Estivale et tournée vers les jeunes : La Nuit sur l’étang se réinvente
SUDBURY – La Nuit sur l’étang amorce un virage important. Dès la prochaine édition, le festival se tiendra en juin et s’étendra sur quatre jours, ont annoncé les organisateurs à l’issue de la 53e édition présentée les 20 et 21 mars à Sudbury. Retour sur les moments forts de cette édition.
La Nuit se tiendra désormais en juin. Cette nouvelle formule s’étalera sur quatre jours et proposera, en plus des concerts, une programmation diversifiée : poésie, théâtre, ateliers et concours pour artistes et musiciens en herbe, notamment La Brunante.
Objectif : insuffler une nouvelle dynamique et attirer une nouvelle génération de festivaliers.
« Je vois davantage de présence d’enfants », anticipe la directrice artistique Renelle Tousignant, rappelant qu’autrefois, des autobus étaient organisés pour amener les jeunes à la Nuit sur l’étang.
« Il faut intégrer les jeunes, du primaire jusqu’au postsecondaire, dans des projets de création tout au long de l’année, et pas seulement pendant le festival », ajoute-t-elle.

Gino St-Jean, directeur général de la Nuit, abonde dans le même sens.
« Il devient important d’aller chercher de nouveaux groupes, d’organiser des ateliers et de les accompagner dans la culture franco-ontarienne afin de former la prochaine génération d’artistes », souligne-t-il.
L’ouverture à des artistes francophones issus d’autres pays est également perçue comme une richesse pour la scène artistique, fait-il remarquer.
Une relève qui s’impose déjà
Cette volonté de renouvellement s’est illustrée sur scène. Le groupe Les Aigles de Lafontaine, composé de jeunes musiciennes et musiciens de 10 à 14 ans, a fait sensation lors du gala vendredi.

En plus de compositions originales et de chansons traditionnelles, le groupe, lauréat de La Brunante, a offert un méli-mélo en hommage aux artistes d’avant.
« Ce sont eux qui ont tracé la route de la francophonie. Sans eux, on n’aurait pas cette scène aujourd’hui. On les remercie pour tout le travail qu’ils ont fait », souligne Léo Lagarde, pianiste du groupe.
Son camarade Charl vanRooyen ne cache pas l’influence de la Nuit dans l’éveil de sa vocation.
« J’ai enregistré ma première chanson en français il y a deux ans, et La 50e Nuit sur l’étang m’a vraiment inspiré à continuer à écrire et à chanter en français », confie-t-il.

Il cite aussi parmi ses influences Michel Payment, artiste originaire de Lafontaine, qui a présenté samedi sur scène des chansons ancrées dans l’Huronie.
L’Huronie à l’honneur
Promesse tenue : l’Huronie a chanté haut et fort lors de cette 53e édition.
Michel Payment, Joëlle Roy, Brasse-Camarade et le groupe Hey, Wow ont démontré, samedi à Sudbury, à quel point les artistes de cette région contribuent au rayonnement de la culture franco-ontarienne.

Chuck Labelle, seul artiste non originaire de l’Huronie parmi cette cohorte, était également de la partie.
Habitué de l’événement, le « cowboy franco-ontarien » voit dans la thématique de cette année (La Nuit chante l’Huronie) une ouverture nécessaire.
« Il n’y a pas juste le Nord : la musique francophone existe partout, et ces artistes méritent leur place ici », estime-t-il.
Avec plus de 150 chansons originales, il a profité de cette édition pour présenter de nouvelles compositions, en attendant la sortie de son prochain album prévue en septembre.
« C’est la musique en français qui m’a permis de faire carrière. Elle m’a ouvert les portes des festivals et des scènes, et m’a permis de sortir du circuit restreint des bars », confie-t-il.
Retrouvailles et transmission
De son côté, le groupe Brasse-Camarade a signé un retour remarqué, 35 ans après sa première participation au festival.

Un retour chargé d’émotion, présenté comme un « au revoir » en bonne et due forme.
« Des gars de 56 ans qui font semblant d’avoir 22 ans. On va essayer d’oublier qu’on est gris », lance François Lamoureux, fidèle à l’esprit festif de la Nuit.
Au-delà de la nostalgie, son message est clair : il est possible de créer, de s’exprimer et de s’amuser en français, sans complexe, en valorisant la richesse artistique de la langue.

La soirée s’est conclue avec le groupe Hey, Wow, des musiciens virtuoses au ton ludique et aux rythmes enjoués, offrant une finale à l’image du festival : festive, rassembleuse et ancrée dans le plaisir de créer.
Le Collège Boréal reçoit le prix du Nouvel-Ontario
Vendredi soir, lors du gala, Daniel Giroux, président du Collège Boréal, a reçu le prix du Nouvel-Ontario 2026 des mains de Chuck Labelle, lauréat de l’année précédente.
« La culture fait partie de qui nous sommes. D’être reconnus ce soir, ça nous touche énormément », déclare-t-il au nom du Collège.

« Nourrir le savoir afin de faire vibrer la culture » n’est pas qu’une devise, souligne-t-il, mais une réalité portée au quotidien par près de 1400 membres du personnel, ainsi que par de nombreux bénévoles et comités engagés à travers la province.
Selon Gino St-Jean, le choix du Collège Boréal s’explique par son implication de longue date dans la francophonie, son rôle de partenaire de la Nuit sur l’étang et son soutien constant aux artistes. Un bel hommage à l’établissement qui a célébré 30 ans d’existence en 2025.