Passer au contenu Passer au pied de page

Tests et traçage : la contre-attaque sanitaire se met péniblement en marche

Temps de lecture : 4 minutes

Les premiers ministres Ford et Trudeau l’ont martelé en conférence de presse, l’issue de la bataille contre la COVID-19 se jouera sur la capacité des provinces à tracer efficacement les Canadiens exposés au virus. En ligne de mire : éviter à tout prix une seconde vague, alors que le nombre de tests ralentit en Ontario.

« Notre gouvernement a formé des employés fédéraux capables d’effectuer 3 600 appels par jour, sept jours sur sept », a déclaré Justin Trudeau. « Ils sont prêts à retrouver les gens exposés au virus à travers le pays. »

Le premier ministre canadien a plaidé pour une augmentation de la capacité de dépistage et de traçage afin de détecter et isoler le plus vite possible les nouveaux cas. Derrière cette annonce, le gouvernement redoute une deuxième vague épidémique.

1 700 intervieweurs de Statistique Canada sont d’ores et déjà libérés pour renforcer le dispositif avec une force de frappe de 20 000 appels par jour.

2 000 agents traceurs en Ontario et bientôt une application

Mais pour l’heure, seul l’Ontario a demandé et accepté l’aide fédérale. En conférence de presse, Doug Ford a parlé de 2 000 agents chargés, en Ontario, de tracer les personnes en contact avec des malades et évoqué le chiffre de 224 agents détachés par le gouvernement fédéral.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, est cependant restée très évasive sur le dispositif, son efficacité et son renforcement en cas de regain épidémique.

« Avoir ces ressources manuelles est important, mais on recherche la bonne application pour aller plus loin. »

La ministre de la Santé Christine Elliott. Capture écran ONFR+

Une table de concertation interprovinciale doit en effet permettre de cibler une application en mesure d’accélérer le traçage et le partage de données de chaque province et territoire sur la propagation du virus.

Plus de détection et de traçage sont les conditions sine qua non d’une « réouverture de l’économie sécuritaire », a prévenu Justin Trudeau, plaidant pour une approche coordonnée basée sur la science.

« On travaille de près avec l’Ontario, mais on est là pour les autres provinces et territoires dans leurs besoins. On sera là pour appuyer, faciliter et financer ce travail », a-t-il affirmé.

Tensions politiques sur le retour à la Chambre des communes

Le premier ministre du Canada a essuyé, un peu plus tôt, une nouvelle salve de critiques du chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Andrew Scheer, à l’origine d’une motion pour un retour en personne, en chambre, lundi prochain.

« On veut retourner à un calendrier normal, avec des séances en personne », a-t-il insisté.

S’il affirme ne pas être hostile à un système hybride, qui mélangerait débats physiques et virtuels, il prône un fonctionnement à 50 députés, cinq jours par semaine, une option plus à même, selon lui, d’exercer une pression sur la majorité.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada. Capture écran ONFR+

« Le gouvernement a réagi très lentement », a dénoncé M. Scheer. « On a souligné des failles et beaucoup de problèmes n’ont pas été résolus. On va continuer à faire pression pour que le gouvernement corrige ses erreurs. (…) Nous avons besoin de plus de lois. Les libéraux ont reconnu des lacunes. Nous sommes à la fin du mois de mai, les Canadiens n’ont plus de temps ni de moyens pour traverser cette crise. »

Plus de 2000 morts en Ontario : le manque de tests agace l’opposition

▶️ 441 cas et 28 décès de plus en Ontario
▶️ 24 628 cas au total (81 765 au Canada)
▶️ 2 021 décès en Ontario (6 180 au Canada)
▶️ 961 hospitalisés, 153 en soins intensifs
▶️ 588 958 tests en Ontario, dont 5 516 en attente de résultats

En Ontario, le nombre de cas est passé de 24 187 à 24 628. Dans le sillage de cette hausse de 441 cas, la Santé publique provinciale a enregistré 28 décès supplémentaires, portant le total à 2 021 morts. À peine 11 000 tests ont été réalisés ces dernières 24 heures.

La chef de l’opposition officielle, Andrea Horwath a réclamé un coup d’accélérateur dans le dépistage en Ontario, avec des tests systématiques pour les travailleurs essentiels et les personnes qui retournent au travail, ainsi que des centres de test mobiles pour commencer des tests communautaires aléatoires.

« Le faible nombre de tests met en danger la santé des gens et met en danger la réouverture économique de l’Ontario », a déclaré la leader néo-démocrate.

 Dr Howard Njoo, administrateur adjoint de la santé publique du Canada. Capture écran ONFR+

Dans contexte de desserrement des mesures de confinement, le sous-administrateur en chef de la santé publique, Howard Njoo, a averti qu’il ne fallait pas « sous-estimer la gravité de la situation en continuant la distanciation physique et à se laver les mains fréquemment ».

Un message martelé aussi par ses confrères provinciaux qui recommandent le port du masque non médical lorsque la distanciation physique est impossible. « Nous devons nous protéger les uns des autres », a signifié le Dr Njoo, encourageant chacun à sortir de chez soi, ce week-end, tout en gardant à l’esprit les gestes essentiels.

Doug Ford soutient les apprentis

La province a, dans le même temps, investi dans un portail de consultation et de formation en ligne, pour soutenir les travailleurs d’accueil mis à pied et sans emploi.

« Le centre d’action virtuel de l’Ontario aidera les apprentis en leur accordant des subventions pour acheter des outils, de l’équipement de protection et des vêtements », a détaillé M. Ford, au côté de son ministre du Travail, de la Formation et du Développement des compétences, Monte McNaughton.

A la clé, une subvention de 2,5 millions de dollars en 2020-2021 et 7,5 millions de dollars en 2021-2022, soit 1 000 $ pour les apprentis de l’énergie motrice, 600 $ pour les métiers du bâtiment et du secteur industriel et 400 $ pour les métiers des services.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !
1+