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Services en français à Markham: la balle dans le camp des francophones

Crédit image: Ville de Markham

MARKHAM – Dès le 1er juillet, les services en français seront obligatoirement disponibles dans les lieux où des services du gouvernement provincial sont offerts. L’Association des francophones de la région de York (AFRY) a marqué le coup, vendredi, mais l’absence de représentants politiques n’est pas passée inaperçue.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«On n’est pas ici pour annoncer une désignation du mandarin ou du cantonais à Markham, on est là pour le français. La communauté francophone n’est pas la plus nombreuse, mais elle a réussi à obtenir cette reconnaissance», a lancé avec fierté Nathalie Pelletier, présidente de l’AFRY, en marge d’une conférence de presse de son organisme pour confirmer la désignation de Markham en vertu de la Loi sur les services en français.

Mais il reste un grand défi, insiste la directrice de l’organisme, Nadia Martins. «Il faut que les citoyens demandent leurs services en français! Le gouvernement et les ministères ont travaillé fort pour les développer, c’est à notre tour de les demander!», affirme-t-elle. «C’est un droit que les Franco-Ontariens de Markham ont dorénavant», ajoute-t-elle.

Nathalie Pelletier, la présidente de l’AFRY. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

Si la fierté des membres de l’organisme franco-ontarien se lisait sur leurs visages, l’absence de tout représentant politique du niveau municipal et provincial –pourtant invités – était aussi bien visible.

«Il y a des raisons qu’on ne connaît pas et qui nous dépassent. Ça aurait été idéal que les élus soient là, mais en tout cas, ils nous soutiennent», a soutenu Nathalie Pelletier, résignée.

Fait encore plus surprenant: la conférence de presse de vendredi devait initialement se dérouler à l’hôtel de Ville de Markham. Et en présence du maire de la Ville, Frank Scarpitti. La Ville a annulé à la dernière minute sa participation.

 

Le maire de Markham se défend

#ONfr a été rencontrer le premier magistrat de Markham à l’hôtel de Ville. Le maire de Markham, Frank Scarpitti, affirme ne pas avoir été informé personnellement des engagements de la Ville envers l’organisme franco-ontarien. Il dit que s’il avait été informé de l’événement, il y aurait pris part.

La désignation ne force pas la Ville de Markham à offrir des services en français. Elle ne concerne que les services de la province. Mais le maire a appuyé la démarche en écrivant une lettre au gouvernement. «Je voyais le mérite dans leur demande d’accroître les services en français dans notre région. C’était une demande simple qui pouvait améliorer la vie des francophones», a-t-il fait savoir.

Le maire de Markham, Frank Scarpitti. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

Le maire de Markham assure que sa Ville «fait son possible» pour répondre aux besoins des francophones. La Ville offre des services de traduction, dit-il. M. Scarpitti rappelle qu’une levée du drapeau franco-ontarien se déroule chaque année à Markham et il croit que la population francophone prendra de l’ampleur avec la popularité des programmes d’immersion.

 

Plus de services dans plusieurs sphères

Les citoyens de Markham verront une différence à partir du 1er juillet dans le nombre et la qualité des services en français disponibles de la province sur le territoire, selon l’AFRY.

«Et ce ne sera pas seulement les gens de Markham qui vont en bénéficier. Disons qu’un service à l’intention des citoyens de Markham est offert ailleurs dans la région de York, alors on peut s’attendre à des services en français là aussi», souligne Nadia Martins.

Une dizaine d’organismes provinciaux sont présents à Markham, qu’il s’agisse de la Régie des Alcools de l’Ontario (LCBO), le ministère des Services à l’Enfance et à la jeunesse et les services sociaux de l’Ontario. On y compte également un bureau de Service Ontario.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.