Cinéfest Sudbury : les pépites francophones à ne pas manquer lors de la 38e édition
SUDBURY – Pour sa 38e édition désignée sous le thème « Pour penser, pour s’émouvoir », le festival international de films Cinéfest Sudbury reprend ses quartiers au SilverCity. Au menu : une vaste sélection de documentaires, de longs-métrages de fiction et de courts-métrages, tous reflétant les problématiques sociétales de notre époque. Surtout, l’institution met à l’honneur 22 projets francophones provenant de la scène internationale.
« Chaque année, près de 25 % de notre programmation est en langue française », confirme Patrick O’Hearn, le directeur de Cinéfest. « On est fiers de s’assurer que notre vibrante communauté francophone a accès à la programmation ». En effet, la 38e édition du festival revient en force, proposant aux cinéphiles de Sudbury une programmation francophone diverse et variée.
Avec le thème « Pour penser, pour s’émouvoir », le festival propose 22 œuvres francophones, une sélection mêlant comédies, drames, thrillers psychologiques, et documentaires, avec des récits illustrant l’état actuel du monde. « Il s’agit de s’assurer que nous proposons des films qui peuvent résonner auprès du public. Certains thèmes émergent. Chaque année, les cinéastes répondent aux inquiétudes et défis mondiaux. Ils cherchent tout de même à divertir ».
À l’approche du coup d’envoi du festival le 19 septembre prochain, voici notre sélection des films francophones issus du cinéma canadien ainsi que des coproductions internationales à ne pas manquer.
Les Furies, une comédie sportive 100 % féminine
Réalisé par Mélanie Charbonneau, Les Furies sera le premier film canadien diffusé. Il raconte l’histoire de Mélissa, gardienne de but en hockey, souffrant de problèmes de colère. Après la disparition de son club de hockey féminin, écarté en raison de l’arrivée d’une équipe semi-professionnelle masculine, elle décide de former une équipe de derby qui s’entraînera dans le sous-sol d’une église à Waterloo.
Produit par Immina Films, le projet est le deuxième de la réalisatrice à faire partie de la sélection officielle du Cinéfest — son film Outstanding (2025), avait remporté le prix du public lors de la dernière édition.

« On a tous envie de voir des femmes underdogs qui décident finalement de prendre leur place. Le film aborde plein de sujets, on parle d’Alzheimer, de violence conjugale, de transidentité, tout cela dans une espèce d’aventure colorée, drôle, puis divertissante », affirme la réalisatrice.
Quête et tension dans La Mécanique des frontières (2025)
Le premier long-métrage du réalisateur québécois Hubert Caron-Guay sera diffusé au Silver City le 22 septembre prochain. Le récit met en scène Mathieu, un jeune homme solitaire de 19 ans, qui reçoit un appel de détresse de sa sœur partie aux États-Unis trois ans plus tôt. Le personnage principal accepte à contrecœur et prend la route vers Tucson, et ce trajet ravive un passé familial douloureux.
« C’est un film qui laisse beaucoup plus de place aux questions qu’aux réponses », dit le réalisateur, à ONFR. « J’étais sensible à ces enjeux d’attachement là. C’est comme ça que j’ai bâti le projet, à travers des personnages qui avaient été abandonnés finalement ».

D’autres productions canadiennes seront diffusées au public. L’Autre d’Alexandre Franchi, également diffusé au TIFF, sera présenté le 20 septembre. Mon fils ne revint que sept jours, un drame québécois signé Yan Giroux, pourra être visionné le 21 septembre. Le même jour, les jeunes spectateurs pourront découvrir Au revoir, Pluton, un film jeunesse réalisé par Saranne Cormier.
Nitassinan (2026), ou la mémoire innue
Né d’une collaboration entre la poétesse innue Joséphine Bacon et la cinéaste abénaquise Kim O’Bomsawin, Nitassinan est un documentaire qui rend hommage à la terre ancestrale du Nitassinan, au Québec. Le projet est une affirmation du peuple innu, un message porté par des témoignages et une immersion poétique.
« C’est l’histoire du Nitassinan dans sa lumière positive, voir et entendre sa force, sa beauté et la résilience du peuple innu. Ce film est une occasion de raconter notre passé, notre présent et notre avenir dans nos mots, nos images et nos silences. Ce projet révèle sa vision du monde, son lien profond avec la terre, la nature et l’univers », exprime la poétesse dans sa note d’intention.

« Le message, c’est un hommage à la terre que je fais — un hommage à ceux qui l’ont marché, partagé, navigué, le souvenir qu’ils gardent », ajoute-t-elle. « Je voulais que le film soit visuel et poétique, on ne peut pas faire ça dans une aussi belle terre, une terre qui se conscientise ».
Le cinéma hexagonal au rendez-vous
Plusieurs œuvres de France seront proposées à l’audience sudburoise. Parmi la sélection globale, plusieurs productions et coproductions s’illustrent à travers des registres variés.
Du côté des présentations spéciales, le public du festival peut notamment découvrir Le Rêve américain d’Anthony Marciano, un film inspiré d’une histoire vraie qui suit le destin de deux Français devenus d’importants agents de joueurs de la NBA. La programmation fait également écho aux grands noms du cinéma hexagonal avec Juste une illusion signé par le duo Éric Tolédano et Olivier Nakache, mettant en scène les vedettes françaises Camille Cottin et Pierre Niney.

L’offre de film français s’étend aussi aux coproductions internationales et aux propositions de genres plus singulières. On y retrouve le drame Minotaure d’Andrei Zvyaginstev, un film policier français, mais également letton et allemand ou encore le film d’animation pour adultes Jim Queen à la recherche de la Chloroqueer, une production franco-belge de Nicholas Athane et Marco Nguyen.
SoumSoum, la nuit des astres, le dernier projet du réalisateur tchadien Mahamet-Saleh Haroun, sera présenté le « Avoir un récit fondateur, propre à votre culture, qui fonde votre façon non seulement de voir, mais aussi d’être au monde et votre philosophie de la vie, vous donne une forme de conscience », dit-il par voie de communiqué.