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Des fonds fédéraux pour huit organismes franco-ontariens

Temps de lecture : 3 minutes

HAWKESBURY – La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, a annoncé, ce mercredi, un financement pluriannuel de 864 000 $ pour huit organismes franco-ontariens de l’Est de la province. Une augmentation bienvenue, mais pas suffisante.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Après avoir lancé son Plan d’action pour les langues officielles en mars dernier, le gouvernement fédéral en est désormais à détailler où seront investis les 2,7 milliards de dollars annoncés sur cinq ans. Ce mercredi, à Hawkesbury, la ministre Joly a dévoilé les noms de huit organismes de Prescott-Russell qui bénéficieront de cette enveloppe afin d’assurer l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire dans l’Est ontarien.

« Ces investissements permettront de favoriser le sentiment d’appartenance et l’essor des communautés franco-ontariennes des comtés de Prescott et Russell », explique la ministre en entrevue avec #ONfr. « Nous travaillons depuis longtemps avec ces organismes qui sont des piliers de la francophonie ontarienne. »

Lancer la vidéo de Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien.
La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly. Archives #ONfr

Ainsi, la Maison des Arts d’Embrun, l’Association canadienne-française de l’Ontario de Stormont, Dundas et Glengarry (ACFO-SDG), le Centre culturel Les trois p’tits points à Alexandria, l’Union des cultivateurs franco-ontariens, le Regroupement des parents et amis des enfants sourds et malentendants franco-ontariens (RESO), le Centre culturel Le Chenail, l’Association canadienne-française de l’Ontario de Prescott et Russell (ACFO-PR) et le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) verront leur financement opérationnel augmenter de 20 %.

« Cela fait plus de dix ans que nous n’avions pas reçu d’augmentation de notre financement de base, c’est donc une bonne nouvelle », témoigne Nicole Geoffrion, directrice générale du Centre culturel Les trois p’tits points, à Alexandria.

Son organisme recevra 33 600 $ par année pour les trois prochaines années, contre 28 000 $ auparavant. Du côté de l’ACFO-SDG, la subvention annuelle du fédéral sera désormais de 31 200 $. De quoi satisfaire la présidente, Diane Poirier.

« Cette augmentation nous permet d’envisager plus d’activités et une meilleure visibilité. On va pouvoir planifier à long terme », explique-t-elle, satisfaite du financement pluriannuel annoncé.

Pas encore suffisant

Un financement pluriannuel garanti, c’était l’une des revendications des organismes francophones en milieu minoritaire qui expliquaient qu’une subvention annuelle nuisait au développement d’une vision à long terme.

Si cette revendication a été entendue par le gouvernement fédéral, ce dernier n’a toutefois pas suivi les recommandations de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) qui demandait une augmentation de 575 millions de dollars sur cinq ans dans le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 juste pour les francophones en milieu minoritaire. La hausse finalement décidée, soit 499,2 millions de dollars sur cinq ans, sera partagée avec la communauté anglo-québécoise.

Et sur le terrain, même si on remercie le gouvernement fédéral pour ses efforts, on reconnaît qu’une augmentation de 20 % du financement de base des organismes ne permettra pas de largesses.

« Ça va aider, c’est sûr, et on remercie le gouvernement fédéral. Mais cela ne veut pas dire qu’on va pouvoir embaucher davantage ni organiser plus d’activités. Avec la hausse du coût de la vie, c’est difficile d’avoir un centre culturel. Heureusement que nous avons des bénévoles ! », explique Mme Geoffrion, qui est la seule employée du Centre culturel Les trois p’tits points.

Le Centre, qui fêtera ses 40 ans en 2019, est depuis deux ans et demi dans une situation délicate. Propriétaire de son édifice, dont il occupe seulement le sous-sol, il a vu son locataire déménager et tente depuis de le remplacer ou de vendre sa propriété.

« On n’est pas très visible actuellement et on gruge dans nos réserves tant que nous n’avons pas de locataire. On pourrait louer sur la rue principale. »

D’autres demandes

Pour boucler son budget, le Centre culturel Les trois p’tits points peut compter sur un service de garderie parascolaire et sur des demandes de subventions pour des projets et des activités ponctuelles.

« Mais cela prend du temps ! », glisse Mme Geoffrion.

L’ACFO-SDG, qui n’a elle aussi qu’une employée à temps plein, souhaite, pour sa part, continuer à développer des partenariats pour offrir encore davantage d’activités.

« Il y a de l’intérêt pour étendre le concours d’humour LOL. C’est motivant ! », s’enthousiasme Mme Poirier. « On a une liste d’activités que nous souhaitons développer, mais cela prend des sous. »

La ministre Joly se dit consciente de cette réalité et indique que la réflexion reste ouverte.

« C’est sûr que nous avons des discussions à l’interne et avec divers intervenants pour savoir  comment nous allons déployer le reste du financement [du Plan d’action pour les langues officielles]. On réfléchit à soutenir le travail de nouveaux organismes qui n’ont jamais été aidés ou à augmenter le budget des organismes avec lesquels nous travaillons déjà. L’important, c’est que cela ait un impact positif pour la communauté franco-ontarienne. »

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le mercredi 23 janvier, à 11h36.

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