Actualité

Faciliter l’accès à la résidence permanente : l’Université de Hearst obtient l’aide d’Ottawa

L'Université de Hearst reçoît un financement pour un projet visant à accompagner les étudiants et diplômés internationaux de l’Université de Hearst qui souhaitent s’établir au Canada. Photo : Archives ONFR

SUDBURY — Un projet en immigration francophone mené par l’Université de Hearst recevra 1,1 million de dollars sur trois ans. Le fédéral a fait cette annonce à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie. Au total, trois initiatives hors Québec se partagent une enveloppe de 1,5 million de dollars.

Ces fonds permettront de soutenir un projet de l’Université de Hearst destiné à accompagner les étudiantes et étudiants ainsi que des diplômés internationaux qui souhaitent s’établir au Canada. L’objectif : faciliter leur accès à la résidence permanente.

« Depuis plus de dix ans, l’Université de Hearst accueille des étudiantes et étudiants internationaux qui contribuent à transformer la mosaïque de notre région. Au fil du temps, ils deviennent nos collègues, nos amis, nos voisins, et parfois même des membres de nos familles. Nous constatons chaque jour l’impact de nos personnes diplômées dans nos communautés », a souligné Sophie Dallaire, rectrice de l’Université de Hearst, par voie de communiqué.

Jusqu’ici, l’université offrait certaines activités et ressources, mais de façon ponctuelle. Le nouveau financement permettra de structurer ces initiatives dans un parcours cohérent avec différentes étapes dès l’automne prochain.

Les étudiants intéressés seront notamment invités à participer à des ateliers, à des activités d’intégration et à des initiatives liées à l’employabilité.

« L’objectif, c’est de leur donner tous les outils nécessaires pendant qu’ils sont avec nous pour qu’ils soient en mesure de faire leurs démarches par la suite », souligne Elsa St-Onge, gestionnaire des projets de développement pour l’établissement.

À terme, une cinquantaine d’étudiants pourraient être accompagnés chaque année dans le cadre du programme. Les activités liées au projet demeureront toutefois accessibles à un plus grand nombre : « Même ceux qui ne sont pas inscrits au programme pourront participer aux activités. L’idée, c’est d’avoir un impact le plus large possible », conclut la responsable de l’initiative.

Au-delà des démarches administratives, le projet met aussi l’accent sur l’intégration dans la communauté, un facteur jugé déterminant pour encourager les diplômés à s’établir durablement dans le Nord de l’Ontario. « Si les étudiants ont la chance de côtoyer des gens locaux, de se faire des amis et de se sentir partie prenante de la communauté, il y a beaucoup plus de chances qu’ils décident de rester », souligne-t-elle.

L’Université de Hearst, qui compte des campus à Hearst, Kapuskasing et Timmins, souhaite ainsi contribuer à la vitalité des communautés francophones de la région en misant à la fois sur l’accompagnement vers la résidence permanente et sur l’ancrage local des étudiants internationaux.

D’autres projets pour faciliter l’immigration francophone

Un financement supplémentaire pouvant atteindre 575 000 $ sur trois ans a également été annoncé pour l’Université de l’Ontario français. L’établissement prévoit créer un microcertificat en gestion de l’immigration francophone afin de former des professionnels du secteur de l’établissement.

« Le marché mondial étant concurrentiel et en évolution, les immigrants et immigrantes francophones jouent un rôle déterminant dans la croissance économique du Canada », a déclaré Lena Metlege Diab, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté par voie écrite. Photo : La Presse Canadienne/Justin Tang

Les deux autres projets financés portent sur une campagne internationale de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) visant à mieux informer les candidats francophones sur les possibilités d’immigration et de vie en français au Canada (300 000 $ sur trois ans), ainsi que sur une initiative du Conseil des technologies de l’information et des communications pour repérer des bassins de talents bilingues en TIC et proposer des stratégies de recrutement à l’échelle internationale (160 000 $ sur deux ans).

« Ce projet touche à ces deux objectifs, en ciblant des pays-sources francophones et en fournissant aux personnes candidates à l’immigration dans ces pays des renseignements et des témoignages sur la vie en français dans nos communautés, ainsi que sur les facteurs de réussite en matière d’établissement », a fait savoir Alain Dupuis, directeur général de la FCFA.

Selon Ottawa, ces mesures s’inscrivent dans un contexte de demande croissante pour une main-d’œuvre bilingue, notamment dans les secteurs liés à l’économie numérique.

Au total, 19 projets ont été financés jusqu’à présent dans le cadre du Programme d’appui à l’immigration francophone, pour une enveloppe d’environ 14,4 millions de dollars.

Le gouvernement fédéral rappelle par ailleurs que la proportion d’admissions de résidents permanents d’expression française hors Québec a atteint 8,9 % en 2025.