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Shirley MacLean nommée commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick

Temps de lecture : 3 minutes

FREDERICTON – Après plus d’un an d’intérim, Michel Carrier cède sa place à une commissaire aux langues officielles permanente. L’avocate anglophone, Shirley MacLean sera la nouvelle commissaire pour un mandat de sept ans.

Membre du barreau du Nouveau-Brunswick depuis 1991, Shirley MacLean a été choisie par l’Assemblée législative pour prendre le relais de Michel Carrier. L’avocate anglophone, bilingue, succède ainsi de manière permanente à Katherine d’Entremont qui avait quitté son poste en juillet 2018.

Pour assurer l’intérim, le gouvernement de Blaine Higgs avait rappelé l’ancien commissaire de 2008 à 2013, Michel Carrier, et avait même prolongé son mandat au-delà de ce qui est prévu dans la Loi sur les langues officielles de la province.

« Cela a conduit à une fragilisation du poste de commissaire, tout comme la décision du comité de sélection de se saborder. J’espère et crois que Mme MacLean pourra ramener l’indépendance et la légitimité de ce poste », commente l’avocat spécialisé en droits linguistiques, Michel Doucet.

Mme MacLean occupait jusqu’ici le poste de directrice adjointe et de registraire des plaintes du Barreau du Nouveau-Brunswick. Si elle ne possède pas d’expérience en matière de droits linguistiques, M. Doucet juge son profil intéressant.

« C’est une bonne nomination ! Et même si elle n’a pas d’expérience en droits linguistiques, c’était aussi le cas de M. Carrier et, dans une certaine mesure, de Mme d’Entremont, qui ont pourtant fait de bons commissaires. C’est également une bonne chose que ce soit une anglophone qui ait été choisie, car cela démontre à la population du Nouveau-Brunswick que le Commissariat aux langues officielles n’est pas la chasse gardée des francophones », juge M. Doucet qui verrait d’ailleurs d’un bon œil qu’une alternance soit mise en place.

La SANB salue l’arrivée de Mme MacLean

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) s’est réjouie de la nomination de Mme MacLean, estimant que cette dernière « semble détenir les compétences nécessaires pour exercer avec brio ce poste crucial au maintien des acquis et au développement continu de la communauté acadienne et francophone de la province ».

L’organisme souligne que Mme MacLean a joué un rôle important quant au développement du bilinguisme au sein du Barreau du Nouveau-Brunswick, « ce qui risque de lui donner une perspective intéressante quant à l’implémentation de la Loi sur les langues officielles dans la province ».

« Après un long processus marqué de nombreuses péripéties, la SANB est contente que le processus de nomination de la prochaine commissaire aux langues officielles soit enfin terminé », commente Robert Melanson, président de la SANB par voie de communiqué. « La SANB a hâte de rencontrer Mme McLean afin de connaitre sa vision pour les langues officielles et pour l’aménagement linguistique du territoire au Nouveau-Brunswick, surtout suite à cette année marquée des dossiers très sensibles sur le plan linguistique. Enfin, la SANB verrait très bien qu’une de ses premières actions serait de mettre sur pied une étude approfondie de l’état du bilinguisme chez les ordres professionnels de la province. »

Tâche difficile

La tâche de Mme MacLean s’annonce toutefois difficile dans une province marquée par des divisions sur la question linguistique avec l’entrée à l’Assemblée législative du parti antibilinguisme, l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick. Le parti de Kris Austin a d’ailleurs voté contre sa nomination.


« C’est une mission nécessaire, mais que je ne lui envie pas. Il faut avoir une âme de missionnaire pour être commissaire » – Michel Doucet, spécialiste des droits linguistiques


« Ce n’est pas mauvais que ce soit une anglophone qui puisse parler de l’importance des langues officielles et des bienfaits du bilinguisme, même si c’est aussi le rôle du gouvernement et des partis politiques. Elle va pouvoir déboulonner des mythes. Mme d’Entremont avait fait un gros travail à cet égard, mais certains mythes sont bien ancrés. Peut-être que le fait d’être anglophone, d’avoir appris le français sur le tard, rendra la discussion plus facile. Ça lui donne une légère avance par rapport à M. Carrier et Mme d’Entremont », pense M. Doucet.

Dans ce contexte difficile, elle devra également prioriser le mandat principal du Commissariat qui est de faire respecter la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick au sein du gouvernement et des institutions.

« Le gouvernement Higgs aimerait aussi qu’elle se fasse la championne de l’immersion, mais le Commissariat n’a pas les ressources ni l’expertise pour ça. Même si la promotion du bilinguisme fait partie de sa mission, il doit avant tout être le chien de garde des droits prévus dans la Loi. »

Cet article a été mis à jour le 22 novembre à 13h30.

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