Représentation étudiante : la FESFO tente de relancer un RÉFO à l’arrêt
OTTAWA – Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), plongé dans une grave crise de gouvernance et privé de direction ainsi que de conseil d’administration, passe temporairement sous la tutelle de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO). Résultat : les étudiants des collèges et universités se retrouvent temporairement représentés par un organisme voué aux élèves du secondaire, le temps de remettre sur pied la structure et de convoquer une assemblée générale.
C’est la directrice générale de la FESFO, Mélina Leroux, qui a confirmé la nouvelle en entrevue avec ONFR.
Dans la foulée du départ du dernier directeur général du RÉFO, François Hastir, les deux structures ont convenu d’un transfert transitoire pour éviter que la voix des 30 000 étudiants francophones de la province ne s’éteigne complètement.
« On a offert de rapatrier le RÉFO dans son entièreté sous le même nom et tout ça […], question de leur offrir un endroit sécuritaire pour repartir », explique Mélina Leroux. « L’objectif, c’est d’être capable de reconnecter avec nos membres sortants pour être capable de leur offrir une piste d’engagement au niveau postsecondaire ».
Dans un communiqué publié six mois plus tôt, le RÉFO dressait un constat d’échec : manque de budget, bénévoles épuisés et incapacité d’atteindre le quorum de 35 délégués pour tenir une assemblée générale annuelle (AGA) depuis 2020.
Sans conseil d’administration élu, la gestion reposait uniquement sur le président bénévole et le directeur général sortant. Le RÉFO indiquait alors chercher un « organisme de nature similaire » pour reprendre le relais, aujourd’hui confirmé comme étant la FESFO, l’organisme porte-parole d’environ 25 000 jeunes francophones qui fréquentent l’une des écoles secondaires francophones de l’Ontario de la 9e à la 12e année.
À ce jour, l’organisation n’a plus aucune structure interne. « Le RÉFO n’a plus d’employés et il n’y a plus de conseil d’administration », confirme Mélina Leroux.
Il ne s’agit pas pour autant d’une fusion. « Ce que nos conseils ont approuvé, c’est une reprise temporaire. Mais ça ne devient pas la FESFO. Ça reste son propre organisme, avec son domaine web, son compte de banque et ses courriels. Nous, on crée simplement l’espace pour rebâtir tout ça ».
Dans une déclaration officielle transmise mercredi matin à la communauté, la FESFO confirme cet accompagnement : « Être un.e jeune franco-ontarien.ne, ça ne s’arrête pas aux portes de l’école secondaire. Les étudiant.e.s des collèges et des universités font partie de notre jeunesse […]. En tendant la main au RÉFO, on reste fidèles à ce qu’on est », affirme ainsi Camille Carrière, présidente du Conseil d’administration de la FESFO.
100 000 $ en banque et une AGA en ligne de mire
La FESFO affirme ne recevoir aucune subvention pour assurer ce rôle de marraine. « On n’a pas été bonifiés de quelque manière que ce soit pour faire ce travail-là », indique sa directrice générale.
Le RÉFO possèderait toujours un peu moins de 100 000 $ dans son compte bancaire, des fonds qui serviront à organiser la prochaine AGA en plus de mettre à jour les documents administratifs de l’organisme.
Des travaux sont déjà en cours en vue de la tenue de cette assemblée au cours des six prochains mois afin d’y faire élire un nouveau conseil d’administration composé d’étudiants. La FESFO accompagnera ensuite la nouvelle équipe pendant un à deux ans.
« La voix des étudiant.e.s francophones du postsecondaire doit recommencer à être entendue. Cet accompagnement temporaire va permettre d’assurer une continuité dans la représentation jeunesse en Ontario français », ajoute de son côté, Henri Lavergne, président du Conseil de représentation de la FESFO par voie de communiqué.
Le défi de la mobilisation
Pour réunir les 35 délégués nécessaires lors de la prochaine AGA, la FESFO compte approcher les associations étudiantes des collèges et universités, mais aussi solliciter directement ses anciens membres du secondaire inscrits au postsecondaire.
« Beaucoup de nos anciens nous disaient qu’ils ne savaient pas comment continuer à s’impliquer pour la communauté une fois rendus au postsecondaire », note Mélina Leroux.
« En allant chercher ces jeunes engagés, on crée un équilibre avec le réseau des associations étudiantes ».
Interrogée sur l’annonce récente de sa propre candidature à la présidence de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Mélina Leroux assure que son éventuel départ de la FESFO ne freinera pas la démarche.
« Ça fait partie du legs que je laisserai à la direction par intérim. L’intention reste la même : tenir cette AGA et guider le RÉFO jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour repartir seul. »