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Manifestations étudiantes: les Franco-Ontariens mobilisés partout en Ontario

TORONTO – Partout en Ontario, des étudiants ont quitté leurs classes pour manifester contre les changements en éducation mis de l’avant par le gouvernement Ford. Échaudés par l’abolition du projet universitaire francophone, les jeunes Franco-Ontariens ont pris part à cette nouvelle mobilisation. 

«Ce n’est pas juste. Je ne sais pas pourquoi il coupe l’argent pour le système d’éducation. C’est important, ça forme les élèves et les personnes qui vont être en charge du pays dans le futur. C’est très important», a confié Béatrice Coulavin, une étudiante de 10e année, qui s’est déplacée devant Queen’s Park pour se faire entendre, ce jeudi.

Les groupes d’étudiants dénoncent la décision de Doug Ford d’augmenter le nombre d’élèves par classe, de diminuer les budgets des écoles, mais aussi de favoriser davantage les cours en ligne, ainsi que d’interdire de venir avec son cellulaire en classe. 

«Personnellement, les cellulaires, je ne trouve pas que c’est un gros truc. Mais [les menaces contre] les cours de musique, de physique, de biologie,…Le fait qu’il veuille plus de cours en ligne, que les classes s’agrandissent… C’est bizarre. Je trouve que c’est mauvais», a pour sa part confié Orianne Kibale, étudiante du Collège français de Toronto, elle-aussi devant le parlement ontarien.

Manifestation devant le Collège français de Toronto. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

Pendant ce temps, devant le Collège français de Toronto, bon nombre d’élèves ont quitté leurs classes et décidé de faire l’école buissonnière pour faire entendre leur insatisfaction.

Sur les réseaux sociaux, des images de manifestations similaires à Sudbury, à Kapuskasing, à Ottawa et ailleurs en province ont circulé.

Au tour des enseignants, ce samedi

Après les étudiants ce jeudi, ce sera aux enseignants de manifester, samedi, à midi, à l’appel de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), de la branche ontarienne du Syndicat canadien de la fonction publique, de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), de l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA) et de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO).

Un rassemblement est prévu à Queen’s Park pour «demander au gouvernement de procéder à des investissements plutôt qu’à des coupures à l’éducation financée à même les deniers publics».

Le président de l’AEFO, Rémi Sabourin. Gracieuseté AEFO

«Les coupures apportées au budget de l’éducation auront des conséquences dévastatrices sur le bien-être et la réussite des élèves», dénoncent les cinq syndicats dans une déclaration commune.

«Dans un contexte où il y a un manque de main-d’œuvre en Ontario, il faut investir en éducation pour pourvoir ces postes-là» – Rémi Sabourin, président de l’AEFO  

Les cinq syndicats s’opposent également à la volonté du gouvernement d’introduire l’apprentissage électronique obligatoire, de diminuer le financement de certains programmes et d’augmenter l’effectif des classes. Dans sa réforme, le gouvernement prévoit un élève de plus par classe au niveau intermédiaire et de passer de 22 à 28 élèves par classe au niveau secondaire.

«Cela va avoir un effet encore plus néfaste dans nos petites écoles secondaires de langue française. On parle de leur survie dans certains cas! C’est extrêmement inquiétant», dit le président de l’AEFO, Rémi Sabourin.

Au moment du dévoilement de la réforme du système d’éducation en mars dernier, le syndicat enseignant franco-ontarien évaluait également qu’environ 300 postes pourraient disparaître par attrition dans les écoles de langue française au cours des quatre prochaines années.

Selon M. Sabourin, la mobilisation de samedi ne concerne pas que les enseignants.

«On attend environ 200 bus de tout l’Ontario, plus tous les enseignants du grand Toronto. Mais il y a aura aussi des parents, des étudiants… Notre message n’est pas juste celui des syndicats, on le voit d’ailleurs avec le rassemblement organique qui a eu lieu aujourd’hui.»

L’organisme Parents partenaires en éducation a déjà annoncé, dans un gazouillis publié ce jeudi, son intention de participer au rassemblement de samedi.

Thompson accuse les syndicats

Du côté du gouvernement, la ministre de l’Éducation Lisa Thompson dit vouloir maintenir le cap des réformes engagées et accuse les enseignants d’avoir poussé les élèves à se mobiliser.

«Nous savons que les syndicats d’enseignants ont organisé des débrayages étudiants sous le gouvernement précédent. Je crains que nous soyons en train d’assister à un retour de ces pratiques, car les syndicats ne semblent pas vouloir décourager le mouvement entamé d’aujourd’hui», a-t-elle dénoncé dans une déclaration écrite, ce jeudi en fin de journée.

Et de poursuivre: «Plutôt que de se consacrer à des manœuvres politiques, j’encourage les syndicats à collaborer avec nous afin de relever les défis bien réels auxquels fait face le système d’éducation de notre province. (…) Notre gouvernement ne se laissera pas distraire. Nous allons procéder aux réformes dont l’Ontario a besoin pour améliorer les résultats des élèves en mathématiques et contribuer à l’édification d’un système d’éducation durable et de classe mondiale qui protège ce qui compte le plus pour les élèves.»

Article écrit en collaboration avec Benjamin Vachet

 

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le jeudi 4 avril, à 17h37.

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