurentienne qui demandait ce déménagement des cours.

Sa consœur au provincial, Andrea Horwath a soutenu plus tard qu’elle ne suivait pas la voie de son confrère au fédéral et qu’elle supportait une telle opération vers l’Université de Sudbury.

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