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Ottawa fait un premier petit pas pour aider les municipalités

Temps de lecture : 4 minutes

OTTAWA – Le premier ministre Justin Trudeau annonce, ce lundi, un versement anticipé de 2,2 milliards de dollars pour aider les municipalités à faire face aux conséquences économiques de la COVID-19. Mais il faudra en faire plus, réagissent la province et les municipalités.

Ces fonds, accordés chaque année par l’entremise du Fonds de la taxe sur l’essence fédéral, seront versés en une seule fois, en juin, pour l’année 2020-2021.

« Nous faisons un premier pas de l’avant pour aider les municipalités aux prises avec des problèmes de liquidités. (…) Habituellement, cette aide se fait en deux versements, mais là, les municipalités en ont besoin dès maintenant », a justifié M. Trudeau, lors de son point presse quotidien.

La somme doit aider les municipalités à réaliser des projets d’infrastructures qui contribueront à la relance des économies locales, espère Ottawa, citant des projets d’accès à un réseau Internet haute vitesse, d’amélioration des réseaux routiers, d’alimentation en eau, ou encore, des projets de construction de pistes cyclables et de sentiers pour la marche.

« Ce fonds est là pour aider les municipalités avec leurs coûts en capital. Ils peuvent aussi les garder pour des projets futurs, mais ce n’est pas pour leurs coûts opérationnels », a toutefois prévenu la ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, Catherine McKenna.

La ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, Catherine McKenna. Capture d’écran

En avril, la Fédération canadienne des municipalités (FCM) avait tiré la sonnette d’alarme réclamant la mise en place d’un fonds d’urgence de 10 milliards de dollars pour aider les villes canadiennes. Selon la FCM, leur déficit total pourrait atteindre entre 10 et 15 milliards de dollars à cause des conséquences financières de la COVID-19 qui entraîne moins de rentrées financières et coûts additionnels pour faire face à la pandémie.

Réactions mitigées

L’annonce d’Ottawa est toutefois insuffisante, selon le président de la FCM, Bill Karsten.

« Cette modeste mesure préliminaire peut aider certaines municipalités à régler leurs problèmes de liquidités immédiats. Malheureusement, ce n’est pas de l’argent neuf. Ces montants avaient déjà été prévus dans les budgets municipaux. Ils n’aident pas à résoudre les pertes irrécouvrables de cette crise, et n’évitent pas non plus les choix difficiles que les villes et les collectivités doivent maintenant faire », a-t-il commenté par voie de communiqué.

Une analyse reprise également par le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, lors de son point presse.

« J’apprécie cette avance de paiement, mais ce n’est pas de l’argent nouveau et on a besoin de plus », a-t-il commencé. « Nous avons besoin que le fédéral s’engage. On est là-dedans tous ensemble et on a besoin d’aide. »

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. Capture d’écran

Pour le directeur général de l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO), Marc Chénier, Ottawa ne répond que partiellement au problème.

« Le fédéral répond surtout aux besoins urgents des plus grandes municipalités. On comprend ça. Mais beaucoup de petites municipalités rurales ne profitent pas de ce fonds et leur situation est différente. Elles ne disposent pas de la même marge de manœuvre que les grandes municipalités, même si elles souffrent également des conséquences économiques de la COVID, notamment les petites municipalités du Nord de la province qui ont vu leurs responsabilités augmenter sans nouvelles ressources. »

L’AFMO milite pour un fonds d’urgence de 100 millions de dollars pour aider les municipalités rurales ontariennes et aussi pour une plus grande flexibilité dans l’utilisation des fonds versés par la province et le fédéral.

« Notre tour va devoir venir. On comprend que cela prend du temps, mais on a besoin de savoir vite quel argent sera disponible et comment il pourra être dépensé. »

Les discussions se poursuivent avec les provinces

Le premier ministre Trudeau a promis d’en fait plus, assurant que les discussions se poursuivent avec les provinces.

« Nous respectons les champs de compétence des provinces et travaillons avec elles. On a de l’argent pour aider les municipalités, on en envoie déjà aujourd’hui. On sait que ce n’est pas assez, mais ça va prendre d’autres discussions avec les provinces. »

Les cas repartent à la hausse en Ontario

️ 404 nouveaux cas positifs en Ontario
️ 28 263 cas de COVID-19 au total (91 340 au Canada)
️ 2 276 décès (7 305au Canada), 22 153 guérisons¨
️ 781 hospitalisations, 125 personnes en soins intensifs
️ 732 720 tests réalisés (1 691 373 personnes testées au Canada), 6 427 en attente de résultats

Après un fléchissement ces derniers jours, le nombre de personnes testées positives à la COVID-19 est reparti à la hausse dans la province, dépassant les 400 nouveaux cas. L’Ontario a raté sa cible de tests quotidiens, fixée à 16 000, mais ceux en attente de résultats ont diminué.

Dix nouveaux décès sont rapportés dans la province, alors que la situation dans les foyers de soins de longue durée demeure préoccupante, puisque 181 éclosions y sont toujours actives. Au total, 1 445 résidents ont trouvé la mort dans ces établissements depuis le début de l’épidémie, ce qui représente 63,5 % du nombre total de victimes de la COVID-19 en Ontario.

L’ombudsman enquêtera sur les foyers de soins de longue durée

Ce lundi, l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, a annoncé ouvrir une enquête sur la surveillance exercée par le ministère des Soins de longue durée et le ministère de la Santé sur les foyers de soins de longue durée de la province pendant la pandémie de COVID-19.

L’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé. Archives ONFR+

« L’enquête visera à déterminer si la surveillance exercée par ces ministères pendant la crise du coronavirus est adéquate pour garantir la sécurité des résidents et du personnel », explique le Bureau de l’ombudsman, par voie de communiqué, qui indique que M. Dubé a décidé d’utiliser son pouvoir d’enquêter de sa propre initiative, non à la suite de plaintes, en raison des graves préoccupations soulevées ces dernières semaines.

« Notre enquête examinera les problèmes systémiques qui ont conduit à ces conditions et présentera des recommandations constructives pour y remédier », prévient M. Dubé qui ne fixe aucun échéancier.

Le premier ministre Doug Ford a salué cette décision.

« J’accueille positivement cette enquête. (…) J’ai besoin de réponses, je veux des réponses ! On a besoin de régler ce problème et on va le faire. »

Cet article a été mis à jour à 14h30

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