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Anne Vinet-Roy succédera à Rémi Sabourin à la tête de l’AEFO

Temps de lecture : 3 minutes

MISSISSAUGA – Hasard du calendrier, c’est au moment où les tensions culminent avec le gouvernement provincial que l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) se dote d’une nouvelle présidente. Anne Vinet-Roy, enseignante de français à Timmins, prendra la succession de l’actuel président, Rémi Sabourin, à compter du 1er septembre 2020.

Dimanche matin, Mme Vinet-Roy a obtenu les faveurs des membres de l’AEFO, réunis à Mississauga, lors du congrès annuel de l’association.

La future nouvelle présidente œuvre depuis de longues années dans le domaine de l’éducation. De 2006 à 2010, elle a été membre du comité consultatif sur les questions féminines en éducation de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE). Elle a également été vice-présidente de l’AEFO de 2008 à 2012.

Mme Vinet-Roy est par ailleurs la présidente de l’Association canadienne de l’éducation de langue française (ACELF) depuis 2016, et aussi de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (FEO).

« Quand je prendrai mes fonctions en septembre, dépendamment où l’on sera rendu en négociations, il y aura des ponts à rebâtir avec le gouvernement, et un travail à faire pour la relation, penser à la suite des choses », laisse entendre Mme Vinet-Roy, en entrevue avec ONFR+, quelques heures après son élection.

« Tout le contexte de la négociation, c’est difficile à vivre pour nos membres avec des grèves du zèle, les retraits de services. Il faut absolument que nos enseignants se sentent valorisés et écoutés. »

Trois femmes du Nord candidates

Élu à la tête du syndicat aux 12 000 membres en 2016, puis réélu par ses pairs deux ans plus tard, Rémi Sabourin ne pouvait pas se représenter une troisième fois, les règlements du syndicat limitant les mandats au nombre de deux.

Mme Vinet-Roy n’est pas la première femme à la barre du syndicat. Plusieurs femmes ont occupé ces fonctions, à commencer par Sœur Marie Lionel, à partir de 1950, pendant un an. Plus récemment, Lise Routhier Boudreau avait dirigé l’AEFO de 1999 à 2004.

En revanche, jamais autant de femmes ne s’étaient portées candidates à la présidence, si l’on en croit Rémi Sabourin.

« Cette année, vous participez à des élections historiques. C’est la première fois où toutes les candidates à la présidence sont des femmes. C’est à peu près temps », avait-il déclaré, ce samedi, devant les membres de l’assemblée.

Nathalie Drolet, Anne Vinet-Roy et Gabrielle Lemieux, lors du congrès de l’AEFO. Gracieuseté : AEFO

Aux côtés de Mme Vinet-Roy,  deux autres femmes du Nord de l’Ontario aspiraient à devenir présidente de l’AEFO : Nathalie Drolet de North Bay, et Gabrielle Lemieux de Sudbury.

« Je travaille avec l’AEFO à titre de présidente de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, mais en attendant le 1er septembre, je vais devoir participer à plus d’événements de l’AEFO », soutient Mme Vinet-Roy.

Deux mandats chargés pour Rémi Sabourin

Depuis sa première élection à la barre de l’AEFO en 2016, Rémi Saboruin ne s’attendait probablement pas à quatre années aussi animées.

L’enseignant dans la région de Barrie fut le premier président depuis 2003 à connaître un changement de couleur politique à Queen’s Park, après l’élection des progressistes-conservateurs en juin 2018.

L’échec des négociations avec le gouvernement sur le renouvellement de la convention collective à l’automne a plongé la province dans une crise dont on ne voit pas aujourd’hui le bout.

Vendredi, les quatre syndicats d’enseignants organisaient une grève générale contre le gouvernement de Doug Ford pour protester contre les réformes en éducation, entraînant, pour les deux millions d’élèves, la fermeture des quelque 5 000 écoles provinciales. Une première depuis 1998.

Le président de l’AEFO Rémi Sabourin lors du débrayage, jeudi 13 février. Archives ONFR+

« Cette journée est historique… et c’est aussi désolant », lançait à cet égard M. Sabourin au micro d’ONFR+, ce vendredi même, au moment d’assister à la grande manifestation des enseignants devant Queen’s Park.

Depuis cinq mois, les discussions bloquent notamment sur l’augmentation de la taille des salles de classe, la mise en place de l’apprentissage numérique ou encore, la hausse des salaires des enseignants.

« J’ai senti le moral des membres au cours du congrès excellent », souligne la nouvelle présidente élue de l’AEFO. « Une journée vécue comme vendredi, ça a donné un regain en énergie. Les membres sont prêts à la suite des choses et à ne pas accepter des reculs pour l’éducation des élèves ! »

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