Les 50 ans d’Opasatika, une célébration de la francophonie nord-ontarienne
OPASATIKA – Du 31 juillet au 2 août prochains, le canton d’Opasatika, situé dans le district de Cochrane, célébrera ses 50 ans d’existence. Au programme : des feux d’artifice, un marché artisanal, des performances d’artistes francophones et plus encore. La municipalité s’est d’ailleurs donné l’objectif d’attirer des touristes d’autres villes, voire d’autres provinces, afin de promouvoir son historique ancré dans la francophonie.
Opasatika, une municipalité qui regroupe près de 200 habitants, s’apprête à franchir un grand pas dans son histoire. En effet le canton célébrera son demi-siècle, et ce, du vendredi 31 juillet au dimanche 2 août. « C’est une chance de se rencontrer et de revoir les anciens qui vont venir nous visiter. On projette d’accueillir le double de la population d’Opasatika durant la fin de semaine », confie le maire Jacques Dorval. D’après lui, les célébrations devraient rassembler entre 400 et 500 personnes.
« La dernière fois qu’on a fait une activité comme ça, c’était pour le 25e de la municipalité et le 75e de la paroisse. Donc, ça fait 25 ans qu’il n’y a pas eu un tel évènement ici à Opasatika », affirme Mélanie Breton, la greffière-trésorière de la municipalité.
Les célébrations ont avant tout pour but d’honorer les racines de la municipalité au passé façonné par la migration francophone du Canada. « C’est très important parce qu’Opasatika, la paroisse et les petits cantons qui existaient auparavant ont été fondés par des familles qui ont migré du Québec pour venir bûcher les terres ici dans le Nord pour l’industrie forestière », poursuit-elle.

Au fil des années, le canton connait une forte hausse de sa population anglophone. Mais cinquante ans plus tard, la population francophone reste majoritaire. « Aujourd’hui, les données démographiques ont un peu changé. Je dirais que les résidents sont approximativement 60 % francophones et 40 % anglophones », détaille Mme Breton.
Pour Andy Deschamps, membre du groupe kapuskois Parallèle 49, qui prendra d’ailleurs la scène le samedi 1er août, ces festivités sont une affirmation d’identité : « Le message est toujours un peu le même : faire rayonner notre culture, mais aussi nos influences. On est francophones de souche ».
Le 100e de la paroisse
Le cinquantième d’Opasatika ne sera pas le seul jalon à être célébré. Les participants auront aussi l’occasion de fêter les 100 ans de la paroisse Saint-Antoine de Padoue, un véritable lieu de recueil pour les fidèles de la région. « Ça a toujours été une paroisse francophone », explique Hélène Jean, conseillère municipale du canton et bénévole de l’église.
Bâtie en 1926, la paroisse est incendiée en 1938, puis de nouveau en 1964. Reconstruite deux ans plus tard, elle continue de recueillir des fidèles, proposant une messe majoritairement en français que l’église compte mettre en avant pour son centième anniversaire. « Nous ferons un brunch et une messe du centenaire dirigée par Monseigneur Pierre Olivier Tremblay », précise Mme Jean.

Plusieurs membres du clergé impliqués dans l’évolution de la communauté paroissiale seront présents. Face à une forte arrivée de résidents anglophones, la paroisse cherche à préserver la langue, quitte à offrir des messes strictement en français.
« J’y tiens beaucoup », confie Mme Jean, qui fréquente la paroisse depuis son enfance.
Une fin de semaine à visée touristique
Au-delà des célébrations, la municipalité souhaite attirer des visiteurs de l’extérieur. Avec une population vieillissante, Opasatika veut s’imposer comme une municipalité accueillante, surtout pour les jeunes familles. « C’est certain que notre objectif primaire pour cet événement, c’est vraiment le tourisme : d’aller attirer les gens. Qu’ils voient ce que le canton a à offrir », explique la greffière-trésorière.
Pour s’assurer que les visiteurs puissent profiter de leur séjour, la municipalité a fait appel aux villes voisines. « Nous avons fait des partenariats avec des motels à Hearst et Kapuskasing. À travers nos groupes, il y a eu des prix réduits, des collaborations. On a reçu des donations d’organismes du corridor », indique-t-elle, faisant référence au réseau de municipalités francophones qui longent la route 11 dans le Nord de la province.
Cette entraide locale s’avère précieuse pour le canton, soucieux de bien accueillir ses visiteurs. Qu’il s’agisse des tentes louées à prix réduit auprès de Fauquier-Strickland ou encore du matériel fourni par le centre des loisirs de Kapuskasing, Opasatika a bénéficié d’une grande solidarité régionale, affirme le maire. « C’est plaisant de voir qu’ils savent qu’on est une petite municipalité, qu’on n’a pas les moyens ni les installations que les autres ont », ajoute-t-il.
D’après Mme Breton, l’objectif pourrait largement être atteint d’ici la fin des festivités. « On a pu voir par l’achat de billets en ligne qu’il y a des gens du Québec, et même du Nouveau-Brunswick et de l’Alberta qui se déplacent pour venir commémorer », se réjouit celle-ci.