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Les enseignants réclament des négociations collectives au plus vite

TORONTO — L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) et ses homologues anglophones pressent le gouvernement Ford d’ouvrir des négociations collectives anticipées.

Lors des dernières négociations, l’AEFO avait conclu une entente en février 2024, soit un an et demi après l’expiration des conventions des enseignants. Pour le syndicat, il est hors de question de reproduire un tel scénario.

« Le gouvernement doit poser un geste en direction de la stabilité pour les élèves, les familles et le personnel scolaire », plaide au micro d’ONFR la présidente de l’AEFO, Gabrielle Lemieux, qui se dit « prête à commencer la négociation et à démontrer cette volonté-là ».

Dans une déclaration commune, l’AEFO, la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO) et la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) enjoignent le gouvernement à s’asseoir à la table des négociations « dans les plus brefs délais ».

« Nous devons saisir l’opportunité de lancer le processus de négociation par anticipation et travailler ensemble pour investir dans des classes propices à la réussite de nos enfants, nous attaquer de manière proactive à la crise croissante du recrutement et du maintien en poste des enseignants et éducateurs, et veiller à ce que les élèves et les enseignants disposent des ressources et du soutien nécessaires », prônent d’une seule voix les organisations syndicales au nom de 250 000 professionnels de l’éducation.

Cesser de « continuer à faire plus avec moins »

Celles-ci soulignent que les écoles ne peuvent plus « continuer à faire plus avec moins », pointant un « sous-financement chronique et une insuffisance de personnel aux conséquences dévastatrices sur les élèves ».

Et si le ministère disait non? « C’est sûr qu’on serait déçu parce que ça démontrerait un manque de volonté. On a cette inquiétude, mais on veut montrer qu’on est ouvert à un dialogue profitable, adéquat et efficace pour assurer la stabilité », défend Mme Lemieux.

Récemment réélue à la tête de l’AEFO, la présidente entend poursuivre la dynamique de consultation de ses membres entamée lors de son premier mandat. Pour elle, cette demande constitue un premier grand test envers le gouvernement. « J’étais en salle de classe jusqu’en juin 2024. J’ai donc une bonne idée des enjeux, mais certaines choses ont changé, donc il faut rester connecté au terrain, entendre, écouter les enseignants. »

Elle affirme que sa réélection fait souffler « un vent de renouveau dans nos voiles pour continuer le travail que fait l’équipe. Si on est capable de porter notre message à la table de négociation, ça va être une réussite pour nous. »

Gabrielle Lemieux a été réélue le 24 février dernier à la présidence de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO). Photo : AEFO

Et ce d’autant que tous les syndicats sont au diapason. « Même si chaque syndicat à ses particularités, on a des enjeux qui nous unissent et certaines batailles dans lesquelles on peut faire front commun. »

Malgré plusieurs demandes, la présidente n’a jamais rencontré le ministre de l’Éducation Paul Calandra face à face depuis qu’il est en poste.

Contacté par ONFR, le bureau du ministre s’est contenté de rappeler le contexte législatif entourant la demande des syndicats : « La Loi sur les relations de travail autorise les syndicats ou les employeurs à déposer un avis de négociation 90 jours avant l’expiration de la convention collective, ce qui représente un délai raisonnable pour parvenir à une entente juste et équitable avant cette date. Les conventions collectives expirent le 31 août, ce qui signifie que les négociations pourraient débuter en juin », détaille Emma Testani, attachée de presse du ministre.

« L’avenir de l’Ontario se construit dans nos salles de classe. Commençons les négociations et travaillons ensemble pour investir dans les ressources et le soutien dont les élèves ont besoin pour apprendre, grandir et s’épanouir. C’est la moindre des choses », conclut dans sa lettre l’intersyndicale.