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Les magazines éducatifs franco-ontariens sont sauvés

Les trois magazines du CFORP Montage #ONfr

TORONTO – Les seuls magazines éducatifs à l’intention des élèves franco-ontariens sont ramenés à la vie. Après l’annonce de leur mort en novembre, le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP) confirme que le gouvernement a octroyé les fonds nécessaires à leur poursuite, au moins jusqu’à la fin de l’année scolaire.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«L’argent va rentrer d’ici quelques jours. Le message qu’on a reçu, c’est que le ministère de l’Éducation a travaillé très fort sur son analyse et à la fin décembre, le ministère a décidé d’aller de l’avant avec l’ensemble des projets du CFORP, dont les magazines», se réjouit Claude Deschamps, directeur du CFORP.

La nouvelle est tombée cette semaine, deux mois après l’annonce de leur abolition. Leur financement suspendu, à l’automne, avait signé leur arrêt de mort. «Le ministère avait décidé de mettre les projets en suspens et c’est ce que nous avons fait. Je ne pouvais pas continuer à faire le travail et à publier des magazines sans réponse et sans l’argent nécessaire», explique M. Deschamps.

Minimag, Mon Mag à moi et Quad9 seront donc imprimés au cours des prochains jours et rapidement offerts dans les salles de classe. Les 83 000 copies des magazines devaient être distribuées en novembre.

De nouvelles éditions des trois magazines verront ensuite le jour en mars et en mai. Dans le cas du Minimag, son rayonnement dépasse les frontières de l’Ontario: il est en effet distribué dans des communautés francophones minoritaires à travers le pays (43 000 copies).

Claude Deschamps, directeur du CFORP. Gracieuseté: CFORP

La mort annoncée des magazines à l’automne aura au moins permis à ses créateurs de constater tout le bien qu’ils font dans la francophonie ontarienne et canadienne. Des dizaines de messages de solidarité ont été envoyés sur les réseaux sociaux, dont plusieurs d’enseignants, de parents et d’élèves.

«Ça fait toujours plaisir de voir l’engouement autour des magazines et de voir comment ils sont utilisés en salle de classe. Quand ça fait dix ans que quelque chose existe, on peut le prendre pour acquis. Mais on voit qu’ils sont toujours pertinents et aussi importants que lors de la première année de leur existence», lance Claude Deschamps.

L’arrivée d’argent frais permet de repartir la machine, qui était bel et bien arrêtée depuis l’automne. «On va essayer de réembaucher les deux personnes qui travaillaient sur les magazines. On eu la bonne nouvelle hier soir, donc on est en communication avec elles», dit-il.

Les fonds permettant au CFORP de publier ces magazines découlent d’un programme provincial/fédéral, qui tire à sa fin prochainement. Claude Deschamps espère que les deux paliers de gouvernements pourront s’entendre pour la suite. «On se croise les doigts que la prochaine étape soit positive», dit-il.

En attendant, il célèbre. «Nous sommes heureux de la décision de la ministre de l’Éducation, Lisa Thompson, et la remercions de son engagement envers la réussite des élèves francophones de l’Ontario. Les trois magazines constituent une ressource des plus appréciées et contribuent grandement à la construction identitaire des élèves francophones en milieu minoritaire», conclut Claude Deschamps.

 


POUR EN SAVOIR PLUS: 

Trois magazines éducatifs francophones abolis par le gouvernement Ford

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.