Pour sa 30e édition, la Franco-Foire propose une programmation familiale enrichie, avec des spectacles et des activités pour toutes les générations. Photo : Gracieuseté
Société

30e Franco-Foire de Kingston : célébrer la vitalité francophone malgré les défis

Pour sa 30e édition, la Franco-Foire propose une programmation familiale enrichie, avec des spectacles et des activités pour toutes les générations. Photo : Gracieuseté

KINGSTON – La Franco-Foire de Kingston soufflera ses 30 bougies ce samedi 17 octobre, tandis que son organisateur, l’Association canadienne-française de l’Ontario, conseil régional des Mille-Îles (ACFOMI), célébrera son 50e anniversaire. Quelque 46 exposants sont attendus au Centre communautaire de l’Est de Kingston. Ce rendez-vous annuel témoigne d’une francophonie locale en transformation, qui reste confrontée à des défis d’accès aux services en français.

Fournisseurs de services, organismes gouvernementaux et entreprises offrant des services en français dans la région de Kingston et des Mille-Îles se réuniront pour cette 30e édition de la Franco-Foire.

« D’année en année, on voit une augmentation du nombre d’entreprises qui viennent proposer leurs services en français », explique Laurianne Montpetit, directrice générale de l’ACFOMI.

L’accès à ces services ne se limite pas aux démarches officielles ou gouvernementales, souligne-t-elle. Il s’agit aussi de pouvoir « prendre un café en français » ou « aller chez la coiffeuse en français ».

« Ça fait partie de la possibilité de vivre tous les aspects de sa vie en français », ajoute Mme Montpetit.

Cinquante ans d’engagement francophone

La Franco-Foire prendra une dimension particulière cette année puisqu’elle coïncide avec le 50e anniversaire de l’ACFOMI. L’organisme a accompagné plusieurs grandes revendications de la communauté francophone de la région. Son territoire couvre notamment Kingston, Brockville, Kemptville, Belleville et Trenton.

« On essaie de continuer le combat pour que les francophones aient accès à tous les services », affirme Laurianne Montpetit, directrice générale de l’ACFOMI. Photo : Rob Whelan

« L’ACFOMI a été au centre des luttes pour l’obtention de certains droits des francophones. Que ce soit pour l’obtention des écoles de langue française, on a fait partie de cette mouvance. On a appuyé les parents, on a appuyé les groupes qui voulaient des écoles en français », rappelle Laurianne Montpetit.

Selon la directrice générale, l’ACFOMI a aussi contribué aux démarches qui ont mené à la désignation de Kingston en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario. Cette désignation est entrée en vigueur dans la ville le 1er mai 2009.

Pour souligner son anniversaire, l’organisme présentera à la Franco-Foire une exposition artistique intitulée Mémoire francophone en vitrine. Elle réunira des œuvres d’artistes locaux évoquant leurs liens personnels avec la francophonie, des moments marquants de son histoire et le rôle de l’ACFOMI dans la communauté.

Une communauté transformée par l’immigration

Le double anniversaire est aussi l’occasion de mesurer l’évolution de la communauté francophone de Kingston. Longtemps, explique Mme Montpetit, celle-ci s’est appuyée sur un noyau de francophones établis dans la région, auquel s’ajoutait une population plus mobile, notamment des étudiants de l’Université Queen’s, des militaires et leurs familles.

Depuis quelques années, l’arrivée de nouveaux immigrants francophones transforme cette dynamique. « On voit de plus en plus de nouveaux arrivants qui s’installent dans notre communauté », constate la directrice générale. Cette évolution modifie les besoins de la communauté et renforce l’importance de pouvoir accéder à des services en français dans différents aspects de la vie quotidienne.

Des services en français encore insuffisants

L’ACFOMI estime que la communauté francophone de la région compte plus de 5000 personnes, soit environ 3 % de la population locale, dans un environnement très majoritairement anglophone. « Un grand enjeu, ce sont évidemment les services de santé en français, qui sont limités dans la région », souligne Laurianne Montpetit.

Dans ce sens, Mme Montpetit insiste sur l’importance de l’offre active : les services en français devraient être proposés spontanément, plutôt que d’attendre que les usagers en fassent la demande.

Une avancée récente est toutefois saluée du côté municipal. La Ville de Kingston dispose désormais d’un groupe de travail francophone chargé de représenter les intérêts de la communauté et de contribuer à améliorer l’accès aux services municipaux en français.

« C’est une victoire pour nous d’avoir ce point de contact avec la municipalité », estime Mme Montpetit.

Depuis 1997, la Franco-Foire réunit chaque année des organismes communautaires, des institutions publiques et des entreprises offrant des services en français dans la région de Kingston et des Mille-Îles. Photo : Gracieuseté

Un rendez-vous familial et rassembleur

La Franco-Foire est une vitrine des services en français, mais aussi un rendez-vous communautaire qui attire des visiteurs fidèles. Pour les nouveaux arrivants, c’est l’occasion de découvrir les ressources offertes dans leur langue et de nouer des liens avec les organismes locaux. Pour les habitués, c’est un moment de retrouvailles et de célébration.

« La foire, c’est aussi ça : c’est un moment de célébration de notre francophonie, un moment pour se retrouver entre nous », dit Laurianne Montpetit.

La programmation comprendra notamment un spectacle jeunesse d’Ari Cui Cui, Les jeux d’rôles – Les contes classiques en musique, présenté par le Centre culturel Frontenac. La Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO) animera un atelier sur le vieillissement en santé et en sécurité à domicile. Des activités artistiques, dont la création d’étampes, sont également prévues.