Hadley Foucher réalise les animations de son documentaire « Un festival en héritage », retenu parmi les 17 propositions artistiques sélectionnées afin de représenter la province au Sommet de la Francophonie cette année. Photo : Gracieuseté
Culture

La scène culturelle torontoise portée par un nouveau documentaire dédié au cinéma en français

Hadley Foucher réalise les animations de son documentaire « Un festival en héritage », retenu parmi les 17 propositions artistiques sélectionnées afin de représenter la province au Sommet de la Francophonie cette année. Photo : Gracieuseté

TORONTO – Réalisé par l’artiste multidisciplinaire franco-torontois Hadley Foucher, le documentaire « Un festival en héritage », l’artiste a décidé de projeter l’histoire du festival Cinéfranco et de mettre en lumière les défis liés à l’accès à une offre culturelle en français en milieu minoritaire. Le projet fait parti des propositions artistiques sélectionnées afin de représenter l’Ontario au Sommet de la Francophonie au Cambodge en novembre.

Le documentaire donne la parole à des personnalités du milieu médiatique de la Ville Reine : « Je voulais avoir un point de vue un peu plus large de la situation culturelle à Toronto », explique Hadley Foucher.

« Au moment de déposer mon dossier, j’avais une idée précise des personnes que je souhaitais intégrer au documentaire. Après avoir dirigé et monté le documentaire moi-même, j’ai pu entrer en contact avec certains de ces intervenants clés grâce à l’appui de l’Alliance culturelle de l’Ontario », poursuit le réalisateur.

Chacun des artisans derrière une des 17 propositions artistiques sélectionnées pour représenter l’Ontario au Sommet de la Francophonie au Cambodge a bénéficié d’un accompagnement jusqu’au mois de juin pour la réalisation de son projet. L’initiative du Bureau de la lieutenante-gouverneure de l’Ontario a permis la concrétisation de projets comme celui de M. Foucher qui célèbrent la richesse culturelle franco-ontarienne.

Guillaume Lorin, directeur général de CHOQ FM à Toronto s’exprime au micro d’Hadley Foucher. Photo : Gracieuseté

« Un festival en héritage » a été produit, réalisé et monté par Hadley Foucher. Photo : Gracieuseté

Les défis de l’accès au cinéma en français

Ce dernier explique qu’à travers les différentes interventions de personnes clés du milieu culturel franco-torontois dans le documentaire, son objectif est « qu’une personne qui n’est jamais venue à Toronto puisse comprendre ce que l’on vit en tant que Franco-Ontarien », avance-t-il. Durant ces 25 minutes de reportage diffusé, on retrouve notamment Marcelle Lean, la fondatrice de Cinéfranco, ainsi que Dyana Ouvrard qui dirige Le Labo depuis plusieurs années.

En tant qu’artiste francophone établi dans la métropole anglophone, Hadley Foucher souhaite montrer qu’à Toronto, les barrières linguistiques du cinéma en salle demeurent et que des initiatives locales comme Cinéfranco sont un symbole de la lutte en faveur de la pérennité de la culture en français. « Je voulais vraiment parler de ce que Cinéfranco apporte à la communauté. Cinéfranco donne accès à des films en français, mais ça permet surtout aussi aux anglophones de s’immerger dans des contenus en français. »

Hadley Foucher, artiste multidisciplinaire établi à Toronto depuis deux ans, est déjà auteur de plusieurs réalisations à l’écran. Photo : Gracieuseté

« Comme il est dit dans le documentaire, le français n’est pas seulement une langue de traduction. Aujourd’hui, c’est bien de pouvoir travailler en français, mais c’est bien aussi de pouvoir consommer de la culture en français. Et c’est cette problématique-là que je voulais mettre en avant », décrit l’artiste.

Créé en 1997, un festival tel que Cinéfranco est souvent identifié comme l’un des plus anciens festivals de cinéma francophone en Amérique du Nord. Pour le réalisateur, il s’agit de bien plus qu’un film sur un festival, mais plutôt un hommage à ceux qui font vivre le cinéma franco-ontarien. Par ailleurs, une nouvelle édition de Cinéfranco est prévue du 6 au 15 novembre 2026.

Le cinéma : un pont entre les langues 

La directrice générale du Labo, Dyana Ouvrard, aborde dans le documentaire les difficultés sous-jacentes du cinéma depuis la pandémie, avec la prépondérance du streaming. Elle soutient que cette discipline reste avant tout une industrie.

« Les Franco-Ontariens ont besoin de lieux où ils peuvent regarder des films en français, tout comme les anglophones qui ont besoin de s’immerger dans le français pour que ce ne soit pas qu’une langue de traduction », réitère le réalisateur.

Au centre d’art médiatique francophone de Toronto (Le Labo), Dyana Ouvrard offre un cadre à la communauté des artistes. Photo : « Un festival en héritage », documentaire.

Selon M. Foucher, la diversité des langues dans l’offre cinématographique reste vitale pour tous, dans la mesure où la langue agit comme une porte d’entrée vers la culture. « Le cinéma francophone permet d’entendre le français dans un contexte vivant en découvrant des histoires, des accents et des réalités différentes », rapporte-t-il.

« Dans un pays multiculturel comme le nôtre, et surtout dans une ville comme Toronto, le français peut donner envie d’apprendre aux autres anglophones et anglophiles et ça peut créer des ponts entre les communautés, même pour celles et ceux qui ne le parlent pas au quotidien. »

Ce projet a été une sorte de tremplin, car il prépare maintenant d’autres documentaires sur d’autres thématiques francophones. « Déjà quand j’étais en France, j’ai beaucoup exploré ce qui se faisait artistiquement. » Un de ses projets d’animation pour les enfants, prévu pour début septembre sous forme de petites capsules, permettra l’apprentissage du français de manière ludique.