Dr Jean-Philippe Bercier, Franco-Ontarien au service de la vasectomie
Originaire de l’Est ontarien, le Dr Jean-Philippe Bercier s’impose comme une figure de la contraception masculine au Canada. Fort de plus de 25 000 vasectomies, ce Franco-Ontarien continue de miser sur l’innovation pour faire évoluer les pratiques. Immersion dans son univers.
Passé les escaliers, dès l’entrée de la clinique du Dr Jean-Philippe Bercier, un compteur annonce la couleur : plus de 25 000 vasectomies.
« Je n’aurais jamais imaginé en faire autant », confie le médecin, coiffé d’un bonnet coloré à motif de spermatozoïdes et vêtu d’un t-shirt sur lequel on peut lire « snip-snip », clin d’œil à la vasectomie.
« Ici, tout est pensé pour les mettre à l’aise », poursuit le Dr Bercier, 40 ans, expliquant que « pour plusieurs patients, c’est stressant. C’est parfois la seule chirurgie qu’ils auront dans leur vie ».
Sur les murs de la clinique, des cartes géographiques attirent le regard. Ottawa–Gatineau, l’Est ontarien, l’Ontario et le Québec : autant de territoires ponctués d’épingles de couleur.

« Les rouges marquent les vasectomies, les bleues les circoncisions, les roses les renversements de vasectomies », précise-t-il.
Les patients sont invités à placer eux-mêmes une épingle à leur arrivée.
« Ils réalisent ainsi qu’ils ne sont pas seuls, que des voisins, des gens de leur communauté ont fait le même choix. Ça aide énormément à dédramatiser », raconte-t-il.
Derrière ce décor se dessine un parcours ancré dans la francophonie ontarienne. Originaire de Sainte-Isidore, dans l’Est ontarien, le Dr Jean-Philippe Bercier a très tôt fait le choix de se former et de pratiquer en français.
Un fil conducteur qui l’a mené de l’Université d’Ottawa, aux hôpitaux en 2010 de la région (Hawkesbury, Ottawa), puis vers une pratique spécialisée en urologie, amorcée en 2018, avec l’objectif de desservir notamment les communautés francophones.
Le virage vers l’urologie
Lorsqu’il observe les techniques traditionnelles de vasectomie à ses débuts, le constat est clair. « Je les trouvais très invasives », souligne-t-il. Il décide alors de se former aux États-Unis auprès d’un chirurgien reconnu dans le domaine, le Dr Doug Stein.
« Rapidement, j’ai réalisé que j’aimais cette chirurgie, les patients et le service que ça permettait d’offrir », affirme le docteur, qui exerce désormais entre cinq cliniques (Ottawa, Gatineau, Hawkesbury, Montréal et Kingston).

« Pour moi, la contraception est fondamentale : elle permet aux couples et aux femmes d’avoir un réel contrôle sur leurs décisions et leur avenir. C’est une base importante pour le fonctionnement de notre société », est-il convaincu.
Aujourd’hui, observe-t-il, de plus en plus d’hommes souhaitent s’impliquer. Pendant longtemps, la responsabilité de la contraception reposait surtout sur les femmes. « On voit maintenant des hommes qui disent : « Je veux participer à la contraception du couple » ou « Je veux avoir le contrôle sur ma propre contraception ». »
Sur les traces du Dr Weiss
Le parcours du Dr Bercier est aussi marqué par l’héritage du Dr Ronald Weiss, un pionnier canadien de la vasectomie sans scalpel et sans aiguille, avec lequel il s’associe en 2019.
« J’ai vu à quel point il était passionné et rigoureux. Pour lui, le nombre d’interventions était une façon de mesurer l’impact et l’efficacité de son travail », note-t-il.
Le Dr Weiss a réalisé plus de 58 000 vasectomies. « Je suis encore loin de ça, mais je marche un peu dans ses traces », estime le Dr Bercier.
Cette continuité l’a particulièrement touché lorsque la conjointe du Dr Weiss est venue visiter la clinique lors de rénovations. « Elle a dit : « The little story of 29 Clemow (adresse de la clinique à Ottawa) continues. » Savoir qu’on fait vivre un héritage, ça donne tout son sens au travail », confie le Dr Bercier, qui prévoit à l’été 2026 la rénovation de la clinique du Dr Weiss.
Même après des milliers d’interventions, l’innovation demeure centrale. « On peut toujours améliorer les techniques, mais surtout développer de nouvelles formes de contraception masculine. Les gels injectables et réversibles pourraient révolutionner le domaine », fait-il savoir.
Le Dr Bercier collabore avec des entreprises pour développer ces solutions. Des études cliniques sont prévues dès 2026, et des patients seront invités à y participer.