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La menace d’une grève plane sur l’Université Laurentienne

D'ultimes séances de médiation auront lieu en fin de semaine à l'Université Laurentienne. Source: Facebook

SUDBURY – Syndicat et Conseil des gouverneurs participent à une médiation portant, entre autres, sur le régime de retraite et le retard de versement de salaires consécutif à la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Si aucune entente n’est scellée cette semaine, ce sera la grève ou le lock-out dès lundi prochain.

C’est une semaine cruciale pour les professeurs de l’Université Laurentienne qui tentent d’obtenir des avancées en matière de retraite et de rattrapage de salaire. Deux ultimes séances de médiation qui auront lieu samedi et dimanche décideront de la suite des événements.

Un avis de non-convocation émis le 29 décembre dernier par le gouvernement place l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) en position de faire grève dès le 19 janvier. Le syndicat avait reçu un mandat de grève très clair de ses membres (98 %) en novembre dernier.

« La pierre d’achoppement se situe au niveau du régime de retraite », affirme Fabrice Colin. Le président de l’APPUL dénonce certaines restrictions dans l’entente de sortie de la LACC négociée entre le Conseil des gouverneurs et le ministère des Collèges et Universités.

Régime de retraite « décimé » et salaires déconnectés

« Cela empêche des négociations libres et équitables, estime-t-il. Par exemple, il nous est impossible de rejoindre le Régime de retraite des universités de l’Ontario (UPP) sans l’accord du gouvernement. Ce qui est paradoxal puisque ce gouvernement a largement milité pour que les régimes de retraite régis par un seul employeur opèrent une transition vers des régimes conjoints. »

Son organisation avait lancé une contestation de la Charte canadienne des droits et libertés en novembre dernier concernant le prêt de sortie de la LACC contenant ces restrictions. Aujourd’hui, « elles ne sont plus nécessaires, clame M. Colin. Ce prêt pourrait d’ailleurs être remboursé demain par l’université puisqu’il reste 30 millions de dollars à payer et que La Laurentienne dispose de 200 millions de liquidités. »

« Notre régime de retraite a été décimé et de nombreux sacrifices ont été imposés », rappelle le leader l’APPUL qui compte près de 260 membres à temps plein et 200 à temps partiel. Ce serait une erreur du Conseil des gouverneurs de ne pas prendre au sérieux notre détermination. »

Les membres ont subi une coupe de 5 % de leur salaire, suivi d’un gel et de trois années plafonnées à 1 % d’augmentation, rappelle M. Colin.

Et d’ajouter : « Nous avons été sous convention pendant cinq ans au lieu de trois, ce qui nous a fait perdre 2 % depuis 2020, en plus de perdre deux années d’ancienneté, soit presque 6000 $. Tout cela fait qu’on est très loin des salaires offerts dans le secteur, dans une période qui s’est accompagnée d’une augmentation de la charge de travail puisque, après les licenciements, le travail administratif et de gouvernance est retombé sur les épaules d’un plus petit nombre de professeurs. »

La direction de l’université n’a pas donné suite aux sollicitations médiatiques d’ONFR. « L’Université demeure déterminée à négocier de bonne foi afin de parvenir à un accord équitable pour les membres de l’APPUL, tout en préservant sa viabilité financière à long terme, affirme par voie de communiqué la rectrice Lynn Wells. Nous continuerons à vous informer de l’avancement des négociations. »

« Nous suivons la situation de près et demeurons confiants que l’ensemble des parties parviendra à une entente équitable qui place les étudiantes et les étudiants au premier plan », estime pour sa part le ministère des Collèges et Universités, de l’Excellence en recherche et de la Sécurité, par la voix de son attachée de presse, Bianca Giacoboni.

L’Université Laurentienne n’a connu que deux grèves dans son histoire : en 1989 et en 2017.