À Sudbury, La Nuit sur l’étang chante l’Huronie et sa francophonie
À Sudbury, la 53e édition de La Nuit sur l’étang met l’Huronie à l’honneur les 20 et 21 mars.
Entre hommage, relève et retrouvailles, l’événement, présenté au Collège Boréal, marque aussi le retour attendu du groupe Brasse-Camarade, 35 ans après son premier passage sur cette scène.
« Chanter en français en Ontario est un acte politique, qu’on le veuille ou non. »
François Lamoureux, l’une des figures du duo Brasse-Camarade, reprend à son compte cette réflexion des pionniers de la musique franco-ontarienne lorsqu’il évoque l’importance de La Nuit sur l’étang.
Le festival, qui célèbre cette année sa 53e édition les 20 et 21 mars à Sudbury, se tiendra sous le thème « La Nuit chante l’Huronie », avec un hommage aux artistes franco-ontariens de cette région.
Le retour du groupe Brasse-Camarade, 35 ans après son premier passage à La Nuit sur l’étang, constitue l’un des temps forts de cette édition.
Pour François Lamoureux, qui remontera sur scène samedi avec son frère Pierre, il s’agira d’un dernier salut du groupe.
« On va rejouer les chansons qui ont marqué les gens, retrouver le public… et simplement partager un moment de plaisir », résume-t-il.

Le parcours des frères Lamoureux les a menés bien au-delà des frontières ontariennes. Réalisateurs et producteurs reconnus à l’international, ils ont contribué à des projets récompensés par des Grammy, Emmy et Juno, participant à la vente de millions de CD et DVD/BD. Mais chanter en français est toujours resté un choix assumé.
« Avec notre groupe, on voulait surtout donner de la fierté aux jeunes, leur montrer qu’on peut s’amuser et créer en français, naturellement, sans revendication directe, simplement parce que c’est notre langue », explique François Lamoureux.
Une programmation ancrée en Huronie
Parmi les artistes invités qui portent ce même engagement, on retrouve notamment Joëlle Roy, originaire du Témiscamingue et établie en Huronie, dont le parcours artistique touche à plusieurs disciplines, de l’opéra-blues à la littérature.
L’auteur-compositeur-interprète Michel Paiement, actif depuis 1982 et originaire de Lafontaine, un village de la baie Georgienne, présentera également son univers musical. Il travaille actuellement sur un EP enregistré à Nashville.
Figure emblématique de la francophonie ontarienne, Jean-Guy « Chuck » Labelle proposera un spectacle mêlant nouvelles compositions et moments forts de son répertoire.

Le groupe festif Hey, Wow, d’Ottawa, viendra pour sa part insuffler une énergie contagieuse, avec des textes ludiques et un mélange de rock, funk, disco et musique traditionnelle.
« C’est un peu comme un grand rassemblement, une occasion de se connaître et de comprendre qui on est », explique le directeur général, Gino St-Jean.
Longtemps, ajoute-t-il, l’événement a permis à des jeunes de toute la province de se retrouver et de célébrer leur identité. Cette année encore, il se veut un lien entre les différentes régions, notamment entre Sudbury, berceau de la culture franco-ontarienne, et l’Huronie.
L’événement sera également marqué par une soirée de gala le vendredi, au cours de laquelle sera remis le Prix du Nouvel-Ontario 2026. Une vidéo hommage aux artistes de l’Huronie y sera présentée.
La relève sera aussi au rendez-vous avec la participation du groupe Les Aigles, composé de jeunes musiciennes et musiciens âgés de 10 à 14 ans, originaires de Lafontaine. La formation s’est fait connaître lors du spectacle La Brunante, un tremplin pour les jeunes artistes franco-ontariens depuis plus de 40 ans et par lequel sont passés plusieurs des artistes présents à cette édition de La Nuit sur l’étang.