L’ACFO Prescott-Russell relance le programme Bonjour/Welcome
HAWKESBURY – L’ACFO Prescott-Russell relance le programme Bonjour/Welcome, un projet de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) visant à encourager les entreprises à offrir des services en français. Toutefois, le programme fait face à des défis historiques liés au financement limité, aux impacts de la pandémie et aux fréquents changements de personnel dans certaines ACFO. Ces éléments ont ralenti la progression du programme malgré les réussites passées.
Pour Sylvain St-Pierre, directeur général de l’Association canadienne française de l’Ontario de Prescott-Russell, l’objectif est de promouvoir le français de manière volontaire : « On ne veut pas imposer de règles aux commerces, mais plutôt les encourager à offrir des services en français et à reconnaître que c’est un avantage pour leur clientèle. »
Le programme, lancé initialement avec le soutien de Patrimoine canadien, avait été mis de côté depuis la pandémie, mais l’AFO et des acteurs économiques ont décidé de permettre aux régions intéressées de le reprendre.
« Nous avions encore des dépliants, des affiches et des listes d’entreprises qui avaient participé, alors nous voulons permettre aux régions intéressées de reprendre le flambeau », explique Peter Hominuk, directeur général de l’AFO.

Bonjour/Welcome repose sur des outils concrets pour les commerces et entreprises : un lexique français-anglais, des autocollants à afficher et des dépliants permettant aux employés anglophones d’offrir un service de base en français.
Le programme prévoit également de courtes formations de quelques heures pour les employés et des concours ou incitatifs afin d’encourager les commerces à améliorer leur service en français.
« On veut vraiment mettre en place des initiatives dans ce programme pour faire gagner des prix aux commerces et organiser des concours entre eux, afin de récompenser ceux qui font le plus d’efforts pour offrir des services en français », explique M. St-Pierre qui indique vouloir mousser la campagne après l’assemblée générale de l’organisme à la mi-janvier.
Des fonds limités
Le programme créé en 2012, mais lancé en 2015 a connu des résultats variables selon les régions. Selon M. Hominuk, « de façon générale, on a recensé des centaines et des centaines d’entreprises qui se sont rajoutées à la liste. Puis, avec l’arrivée de la pandémie en 2020, ça a comme détruit le projet ».
Le financement limité a été un obstacle important : « beaucoup d’argent qu’on recevait était redistribué aux ACFO, mais ce n’étaient pas de gros montants par ACFO. Je pense que c’était 5000 à 10 000 $ par année. Une fois que tu divises ça avec 20 régions, l’argent peut disparaître assez rapidement. »

En 2020, Patrimoine Canada n’a pas renouvelé le financement du projet, ce qui, ajouté à la pénurie de main-d’œuvre francophone, aux impacts de la pandémie et aux fréquents changements de personnel dans certaines ACFO, a interrompu les activités et ralenti la progression du programme.
« Le projet a quand même créé une synergie entre les ACFO, les acteurs économiques et les commerces. Il a contribué à faire avancer le discours économique autour du français en Ontario », indique Peter Hominuk qui cite l’exemple de la région de Windsor et Penetanguishene.
Pas une question politique
Pour amorcer la campagne dans l’Est ontarien, l’ACFO Prescott-Russell a identifié des commerces et entreprises clés et a obtenu le soutien de la Chambre de commerce de Hawkesbury.
Le magasin Sports Experts à Hawkesbury est le premier ambassadeur francophone désigné par l’organisme pour relancer le programme dont l’objectif est de rallier toutes les entreprises offrant des services aux clients, pas seulement celles déjà francophones.
De son côté, Peter Hominuk insiste sur le fait que l’approche employée n’est pas politique : « offrir des services en français dans une entreprise n’est pas une question politique, mais simplement un moyen de donner un bon service aux clients ».
« On le voit dans nos sondages : les services en français sont importants dans le milieu de la santé, pour les garderies et pour de nombreux autres services. Une bonne façon de les obtenir est de les demander. Si on peut offrir ces services dans ces milieux, il est tout aussi important de les demander dans les entreprises privées », conclut-il.