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Présidence de la FCFA : trois candidatures pour un fauteuil

Temps de lecture : 4 minutes

OTTAWA – Trois personnes ont officiellement posé leur candidature à la présidence de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA). Il s’agit de Jean Johnson, président sortant, de Padminee Chundunsing, présidente du conseil d’administration de la Fédération des francophones de Colombie-Britannique (FFCB) et de Liane Roy, ex-présidente-directrice générale du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick. L’élection se tiendra lors de la prochaine assemblée générale annuelle, le 26 juin prochain.

Jean Johnson se présente comme le candidat de la continuité. « J’avais demandé il y a quatre ans, un mandat transformatif. Nous sommes aux deux tiers du chemin », fait-il valoir à propos de la réforme de la gouvernance. « Il va nous rester encore un an de travail pour développer les statuts et règlements en fonction de ce qui va être proposé finalement dans quelques semaines. »

M. Johnson défend son bilan et estime avoir pleinement livré la marchandise ces quatre dernières années, à la tête de la FCFA.

« Ce que je cherchais, c’était à politiser la fédération, que les efforts au cœur de nos stratégies soient d’influencer les décideurs, plutôt que développer de grandes relations avec les hauts fonctionnaires. Alors on a changé cette approche-là. On reconnait et on respecte la place des hauts fonctionnaires, mais ça revient aux élus de décider comment et qu’est-ce qu’ils vont faire en termes de changements », explique M. Johnson.

Il évoque ses démarches auprès des ministres chargés de l’immigration qui ont abouti à certains ajustements, signe que le gouvernement fédéral prête une oreille attentive aux doléances des communautés francophones du pays. De plus, des conversations ont lieu avec tous les partis d’opposition.

« Ça prenait une voix forte pour être capable de rallier les groupes et le résultat c’est qu’on a reçu un plan d’action axé sur le ‘‘par et pour les communautés’’ et on a reçu aussi un investissement de 500 millions de dollars de rattrapage au niveau des investissements dans nos communautés », souligne M. Johnson.

« On rame dans toutes les directions par rapport à ‘‘avec qui on va travailler’’. Pour nous c’est l’ensemble du gouvernement qui inclut tous les partis d’opposition. Le bilan est que on est rendu maintenant à une organisation axée sur l’action politique pour influencer les politiques publiques », résume M. Johnson qui garde espoir que le projet de loi devant moderniser la Loi sur les langues officielles soit déposé dans les délais les plus brefs.

Une candidature de la Côte Ouest

La présidente du Conseil d’administration de la Fédération des francophones de Colombie-Britannique (FFCB), Padminee Chundunsing, veut tenter sa chance pour décrocher la présidence de la FCFA. Originaire de l’Île Maurice, Mme Chundunsing est arrivée au Canada en 2004 et a commencé à s’impliquer dans la francophonie dès l’année suivante.

« J’ai siégé à beaucoup d’organismes francophones, comme membre du conseil d’administration et puis j’ai atterri à la fédération (FFCB) où j’ai été conseillère, puis élue présidente en 2015 », relate Mme Chundunsing, dont le troisième mandat doit prendre fin au mois de novembre.

La candidate britanno-colombienne souligne qu’elle a « acquis beaucoup d’expérience en travaillant à la tête de la fédération, et maintenant, je veux monter à un autre niveau, mais continuer à m’impliquer dans la francophonie », explique-t-elle.

D’ailleurs, elle se dit prête à prendre en main plusieurs dossiers importants de la francophonie canadienne. Outre la modernisation de la Loi sur les langues officielles, dont l’urgence fait l’unanimité, Mme Chundunsing voit d’autres chantiers importants.

« Il y a aussi le plan d’action de 2018 à 2023 : il faut que l’on commence à travailler pour l’autre plan d’action (…) et travailler avec toutes les communautés, tous les membres, pour s’assurer qu’on a plus de secours et plus d’aide de la part du gouvernement. Ç’est un grand dossier », dit-elle.

L’éducation postsecondaire, et la possibilité de faire du Québec un allié des francophones qui vivent dans des provinces à majorité anglophone, sont des enjeux qui motivent son intérêt pour la présidence, tout comme l’occasion d’apporter plus de cohésion au sein de la FCFA.

« Je suis une présidente assez rassembleuse et je suis quelqu’un de proximité. J’ai de bonnes relations avec le fédéral. Avec Mme Joly (ministre du Développement économique et des Langues officielles), j’ai créé cette crédibilité, cette entente, et je sais que je peux être quelqu’une qui fera rayonner la francophonie à travers le Canada », termine Mme Chundunsing.

Une Acadienne également en lice

Liane Roy, une ex-présidente-directrice générale du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, a aussi décidé de se lancer dans la course. « J’ai consacré ma carrière à la francophonie tant aux niveaux provincial, régional, national et international. Tout au long de mon parcours, mon engagement a toujours été l’amélioration de la qualité de vie des francophones. Je crois du fond du cœur que la francophonie façonne la personnalité des gens qui y habitent », déclare-t-elle dans le texte où elle présente sa candidature.

Depuis le 1er avril 2021, Mme Roy occupe le poste de directrice de la réussite étudiante par intérim au Collège de l’Île à l’Île-du-Prince-Édouard.

En 2019-2020, elle a assumé la direction générale de la Société Nationale de l’Acadie (SNA) à titre intérimaire, « poste qui a confirmé ma passion pour l’épanouissement des communautés francophones et acadiennes », écrit-elle.

Si elle est élue présidente, Mme Roy dit qu’elle veut poursuivre le travail entrepris en vue de la modernisation de la Loi fédérale sur les langues officielles.

« Nous devrons réfléchir aux recommandations sur la mise en œuvre de la loi et de l’impact qu’elle aura sur la programmation de ministères tel que Patrimoine canadien, Santé Canada ou sur l’immigration francophone », insiste Mme Roy.

La candidate néo-brunswickoise veut aussi travailler sur le dossier de l’enseignement postsecondaire en français et elle juge que « pour donner suite à l’évolution du dossier de l’accès aux études postsecondaires en français, un appui aux organismes représentants les institutions postsecondaires risque d’être déterminant. Ayant siégé ces dernières années à plusieurs comités pan canadien dans ce domaine, c’est un dossier qui me tient à cœur », ajoute-t-elle dans la présentation de sa candidature.

Tout comme les deux autres personnes qui briguent la présidence de la FCFA, Mme Roy se réjouit du fait qu’il y ait une véritable course à la présidence de l’organisation. « Cela démontre que le travail de refonte de la gouvernance porte fruit pour stabiliser l’organisme et augmenter le rayonnement de la FCFA », conclut-elle.

Un représentant des organismes porte-parole au Bureau de direction sera également élu. Les deux candidats à ce poste sont Carol Jolin de l’Ontario et Denis Simard de la Saskatchewan.

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