Le premier ministre Mark Carney écoute la députée de Sarnia-Lambton-Bkejwanong, Marilyn Gladu, prendre la parole à Ottawa, le mercredi 8 avril 2026. La Presse canadienne /Adrian Wyld
Politique

Élections partielles : le Grand Toronto en voie de garantir une majorité à Mark Carney

Le premier ministre Mark Carney écoute la députée de Sarnia-Lambton-Bkejwanong, Marilyn Gladu, prendre la parole à Ottawa, le mercredi 8 avril 2026. La Presse canadienne /Adrian Wyld

C’est jour d’élections partielles dans trois circonscriptions du Canada, dont deux en Ontario : Scarborough-Sud-Ouest et University–Rosedale. Ces deux châteaux forts libéraux, combinés à plusieurs défections survenues dans les derniers mois, pourraient faire basculer le gouvernement du côté majoritaire dans les prochaines heures. Portrait de cette mini-soirée électorale fédérale en Ontario.

Dans Scarborough-Sud-Ouest, l’élection est rendue nécessaire à la suite de la démission de l’ex-ministre et ancien chef de police de la Ville de Toronto, Bill Blair. Son siège pourrait être remporté lundi soir par celle qui était, jusqu’à tout récemment, la députée néo-démocrate provinciale et cheffe adjointe du NPD en Ontario, Doly Begum.

Ce siège a été remporté par les libéraux lors des quatre dernières élections, avec plus du double des voix d’avance sur leurs adversaires à chaque reprise. Mme Begum affronte notamment Diana Filipova (Parti conservateur), Fatima Shaban (NPD), Pooja Malhotra (Parti vert) et Peter Koubakis (Parti populaire du Canada).

Dans University–Rosedale, le siège s’est libéré en raison de la démission, en janvier dernier, de l’ex-vice-première ministre Chrystia Freeland, qui a accepté un poste de conseillère auprès du gouvernement ukrainien.

C’est la médecin et administratrice de soins de santé Danielle Martin qui tente de succéder à Mme Freeland. L’ancienne ministre des Finances avait, elle aussi, remporté cette circonscription facilement à chaque élection depuis 2015, avec une avance minimale de près de 10 000 voix.

Les électeurs pourront se rendre aux urnes entre 9h et 21h pour voter dans le cadre des élections partielles. Photo : iStock

En plus de Mme Martin, sont en lice les candidats Serena Purdy (NPD), Don Hodgson (Parti conservateur), Andy D’Andrea (Parti populaire du Canada) et Andrew Massey (Parti vert).

Majorité : « Je pense que c’est réglé », estime un politologue

Les libéraux de Mark Carney comptent désormais 171 sièges, quelques jours seulement après la défection de la députée ontarienne Marilyn Gladu, qui a quitté les rangs conservateurs. Ils ne sont désormais qu’à un siège de la majorité absolue, bien que deux élus supplémentaires offriraient au gouvernement une marge de manœuvre plus solide. Un des sièges libéraux est actuellement occupé par le président de la Chambre des communes, Francis Scarpaleggia, qui ne voterait qu’en cas d’égalité, garantissant ainsi la survie du gouvernement face à une motion de censure.

Tout indique que les deux circonscriptions du Grand Toronto qui iront aux urnes lundi soir pourraient garantir cette majorité au gouvernement Carney. Selon le site de projection électorale 338Canada, Scarborough-Sud-Ouest et University–Rosedale sont considérées comme « solides » pour les libéraux, avec des projections de vote dépassant les 62 %.

« Je pense que c’est réglé », affirme le politologue Charles-Étienne Beaudry, de l’Université d’Ottawa, qui entrevoit une victoire facile, particulièrement pour Danielle Martin, qui pourrait surpasser les résultats de l’élection générale d’avril dernier.

« C’est possible que les libéraux aillent chercher plus de voix, envisage-t-il, parce qu’il (Mark Carney) a le vent dans les voiles. On le voit, les défections n’arrivent pas pour rien. Ce vent dans les voiles vient d’une circonstance : M. Carney est apparu comme une sorte de sauveur économique. »

Une troisième élection partielle aura également lieu au Québec, dans Terrebonne, mais la récente défection au profit des libéraux fait baisser la pression dans ce comté, croit le professeur.

« Ça relâche même la pression pour les deux autres scrutins », affirme M. Beaudry. Pour Terrebonne, étant donné que la question de la majorité libérale est réglée, les électeurs pourraient choisir le Bloc québécois. »

Bien que les chances de victoire des conservateurs soient minces, selon Charles-Étienne Beaudry, l’attention devra se porter sur leur résultat. En effet, ce sera le premier test électoral pour Pierre Poilievre depuis que quatre de ses députés ont fait défection pour rejoindre les libéraux.

« Si le score est très bas pour les conservateurs dans les trois circonscriptions — s’ils tombent à 12 % au lieu de 20 ou 25 % —, ce sera un message clair. Les autres députés vont commencer à s’impatienter et mettront de la pression pour que M. Poilievre quitte son poste », conclut-il.