Retour en images : les Antilles à l’honneur à la 18ᵉ édition du Festival Kompa Zouk
TORONTO – Ce dimanche, le Festival Kompa Zouk (FKZO) s’est emparé du Centre Harbourfront de Toronto, où l’ensemble des Antilles a été célébré à travers la danse, la gastronomie et une variété d’activités soulignant les cultures francophones des Caraïbes. Cette année, une place toute particulière a été accordée aux artistes féminines.
Les voix féminines à l’honneur
« Il est très rare de voir des femmes s’imposer en tant que leaders dans la musique antillaise », souligne Marie-Jennyne Mayard, organisatrice de cet événement depuis 18 ans. C’est pourquoi la programmation de cette année mettait à l’honneur des artistes prestigieuses, comme la violoniste réunionnaise Mapy ou les musiciennes présentes dans le groupe de kompa haïtien Rezo.
Le groupe Rara Papou a couronné le tout par un défilé à travers le site d’Harbourfront, faisant résonner le rara, un genre musical traditionnel né de la rencontre entre les personnes réduites en esclavage et les populations autochtones, exécuté par des percussionnistes.
« Le message que l’on veut transmettre, c’est qu’il ne faut pas avoir peur d’afficher sa culture », déclare l’organisatrice en entrevue avec ONFR. « Beaucoup d’immigrants ici proviennent des Antilles, d’Afrique ou d’autres nations, et il ne faut pas avoir peur de transmettre ses racines ni d’apprendre aux enfants d’où ils viennent », ajoute-t-elle.
Au cœur de l’édition 2026
Mme Mayard explique que le FKZO a été créé parce que très peu de francophones participaient au Festival Caribana, un événement qui se déroule généralement durant la même fin de semaine. « Les francophones y sont fondus dans la masse anglophone, parce que c’est un événement à caractère très anglophone. C’est pour cela qu’on s’est dit : Nous n’avons aucune représentation. J’ai donc décidé de créer le FKZO », raconte-t-elle.
L’organisation mise sur une solide stratégie d’inclusion afin de représenter toutes les cultures et la diversité : « Il y a des francophones, des anglophones, des personnes latino-américaines, des personnes blanches (…) tout le monde est là », décrit Mme Mayard. « Nous avons également une bonne base de personnes non voyantes qui participent à notre festival », ajoute-t-elle.
Une édition marquée par les enjeux de la francophonie
Même si une dizaine de kiosques de nourriture aux saveurs des Antilles étaient prévus, un seul a finalement pu assurer le service. Mme Mayard explique qu’une barrière linguistique entre les restaurateurs et les inspecteurs du bureau de la Santé publique de la Ville de Toronto — qui ne comptait aucun inspecteur francophone — a perturbé le processus, ce qui a entraîné l’annulation de la plupart des kiosques prévus.
« On a demandé un inspecteur bilingue, mais il n’y en avait pas. Celui-ci a carrément refusé nos vendeurs à la dernière minute. Beaucoup ont pleuré », avance-t-elle.
Selon l’organisatrice, la logistique et les vérifications des normes sanitaires n’ont donc pas pu aller de l’avant en raison d’un enjeu linguistique, alors que les vendeurs respectaient les exigences requises.

« Il n’y a aucun inspecteur qui parle français au Bureau de santé publique de Toronto, vous imaginez? », déplore-t-elle.
« Ça fait 18 ans que nous organisons ce festival, et je ne comprends pas comment cela a pu arriver cette année. Nous avons réussi à sauver un seul kiosque, et ce, après de longues négociations. Dès la fin du festival, je vais m’y consacrer à 100 % et je vais même écrire à la mairesse de Toronto », conclut-elle.