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Quand Carles Puigdemont fait référence aux francophones en contexte minoritaire

Temps de lecture : 2 minutes

La mention est presque passée inaperçue. Dans sa lettre adressée aux Québécois, l’ancien président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a bel et bien fait référence aux francophones en milieu minoritaire, incluant les Acadiens.

« Parlant de préjudices infligés aux droits démocratiques des peuples, je reconnais, à l’évidence, certains parallèles entre nos parcours historiques respectifs, même si toute comparaison demeure hasardeuse. Toujours est-il que l’amitié et la compréhension mutuelle qui lient les nations québécoise et catalane – sans oublier les peuples acadien, métis et autochtones ainsi que les collectivités francophones hors Québec – ne sont assurément pas le fruit du hasard. »

Une référence saluée par Linda Cardinal en entrevue pour ONFR+.

« J’ai été agréablement surprise. Je m’attendais plus à ce qu’il parle des Autochtones, qui est une question internationale, que des francophones hors Québec », affirme la politologue et chercheuse en francophonie canadienne à l’Université d’Ottawa. « Cela prouve que le travail des universitaires est utile. Les Catalans nous intègrent dans leur compréhension des enjeux linguistiques. »

Dans sa lettre publiée ce lundi, Carles Puigdemont remercie les Québécois pour leur solidarité à l’égard des Catalans, tout en dénonçant la position du gouvernement fédéral refusant de lui accorder une autorisation de voyage pour le Québec.

« Que ce soit les Catalans, les Basques ou même les Gallois, nous avons des similitudes avec eux », laisse entendre l’avocat spécialisé en droits linguistiques, Michel Doucet. « Ces similitudes touchent, selon moi, l’éducation, l’accès à la justice, la culture, les services gouvernementaux. Beaucoup de colloques ont d’ailleurs été faits sur ce plan-là. »

Plus de similarités avec les Basques

Pour Linda Cardinal, la cause catalane reste tout de même beaucoup plus reliée à celle du Québec.

« On parle de deux groupes très concentrés territorialement, avec des pourcentages de population assez semblables. Pour la Catalogne, le Québec est comme un grand frère. Elle s’intéresse toujours à ce qui se passe au Québec. »

Si comparaison il y a avec la minorité francophone en contexte minoritaire, c’est davantage avec les basques espagnols et français qu’il faut la voir, selon la politologue.

« Nos interlocuteurs sont plus les Basques, car ils ne sont pas à la recherche d’un état ou de renforcer des qualités de types étatiques. Sur le plan linguistique, nos forces et nos défis sont semblables comme l’utilisation de la langue dans le domaine public, l’apprentissage de la langue à l’école. »

Sur cette question, les échanges seraient même bien réels, d’après Mme Cardinal, entre les Basques et les Franco-Ontariens.

« Pour les Franco-Ontariens, on a des collègues du milieu de la santé du Pays basque espagnol qui sont venus voir comment fonctionnaient nos organismes. Le concept d’offre active chez nous est très apprécié, et ils aimeraient bien l’exporter. »

M. Doucet reconnaît avoir déjà vu à l’Université de Moncton « beaucoup d’universitaires basques », mais aussi catalans ou gallois.

« Ainsi, l’assimilation linguistique et culturelle, la répression militaire et policière, les diktats politiques et constitutionnels imposés d’en haut, etc., sont autant de phénomènes qui ne nous sont guère étrangers », écrit par ailleurs le leader catalan dans sa lettre. « Or, les peuples, comme les individus, ont le droit inaliénable au respect de leur dignité, de leur volonté, de leur liberté », ajoute-t-il.

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