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Fusion de conseils scolaires francophones : la ministre ne le dément pas

Temps de lecture : 2 minutes

TORONTO – Dans sa recherche d’économies, le gouvernement de Doug Ford ne nie pas étudier la fusion de certains conseils scolaires, incluant les conseils francophones. L’opposition à Queen’s Park affirme qu’une telle décision serait insensée et aurait des conséquences majeures sur les Franco-Ontariens.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

La question était claire : comptez-vous fusionner certains conseils scolaires ? « On est en train de réaliser une promesse de la campagne électorale : trouver des économies. Nous voulons travailler avec nos partenaires en éducation pour trouver des économies », a répondu la ministre Lisa Thompson, refusant de répondre directement à la question.

Le gouvernement ferme-t-il la porte à la fusion des conseils scolaires ? a alors demandé #ONfr. « Nous accusons toujours le coup de la mauvaise gestion des libéraux et des dépenses inutiles. Nous devons tous contrôler les dépenses », a-t-elle répliqué, attaquant cette fois le gouvernement précédent de Kathleen Wynne.

Au total, l’Ontario compte 72 conseils scolaires. De ce nombre, il y a 12 conseils scolaires francophones, soit huit catholiques et quatre publics.

Invitée à rassurer le milieu de l’éducation, particulièrement les francophones, sur la possibilité d’une fusion des conseils, la ministre Thompson s’est entêtée à répéter qu’elle travaillerait avec le milieu éducatif, au cours des prochaines semaines, afin de réduire les dépenses.

« Nous voulons trouver des opportunités de discuter avec nos partenaires en éducation, que ça soit les conseils, les professeurs ou les parents, pour savoir ce qui pourrait constituer des économies. Nos partenaires francophones sont importants. J’apprécie leur désir de travailler avec nous », a lancé la ministre, avant de mettre un terme à la discussion.

Ses paroles visent-elle à forcer les conseils scolaires à réduire leurs dépenses ou souhaite-t-elle les encourager à considérer eux-mêmes des fusions ? La ministre est demeurée évasive sur son message à l’endroit du milieu de l’éducation, mais jamais elle n’a fermé la porte à ce scénario évoqué pour la première fois dans un reportage de la chaîne Global, cette fin de semaine.

Une opposition extrêmement inquiète

Les partis d’opposition se disent préoccupés et craignent que les Franco-Ontariens payent un prix disproportionné par rapport aux anglophones, si des actions sont prises contre les conseils francophones.

« Je serais choquée, mais pas surprise si ce gouvernement s’attaquait aux conseils scolaires francophones », a lancé Andrea Horwath, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD). « Tout est fait derrière des portes closes avec ce gouvernement. Il devrait y avoir un processus de consultation ouvert et transparent sur une question de ce genre », a-t-elle poursuivi. « Il faut sérieusement s’inquiéter pour les conseils scolaires francophones, car ce gouvernement a déjà montré son dédain à l’endroit des Franco-Ontariens. Qu’on parle de l’annulation du projet universitaire ou du commissaire indépendant aux services en français. Il y a un manque de sensibilité pour les Franco-Ontariens », renchérit-elle.

Le chef du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser, affirme que le gouvernement ment en affirmant qu’il consulte le milieu. « On le saurait ! Des consultations dont personne ne connait l’existence, ce n’est pas des consultations », s’offusque-t-il.

« Fusionner des conseils scolaires, il faut le faire pour l’intérêt du public. Mais là, si le gouvernement va de l’avant, ce sera pour des raisons idéologiques », ajoute-t-il. La libérale Nathalie Des Rosiers ajoute qu’un argument constitutionnel sera amené de l’avant si le gouvernement Ford annonce une fusion forcée de conseils scolaires. « Déjà, les conseils francophones couvrent un grand territoire. Si on fusionne, ça ne permettrait pas d’avoir une vraie représentation régionale. Le test constitutionnel est le suivant : la gestion doit être faite dans la communauté. C’est l’angle que je vais évaluer », dit-elle.

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