Les musiciens du groupe musical haïtien Harmonik ont assuré le spectacle avec des chansons dédiées à la valorisation et à la célébration des femmes. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR
Culture

Retour en images : les Antilles à l’honneur à la 18ᵉ édition du Festival Kompa Zouk

Les musiciens du groupe musical haïtien Harmonik ont assuré le spectacle avec des chansons dédiées à la valorisation et à la célébration des femmes. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

TORONTO – Ce dimanche, le Festival Kompa Zouk (FKZO) s’est emparé du Centre Harbourfront de Toronto, où l’ensemble des Antilles a été célébré à travers la danse, la gastronomie et une variété d’activités soulignant les cultures francophones des Caraïbes. Cette année, une place toute particulière a été accordée aux artistes féminines.

Les voix féminines à l’honneur

« Il est très rare de voir des femmes s’imposer en tant que leaders dans la musique antillaise », souligne Marie-Jennyne Mayard, organisatrice de cet événement depuis 18 ans. C’est pourquoi la programmation de cette année mettait à l’honneur des artistes prestigieuses, comme la violoniste réunionnaise Mapy ou les musiciennes présentes dans le groupe de kompa haïtien Rezo.

Sur scène, l’atmosphère autour de Mapy était électrisante. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

Le chanteur Olivier Duret a offert une prestation énergique, invitant le public à chanter et à danser. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

Le festival a rassemblé un vaste public, mêlant les fidèles du FKZO, les passionnés de kompa et les simples curieux. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

Les femmes de la scène culinaire ont, elles aussi, fait rayonner les traditions des Antilles. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

Avec son répertoire enflammé, le DJ Teddymix a fait basculer la soirée dans une ambiance encore plus festive. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

Le groupe Rara Papou a couronné le tout par un défilé à travers le site d’Harbourfront, faisant résonner le rara, un genre musical traditionnel né de la rencontre entre les personnes réduites en esclavage et les populations autochtones, exécuté par des percussionnistes.

« Le message que l’on veut transmettre, c’est qu’il ne faut pas avoir peur d’afficher sa culture », déclare l’organisatrice en entrevue avec ONFR. « Beaucoup d’immigrants ici proviennent des Antilles, d’Afrique ou d’autres nations, et il ne faut pas avoir peur de transmettre ses racines ni d’apprendre aux enfants d’où ils viennent », ajoute-t-elle.

Au cœur de l’édition 2026

Mme Mayard explique que le FKZO a été créé parce que très peu de francophones participaient au Festival Caribana, un événement qui se déroule généralement durant la même fin de semaine. « Les francophones y sont fondus dans la masse anglophone, parce que c’est un événement à caractère très anglophone. C’est pour cela qu’on s’est dit : Nous n’avons aucune représentation. J’ai donc décidé de créer le FKZO », raconte-t-elle.

Les festivaliers se sont laissé porter par les rythmes du kompa tout au long de la soirée. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

Le public francophone s’est laissé emporter par les rythmes du kompa lors de cette célébration. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

Des chandails à l’effigie de l’édition 2026 ont été distribués. Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

L’organisation mise sur une solide stratégie d’inclusion afin de représenter toutes les cultures et la diversité : « Il y a des francophones, des anglophones, des personnes latino-américaines, des personnes blanches (…) tout le monde est là », décrit Mme Mayard. « Nous avons également une bonne base de personnes non voyantes qui participent à notre festival », ajoute-t-elle.

Une édition marquée par les enjeux de la francophonie

Même si une dizaine de kiosques de nourriture aux saveurs des Antilles étaient prévus, un seul a finalement pu assurer le service. Mme Mayard explique qu’une barrière linguistique entre les restaurateurs et les inspecteurs du bureau de la Santé publique de la Ville de Toronto — qui ne comptait aucun inspecteur francophone — a perturbé le processus, ce qui a entraîné l’annulation de la plupart des kiosques prévus.

« On a demandé un inspecteur bilingue, mais il n’y en avait pas. Celui-ci a carrément refusé nos vendeurs à la dernière minute. Beaucoup ont pleuré », avance-t-elle.

Selon l’organisatrice, la logistique et les vérifications des normes sanitaires n’ont donc pas pu aller de l’avant en raison d’un enjeu linguistique, alors que les vendeurs respectaient les exigences requises.

Photo : Laetitia Dogbe/ONFR

« Il n’y a aucun inspecteur qui parle français au Bureau de santé publique de Toronto, vous imaginez? », déplore-t-elle.

« Ça fait 18 ans que nous organisons ce festival, et je ne comprends pas comment cela a pu arriver cette année. Nous avons réussi à sauver un seul kiosque, et ce, après de longues négociations. Dès la fin du festival, je vais m’y consacrer à 100 % et je vais même écrire à la mairesse de Toronto », conclut-elle.