Le 51e FFO s’ouvre sous le signe de l’humour, de la musique et de la résilience
OTTAWA – Malgré une semaine marquée par la controverse sur son partenariat avec Alto, le Festival franco-ontarien (FFO) a lancé jeudi sa 51e édition devant un public nombreux. Entre humour, musique et diversité culturelle, l’événement entend rassembler toutes les générations de francophones.
Le public, la météo et la musique. Tout était au rendez-vous jeudi soir pour l’ouverture du FFO, qui donne traditionnellement le coup d’envoi à la saison estivale des festivals à Ottawa.
« La météo est de notre côté, le site est bien rempli et nous avons une programmation dont nous sommes très fiers », a déclaré à ONFR José Bertrand, directeur général du festival, quelques heures après l’annonce de la fin du partenariat entre le FFO et Alto.
Malgré une semaine marquée par la polémique, le directeur général se veut confiant.
« C’est certain que ça a eu un impact, mais nous allons nous en relever. Nous allons en sortir plus forts et plus grands. Le Festival franco-ontarien est là depuis plus de 50 ans et nous voulons qu’il soit encore là dans 50 ans », affirme-t-il.

C’est donc sous le signe de l’humour, de la musique et de la résilience que s’est amorcée cette 51e édition avec la prestation du groupe franco-ontarien Improtéine.
Pour l’occasion, la troupe, forte de plus de 20 ans de carrière, a présenté un spectacle entièrement improvisé et chanté, conçu spécialement pour le festival.
Ils ont fait chanter et danser des centaines de festivaliers sur des refrains inventés quelques secondes plus tôt.
La soirée s’est poursuivie avec le groupe québécois Bleu Jeans Bleu, tête d’affiche de cette première journée.
La formation, qui poursuit sa tournée Record Nº5, a offert une prestation énergique ponctuée d’humour et de nombreux clins d’œil musicaux.
Les festivaliers ont repris en chœur plusieurs succès du groupe, notamment Coton ouaté, tandis que les musiciens s’amusaient à intégrer à leur spectacle des extraits de chansons ayant marqué leur parcours, des Eagles à Bob Marley en passant par les Cranberries.
« Une francophonie vivante, diverse et rassembleuse »
Pour la deuxième soirée, la chanteuse d’origine congolaise Joyce N’Sana, qui revient tout juste du Marché des arts du spectacle d’Afrique (MASA) en Côte d’Ivoire où elle représentait le Canada, promet un spectacle empreint d’énergie et de chaleur.

L’artiste, qui chante notamment en français, en lingala, en kituba et en kikongo, estime que son spectacle reflète « une francophonie vivante, diverse et rassembleuse ».
La soirée de vendredi accueillera également LGS. Après plus de 25 ans de carrière et plus de 1000 spectacles à travers le pays, la formation franco-ontarienne demeure l’une des références du folklore festif revisité à la sauce pop et électro.
Le public pourra aussi découvrir Jupiter & Okwess, mené par le charismatique Jupiter Bokondji, figure emblématique de Kinshasa surnommée le « Général Rebelle », dont la musique marie sonorités congolaises, rock, funk et soul.
Une vitrine pour la relève
Le Festival franco-ontarien réserve aussi une place importante aux artistes émergents.

Au Café communal, situé au cœur du parc Major’s Hill, la Franco-Ontarienne Geneviève RB présentera vendredi à 18 h 30 son nouvel album Revenir.
« Cette idée est au cœur de chacune des chansons. Pour moi, revenir ne signifie pas retourner en arrière, mais plutôt se retrouver, se choisir et revenir à soi-même », explique l’artiste.
« Mon objectif n’est pas seulement de présenter des chansons, mais de créer un véritable moment de partage avec le public », ajoute celle qui décrit son projet comme de la pop francophone.
Une matinée gratuite pour les familles
Le festival se poursuivra samedi avec sa traditionnelle matinée familiale gratuite.
De 10 h à 13 h, le site accueillera jeux, animations et activités destinés aux enfants et à leurs proches.
« Cette activité est entièrement gratuite afin de rendre le festival le plus accessible et inclusif possible », souligne Sophie Bernier, programmatrice du festival.
La 51e édition du Festival franco-ontarien se conclura samedi soir avec les prestations du Franco-Ontarien d’origine congolaise Kimya et du chanteur québécois Jay Scøtt.
Une programmation qui reflète les objectifs que s’est fixés le festival en matière de diversité et de rassemblement intergénérationnel.
« C’est un long processus qui commence dès l’automne précédent et qui s’échelonne sur environ six mois », explique Sophie Bernier, programmatrice du festival.