Route 11 : un député fédéral veut forcer Ottawa à agir en la désignant projet d’intérêt national
Signalant qu’il faut « sauver des vies », le député Gaétan Malette du Nord de l’Ontario presse Ottawa d’agir pour sécuriser la route 11 en la désignant comme un projet d’intérêt national, alors que les décès et les accidents se multiplient depuis quelques mois sur l’autoroute transcanadienne.
« C’est rendu une tragédie, c’est terrible ce qui se passe », alerte Gaétan Malette, élu de la circonscription fédérale de Kapuskasing-Timmins-Mushkegowuk en entrevue.
« On dénombre 21 décès depuis août 2025 sur cette route-là : des accidents, des adolescents, des jeunes familles, des travailleurs, etc. », affirme-t-il.
Dans une motion déposée à la Chambre des communes, l’élu conservateur demande à Ottawa d’agir pour désigner la route 11 comme un projet d’intérêt national « afin d’achever les travaux entrepris en vertu de la Loi sur la route transcanadienne de 1949 ».
Des élus locaux pressent la province de passer à l’action, mais Gaétan Malette estime que le gouvernement fédéral a aussi son rôle à jouer, car la route 11 est une autoroute transcanadienne. Il souhaite notamment qu’un groupe de travail soit mis en place entre la province et les différents acteurs fédéraux, dont Transports Canada. Le fait de la désigner projet d’intérêt national permettrait d’aller chercher des fonds, juge le député.
« Si c’est désigné et que la motion est approuvée, cela signifie qu’elle tombe sous une structure et un budget qui existent déjà. Cela permet au fédéral d’amener sa part », présente l’élu fédéral.
« Ensuite, c’est la province qui décidera s’il faut des voies de dépassement ou une autoroute à double voie », ajoute-t-il.
Ce dernier soutient que la situation est quelque chose « dont tout le monde parle » dans le Nord de l’Ontario. Les fréquentes fermetures de cette route, dues aux conditions hivernales et au manque de ressources pour le déneigement, perturbent fortement le transport entre les villes du Nord, en plus d’y causer de nombreux accidents.
« Le but, c’est de sauver des vies »
La motion, qui sera débattue et soumise au vote à la Chambre des communes ce printemps, vise à exiger du gouvernement fédéral qu’il « réduise au minimum les retards et renforce la connectivité interprovinciale et la sécurité nationale » sur la route 11. De plus, elle demande que cette route soit reconnue comme essentielle pour « soutenir la stabilité économique, la résilience de la chaîne d’approvisionnement, la sécurité nationale et le développement régional du Canada ».
Gaétan Malette juge qu’Ottawa a un rôle à jouer, puisque cette question a des répercussions sur le commerce interprovincial, notamment en ce qui concerne le transport de marchandises comme les produits alimentaires.
« Moi-même, j’ai dû virer de bord souvent. Cette année, je pense que la route a fermé une trentaine de fois. Pendant ma campagne électorale, j’ai dû faire demi-tour en allant à Kapuskasing ou à Cochrane, c’est arrivé des dizaines de fois », souligne celui qui a été élu en avril dernier.

Le maire de Hearst, Roger Sigouin, sollicite l’aménagement d’une aire de repos dédiée aux camions. Cette initiative vise à réduire la fatigue des conducteurs et, par conséquent, le nombre d’accidents routiers qui entraînent des fermetures de route fréquentes. Une aire de repos est d’ailleurs prévue pour ouvrir en 2027 à Opasatika.
Plusieurs maires locaux insistent sur l’urgence d’agir en raison de plusieurs tragédies qui sont survenues dans les derniers mois.
« La chose la plus importante pour moi en ce moment, c’est la route 11, ces décès-là. Je présente la motion sous une forme non partisane. Le but, c’est de sauver des vies », conclut Gaétan Malette.