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Déconfinement : la timide réouverture torontoise

Temps de lecture : 4 minutes

TORONTO – Autorisés à rouvrir depuis mercredi, les principaux musées, bibliothèques et aquariums de la ville demeurent fermés. Si de nombreuses terrasses sont prisées le midi et en soirée, l’envers du décor montre que plusieurs centaines de restaurants n’ont toujours pas rouvert physiquement, soit pris de court par l’annonce provinciale, soit dans l’attente d’une autorisation municipale. Dans ce marasme, les salons de coiffure, pâtisseries et autres services de proximité tirent en revanche plutôt bien leur épingle du jeu.

Le Centre Eaton est quasi désert ce jeudi. Avec ses 250 boutiques, le plus grand centre commercial du centre-ville fait pâle figure. L’Aquarium Ripley, le Musée royal de l’Ontario (ROM) ou encore le réseau des Bibliothèques municipales sont tous encore inaccessibles au public – excepté leurs services en ligne -, contrairement à ce que le feu vert gouvernemental pourrait laisser penser.

Le centre commercial Eaton peu fréquenté, ce jeudi. Crédit image : Rudy Chabannes

Le ROM et l’Aquarium Ripley rouvriront seulement demain, tandis que le Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO) assure qu’il rouvrira le 2 juillet, un délai nécessaire, selon sa porte-parole Andrea-Jo Wilson : « On veut être sûr que les mesures mises en place offrent l’expérience la plus sécuritaire possible aux visiteurs. »

Un nombre limité de billets chronométrés seront mis en vente chaque jour et chaque visiteur devra porter un masque.

La crainte d’une deuxième vague épidémique palpable chez les consommateurs, conjuguée à des défis de mises en place de mesures sanitaires conformes, a ralenti bien des ardeurs, y compris chez les commerçants.

250 terrasses en attente d’approbation

Le Papillon on Front, à proximité du Marché Saint-Laurent, a déjà ouvert sa terrasse mais l’enseigne est une des rares exceptions dans la gastronomie franco-torontoise.

Pascal Geffroy, le chef du bistrot Batifole dans le quartier chinois de l’Est torontois, décrit des mesures compliquées à mettre en place.

« La décision de rouvrir est bonne, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. Préparer une nouvelle organisation prend du temps. »

Son équipe est à pied d’oeuvre pour remplir toutes les normes de distanciation et de désinfection.

Selon les chiffres obtenus par ONFR+ auprès de la Ville, près de 250 restaurateurs se trouvent par ailleurs dans l’impossibilité d’ouvrir leur patio, faute d’autorisation à occuper la voie publique, une des annonces phares du maire pour relancer la consommation.

Le Papillon on Front, ouvert sur la rue Front est. Crédit image : Rudy Chabannes

John Tory militait pourtant depuis un moment pour un passage à l’étape 2 du déconfinement, retardé par la province en raison de chiffres encore trop alarmants de la COVID-19 enregistrés par la santé publique régionale. Force est de constater que Toronto retrouve ses marques plus lentement que prévu et peine à embrasser une saison touristique déjà entamée.

« Nous attendons avec impatience l’approbation de notre licence pour la terrasse pour offrir un service sur place à nos clients », glisse Manon Tournayre, la gérante du Conciliabule.

Le bar à vin de la rue Gerrard s’est taillé une réputation locale. Son projet de terrasse lui permettrait d’accroître considérablement sa capacité. « La ville nous donne beaucoup de maux de tête par rapport à l’application et nous ne savons pas comment l’obtenir rapidement. »

« Aucune demande n’a été encore approuvée », précise une source au sein de la Ville, « car le personnel attend d’autres directives du conseil municipal chargé d’examiner le programme d’extension des terrasses, CaféTO, la semaine prochaine. »

Les coiffeurs affichent complet

Tout n’est pas noir cependant. Bruno Rosalès ne chôme pas depuis mercredi. Le coiffeur de la rue Victoria accumule les réservations en ligne. « Dès l’annonce de l’étape 2, on a eu des réservations toutes les 30 secondes. C’était la folie. On est complet de 8h30 à 22h jusqu’en début de semaine prochaine. »

Le coiffeur Bruno Rosalès enchaîne les coupes, dans le centre-ville. Crédit image : Rudy Chabannes

Tout en s’occupant d’un client, le professionnel originaire de Béziers, en France, explique derrière son masque que les mesures sanitaires alourdissent sa tâche : « En plus de notre travail, on a un protocole d’hygiène à respecter, encore plus poussé qu’avant. Ça prend du temps », dit-il derrière son masque.

Il attend avec impatience la troisième étape du déconfinement. « C’est sûr qu’on aimerait revenir à la normale pour que les clients prennent du plaisir, sans masque, mais ils comprennent très bien que c’est pour leur sécurité. »

Bien d’autres lieux font également le bonheur des Torontois comme les plages. Rouvertes en partie depuis lundi, elles ont connu un afflux significatif du public en quête de soleil et de plein air, aujourd’hui encore.

Difficile, enfin, de résister à croquer dans un des célèbres macarons signés Nadège. Dans la limite de trois personnes, on peut à nouveau pénétrer dans la fameuse pâtisserie de la rue Queen et se laisser tenter.

Un macaron de la pâtisserie Nadège, sur la rue Queen Est. Crédit image : Rudy Chabannes

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