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«Pour le retour du méga-spectacle de l’écho d’un peuple, toujours pas de solutions» – Félix Saint-Denis

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI:

Félix Saint-Denis, militant francophone de longue date, est le directeur artistique de L’écho d’un peuple, le spectacle retraçant les 400 ans de culture française en Amérique du Nord et en Ontario. La troupe fait escale ce mercredi soir à Plantagenet dans l’Est ontarien pour L’Ordre du bon temps.

CONTEXTE:

Pour une deuxième année consécutive, dans le cadre de son camp d’été, L’écho d’un peuple organise avec le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO) cette soirée francophone, autochtone et interculturelle.

ENJEU:

Des années après la disparition de son méga-spectacle, L’écho d’un peuple est toujours actif, mais cherche avant tout à rendre ses productions beaucoup plus modernes qu’auparavant. De là à relancer le méga-spectacle mis entre parenthèses depuis 2008 en raison de problèmes financiers?

«Que peut-on dire de ce spectacle qui a lieu ce soir?

L’Ordre du bon temps fait référence à notre plus vieux club social canadien-français. On parle vraiment des débuts de l’Acadie en 1606. Samuel de Champlain vient alors d’arriver en Acadie, où l’hiver précédent avait été mortel. Le moral des troupes est au plus bas. Champlain et ses hommes décident de créer des veillées, qui sont essentiellement des carnavals de l’époque. On chantait, on racontait, on célébrait, on mangeait, tout le monde recevait une chaîne. Ces premières soirées étaient multiculturelles. Champlain même recevait six chefs Micmacs.

Ce que nous proposons, ce sont des soirées immersives, on est dans la modernité, on prend une vieille tradition d’il y a 400 ans….

Comment va se dérouler la soirée?

Cela va être moderne, bien que le personnage représentant Samuel de Champlain soit là pour ramener la coutume. Il y aura au total six invités pour célébrer les racines françaises-canadiennes et autochtones, à savoir Ferline Regis d’Haïti, le folkloriste Louis Racine de Casselman, Le R Premier, Michel Payment de la Huronie, Valérie Assoi notre animatrice métisse Geneviève Ethier. On voit qu’ils viennent chacun d’horizons différents. Chaque invité va partir d’une anecdote reliée à son peuple. Dans la deuxième partie, chaque invité va nous parler de la joie et de la force de son peuple.

L’an passé, L’écho d’un peuple lançait la grande consultation publique Marchons vers l’avenir de L’écho d’un peuple. Est-ce que le méga-spectacle va un jour revenir?

Les gens ont répondu hyper favorablement, mais pour le retour d’un méga-spectacle, on a toujours pas de solutions et de moyens…. De plus, nous ne sommes pas dans un climat politique favorable. Avant, on pouvait financer 70 % des spectacles grâce à nos billets, et 30 % grâce aux subventions gouvernementales. Ce n’est plus pareil aujourd’hui.

Le temps est-il toujours à la production de méga-spectacles?

Non! Les mégas-spectacles comme autrefois L’écho, ça devient plus difficile. Au Saguenay [La Fabuleuse histoire d’un royaume], il a survécu parce que la Ville l’autoproduit, mais ailleurs ils ont tous disparu l’un après l’autre. Ce genre des spectacles sont concurrencés par les gros spectacles comme dans la ville de Montréal. Ça a changé la donne!»

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