Après une saison marquée par une blessure, Zachary Jeggo a retrouvé le sourire en décrochant le titre canadien U20 du 400 mètres, synonyme de qualification pour les Championnats du monde juniors. Photo : Brian Rouble/Mundo Sport Images
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Athlétisme : Zachary Jeggo, construire l’avenir une foulée à la fois

Après une saison marquée par une blessure, Zachary Jeggo a retrouvé le sourire en décrochant le titre canadien U20 du 400 mètres, synonyme de qualification pour les Championnats du monde juniors. Photo : Brian Rouble/Mundo Sport Images

Champion canadien U20 du 400 mètres il y a quelques semaines, Zachary Jeggo s’est ensuite consacré à sa préparation en vue des Championnats du monde U20, qui débutent ce 5 août à Eugene, en Oregon, jusqu’au 9 août. Entre une saison perturbée par une blessure, un travail mental approfondi et un encadrement partagé entre Ottawa et Vancouver, le Franco-Ontarien estime n’avoir encore montré qu’une partie de son potentiel.

La saison de Zachary Jeggo n’a pas suivi le parcours qu’il avait imaginé.

Au printemps, une blessure contractée alors qu’il se trouvait avec l’équipe canadienne aux Relais mondiaux au Botswana est venue ralentir sa progression et l’a privé d’une première expérience sur la piste avec la sélection senior.

Quelques semaines plus tard, le Franco-Ontarien avait toutefois retrouvé le sourire en remportant le titre canadien U20 du 400 mètres, une victoire qui lui permet désormais d’aborder les Championnats du monde juniors avec davantage de sérénité.

« La saison a été un peu difficile, surtout à l’extérieur avec les blessures. Mentalement aussi, ça n’a pas été facile. Cette victoire enlève beaucoup de pression et me permet de me concentrer pleinement sur les Championnats du monde U20 », explique-t-il.

Son entraîneuse à l’Université Simon Fraser, Brit Townsend, voit dans cette saison une preuve de la maturité de son athlète. « Ce qui m’impressionne le plus chez Zach, c’est sa maturité. Il est très posé dans les situations de compétition et il a toujours eu de grands objectifs. Il possède aussi la confiance nécessaire pour atteindre le plus haut niveau », souligne-t-elle.

Une préparation tournée vers les Mondiaux

Contrairement à d’autres athlètes qui multiplient les compétitions estivales, Jeggo adopte désormais une approche beaucoup plus mesurée. Chaque course est pensée comme une étape vers les Championnats du monde U20 de Eugene.

« Le plus important, c’est d’être en santé. Il y aura toujours des occasions de courir, mais je veux être à 100 % pour les Championnats du monde », affirme-t-il.

Lors des Championnats canadiens U20, il s’était d’ailleurs fixé un objectif bien différent de la victoire. « Je voulais simplement courir, prendre du plaisir et ne pas penser aux temps. Gagner, c’était un bonus. »

Champion canadien U20 du 400 mètres, Zachary Jeggo célèbre une victoire qui récompense plusieurs mois de travail et de persévérance. Photo : Brian Rouble/Mundo Sport Images

Cette philosophie rejoint celle de son encadrement, qui privilégie une progression durable plutôt qu’une recherche immédiate de performances. « Il faut continuer à construire progressivement. Nous ne voulons pas faire de grands bonds qui pourraient entraîner de nouvelles blessures. L’objectif est de progresser régulièrement tout en restant en bonne santé », explique Brit Townsend.

Trois entraîneurs, un seul projet

Derrière les progrès de Zachary Jeggo se cache une organisation bien rodée. Pendant l’année universitaire, il s’entraîne à l’Université Simon Fraser, où Tom Dickson est son entraîneur principal au quotidien. De son côté, Brit Townsend, entraîneuse-chef du programme d’athlétisme, supervise notamment sa planification des compétitions, assure le lien avec Athlétisme Canada et veille à ce qu’il bénéficie de l’encadrement médical et scientifique nécessaire à son développement.

L’été, lorsqu’il rentre à Ottawa, il retrouve son entraîneur de longue date, Richard Johnston, qui poursuit le travail entrepris à Vancouver. « Tom a été son entraîneur principal cette année. Je m’assure que son calendrier de compétitions soit adapté, je communique avec les membres de l’équipe nationale et je veille à ce qu’il reçoive tout le soutien dont il a besoin. Quand il retourne à Ottawa, Richard poursuit le travail. Nous avançons tous vers les mêmes objectifs », résume Mme Townsend.

Une préparation plus complète

Cette saison a également marqué un tournant dans la façon dont Zachary Jeggo prépare ses compétitions. Après plusieurs mois perturbés par les blessures, le Franco-Ontarien a commencé à travailler avec une psychologue sportive afin de mieux gérer la pression des grands rendez-vous.

« Elle m’a expliqué que le stress voulait simplement dire que j’étais prêt à courir. Je devais rester concentré sur mon couloir et faire confiance au travail réalisé », raconte-t-il.

Ce travail mental s’accompagne également d’un développement physique plus poussé. À Simon Fraser, son programme comprend davantage de séances ciblées en salle de musculation, ainsi qu’un suivi étroit en préparation physique et en médecine sportive afin de lui permettre d’enchaîner les entraînements sans rechute.

« Nous voulons continuer à construire ce qu’il a déjà. La clé, c’est qu’il puisse s’entraîner de façon constante sur une longue période », explique Brit Townsend.

Pour son entraîneuse, cette régularité est essentielle. Plus que la recherche de gains rapides, c’est l’accumulation d’entraînements de qualité qui lui permettra de franchir un nouveau cap dans les prochaines années.

Les Mondiaux comme tremplin

Si Jeggo est convaincu qu’il peut bientôt courir sous les 46 secondes et s’approcher des 45, son entourage préfère regarder plus loin que le simple chronomètre.

« Je pense qu’il est tout à fait capable d’atteindre ces objectifs. Il faut simplement continuer à faire ce que nous faisons, le garder en bonne santé et poursuivre sa progression étape par étape », estime son entraîneuse.

À 19 ans, Zachary Jeggo n’envisage pas les Championnats du monde U20 comme une finalité, mais comme une nouvelle étape dans son développement. Photo : Brian Rouble/Mundo Sport Images.

Pour l’entraîneure de Simon Fraser, les Championnats du monde U20 représentent avant tout une occasion d’acquérir une expérience précieuse dans un environnement de haut niveau.

« Ce sera une expérience fantastique. Les athlètes vont découvrir ce que représente un véritable championnat international : vivre au village, suivre les protocoles, gérer les salles d’appel… Toutes ces expériences les aideront énormément pour la suite de leur carrière. »

Pour Jeggo, cette compétition constitue donc bien plus qu’un rendez-vous estival : elle représente une nouvelle étape dans son apprentissage du haut niveau.

Une carrière qui se construit

À seulement 19 ans, le Franco-Ontarien sait que le chemin est encore long. Son objectif est de poursuivre sa progression avec Simon Fraser, de continuer à s’imposer parmi les meilleurs athlètes universitaires nord-américains et, à terme, d’intégrer durablement l’équipe nationale canadienne.

Brit Townsend en est convaincue, son potentiel lui ouvre les portes de ce niveau. « Je pense qu’il est capable de devenir un membre de l’équipe nationale. Il existe un parcours de performance avec Athlétisme Canada et il est au début de ce chemin. Son meilleur moment viendra peut-être davantage vers 2032, mais il pourrait aussi avoir des opportunités avant cela, notamment avec les relais », explique-t-elle.

Pour l’instant, Zachary Jeggo préfère toutefois garder les yeux rivés sur l’objectif le plus proche. Après une saison où il a appris à composer avec les blessures, à renforcer son approche mentale et à bâtir sa progression avec patience, les Championnats du monde U20 constituent une nouvelle occasion de mesurer le chemin parcouru.