Postes Canada : le prochain PDG devra être bilingue, assure le ministre Lightbound
Le prochain grand patron de Postes Canada n’aura pas l’obligation de maîtriser les deux langues officielles, si l’on se fie à l’offre d’emploi, mais le ministre Joël Lightbound assure qu’aucun candidat unilingue ne sera nommé.
Le prochain patron de l’entreprise de livraison devra démontrer « d’excellentes aptitudes en communication, tant à l’écrit qu’à l’oral, et la capacité à agir comme porte-parole » en public, précise l’offre d’emploi, mais ne sera pas obligé de parler le français et l’anglais.
« La maîtrise des deux langues officielles est préférable », indique l’offre d’emploi sur le site du ministère des Services publics et de l’Approvisionnement Canada, publiée pour le compte de Postes Canada.
L’embauche du prochain PDG « tiendra compte du bilinguisme dans l’évaluation des candidats », assure toutefois le gouvernement.
« Votre profil en ligne doit inclure votre niveau de compétence en expression orale et en compréhension de votre deuxième langue officielle », ajoute-t-on.
Mais le bureau du ministre des Services publics et de l’Approvisionnement du Canada, Joël Lightbound, assure qu’un candidat bilingue sera désigné pour diriger la société d’État.
« Le ministre croit que le prochain PDG de Postes Canada devrait être en mesure de communiquer dans les deux langues officielles. Postes Canada est une institution nationale de grande importance qui doit servir des communautés francophones et anglophones partout au pays, et son dirigeant doit pouvoir s’adresser directement à l’ensemble des Canadiens », commente son cabinet dans une déclaration écrite.
L’actuel PDG, Doug Ettinger, dont le mandat prend fin en mars 2027, prendra sa retraite alors qu’il n’était pas parfaitement bilingue. La prochaine personne à la tête de la société d’État touchera un salaire situé entre 573 000 et 674 000 dollars.
L’annonce de recrutement souligne que Postes Canada pourrait accorder « une préférence » aux individus qui appartiennent à l’un ou à plusieurs des groupes suivants : les Autochtones, les personnes handicapées, les membres des minorités visibles, les membres des communautés 2SLGBTQ+ et les femmes.
Dans une déclaration, la commissaire aux langues officielles du Canada, Kelly Burke, soutient que la maîtrise du français et de l’anglais doit « constituer une compétence essentielle pour tout leader » à la tête d’une institution fédérale.
Les candidats ont jusqu’au 6 octobre pour postuler, indique Services publics et Approvisionnement Canada.
Transformation à Postes Canada
Le prochain dirigeant aura la responsabilité de mener à terme la transformation au sein de Postes Canada.
Au printemps, le fédéral avait annoncé que Postes Canada n’offrirait plus le service de livraison du courrier à domicile partout au pays, se tournant vers les boîtes communautaires. La fin du service à domicile se fera par vagues et s’échelonnera sur une période de cinq ans, touchant près de 4 millions de domiciles. Les colis non urgents pourront aussi être livrés par voie terrestre et non plus aérienne, et l’organisation doit aussi revoir le modèle de ses quelque 6000 bureaux de poste d’est en ouest du pays.
Le gouvernement avait annoncé des mesures dans le but de rétablir la situation financière fragile au sein de la société d’État. En 2024 et 2025, Postes Canada a enregistré chaque année plus d’un milliard de dollars de pertes, alors que depuis 2018, ce montant s’élève à plus de cinq milliards de dollars.
Le prochain PDG devra aussi détenir une « capacité à établir des relations de travail efficaces avec les organisations syndicales », écrit le ministère, alors que Postes Canada a connu plusieurs conflits de travail au cours des dernières années, notamment des interruptions de service en raison de grèves.
Le ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Joël Lightbound, a signalé dans un communiqué la semaine dernière qu’« un changement de direction et un changement structurel au sein de l’organisation seront essentiels ».
« Postes Canada doit prendre des mesures décisives pour fournir les services dont les Canadiens ont besoin, et ce, d’une manière financièrement viable. Alors que notre gouvernement examine ses bilans afin que nous puissions dépenser moins et investir plus, nous demandons à Postes Canada de faire de même », a déclaré M. Lightbound.