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« Avoir une conversation franche au Rendez-vous fransaskois », dit Denis Simard

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Denis Simard est le président de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF). L’organisme est le porte-parole de la francophonie en Saskatchewan depuis plus de cent ans.

L’ENJEU :

Le Rendez-vous fransaskois s’ouvre ce vendredi, à Regina, pour une durée de trois jours. C’est l’événement annuel phare pour les quelque 15 000 francophones de la province. Jusqu’à dimanche, un panel de six invités se penchera sur l’avenir de la francophonie canadienne. Parmi les autres points marquants : deux formations offertes ce vendredi, et la tenue de l’assemblée générale annuelle, le dimanche.

LE CONTEXTE  :

S’il n’y a pas d’élections cette année à l’ACF, ce Rendez-vous fransaskois se déroule seulement quelques jours après les élections fédérales. La Saskatchewan est plus bleue que jamais, puisque les 14 députés élus sont tous issus des rangs conservateurs.

« Cette année, le thème du Rendez-vous fransaskois est « la francophonie : l’affaire de tous et de toutes », pourquoi ?

En fait, la francophonie fransaskoise, dans son évolution naturelle et au sens large, évolue grâce à l’immigration internationale, aux migrations provinciales, aux apprenants en français et à l’exogamie. La communauté change et se multiplie. On veut donc se poser des questions, savoir si on fait les choses de la bonne façon pour répondre à ces nouveaux besoins.

Justement, on parle d’un panel avec six intervenants, c’est-à-dire Carol Jolin, Jean Johnson, Fayza Abdallaoui, Bintou Sacko, Denis Desgagnés, et Andréa Perrault. On voit que ce sont des intervenants venus de toute la francophonie canadienne. Pourquoi ce choix ?

On voulait des individus de marque, surtout sur des thèmes comme l’inclusion et la politique dans le contexte des coupes du gouvernement Ford en Ontario ou la vague bleue au niveau des gouvernements provinciaux. Les propos de Denise Bombardier peuvent entrer aussi dans la discussion. Le point central, c’est que la communauté est en évolution. Nous voulons avoir une perspective plus large de ce qui se dit dans la communauté fransaskoise. Il s’agit d’une réflexion utile pour nous.

Est-ce que ce Rendez-vous fransaskois est plus spécial que les autres années ?

On voulait avoir une perspective nationale et internationale du fait français. On veut avoir une conversation franche au Rendez-vous fransaskois, voir ce qui se fait ailleurs et voir comment s’arrimer pour faire bien les choses chez nous.

Cette année, une nouvelle entité sur l’immigration francophone en Saskatchewan a été confirmée pour un lancement en 2020. Qu’est-ce que cela va apporter ?

Cette nouvelle entité, laquelle prendra la forme d’un centre pour nouveaux arrivants, va nous aider dans l’immigration. Nos bureaux qui traitent de l’immigration vont être transférés vers ces services. L’organisme ne fera que ça, alors que l’ACF le faisait, parmi d’autres dossiers, depuis 20 ans. Pour l’instant, le taux d’immigration francophone en Saskatchewan se situe vers 1,6 % et 1,7 %. Il faudrait atteindre entre 5 % et 6 % pour que la communauté francophone assure son développement.

On sait que la communauté fransaskoise cherche à avoir plus d’écoles francophones depuis plusieurs années. Où en est le dossier ?

En fait, cela touche toute la question du continuum en éducation de la petite enfance, jusqu’à la douzième année. Les écoles sont pleines à craquer dans des quartiers, et certaines situées dans des quartiers moins favorables au développement de la communauté. Je pense, par exemple, à l’une de nos écoles à Prince Albert dans un quartier plus démunie. Aussi, les jeunes doivent le plus souvent quitter la Saskatchewan s’ils veulent faire des études post-secondaires en français.

Les Fransaskois ont perdu, pour beaucoup d’observateurs, un allié avec la défaite de Ralph Goodale dans la circonscription de Regina-Wascana. Êtes-vous inquiet de cette nouvelle configuration avec seulement des députés conservateurs pour la Saskatchewan à la Chambre des communes ?

En fait, ça ne change en rien le travail que fait l’organisme. Nous conservons une relation de confiance avec la province. Ralph Goodale est évidemment une grosse perte, car il a toujours été un allié. Nous sommes peinés de savoir qu’il n’a pas gardé son siège, car il méritait de bien finir pour ce qui semblait être sa dernière élection. »

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