Une initiative citoyenne de partage alimentaire voit le jour à Casselman
CASSELMAN – Un projet pilote de garde-manger communautaire autonome est inauguré ce lundi à Casselman. Née d’une collaboration entre une citoyenne et la mairesse de la municipalité, cette initiative locale aspire à devenir le modèle d’un futur réseau de partage alimentaire à l’échelle de l’Est ontarien.
À l’origine du projet, Brittany Octeau, gérante de la pharmacie locale, a publié un message sur les réseaux sociaux pour évaluer l’intérêt de la population envers la création d’un espace de partage de denrées.
« Avant, je suivais beaucoup ce que faisaient les banques alimentaires », indique Mme Octeau en entrevue avec ONFR. Tout en saluant leur apport, elle a relevé certaines contraintes structurelles.
« Elles ne sont ouvertes que trois jours par semaine, avec des horaires restreints. Parfois, les gens ont un besoin immédiat, le soir même, et ils doivent attendre l’ouverture. » Elle ajoute que les critères d’admissibilité basés sur les preuves de revenus peuvent également limiter l’accès pour certains résidents.
L’idée a germé après qu’une citoyenne a observé un modèle similaire à Embrun. En tant que directrice de la pharmacie locale, elle a rapidement identifié les besoins grandissants à Casselman, notamment chez les personnes à faible revenu, les personnes en situation d’itinérance et les familles de la région.

« Je voulais quelque chose d’accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, de jour comme de nuit, si quelqu’un est dans le besoin », explique la promotrice du projet, qui a trouvé un terrain d’entente pour installer la structure derrière son commerce.
Après une simple publication sur les réseaux sociaux pour évaluer l’intérêt de la communauté, la mairesse de la municipalité, Geneviève Lajoie, a personnellement pris le dossier en main pour valider les aspects juridiques et salubres auprès des services de réglementation.
Mme Lajoie, a pris connaissance de l’initiative de Mme Octeau alors qu’elle recherchait des données sur la situation socio-économique locale.
« J’ai vu le message de cette dame. Au début, j’ai tenté de la contacter pour obtenir les coordonnées des entrepreneurs et des citoyens inquiets dont elle parlait afin de prendre le pouls de la situation, explique la mairesse Lajoie. Elle n’avait pas de contacts précis à me donner, mais à partir de là, je me suis dit : « Je vais t’en faire une, de boîte ». »
Conçu par la mairesse et son mari
La mairesse et son conjoint ont pris en charge la construction et le financement de la structure en bois durant la fin de semaine.
« Mon conjoint et moi, on l’a bâtie et on l’a payée de nos poches », précise l’élue ajoutant que la boîte obtenue s’avère deux fois plus grande qu’initialement prévue.
Aménagée à proximité du supermarché et de la pharmacie, la structure fonctionnera en libre-service continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le principe repose sur le don volontaire et l’anonymat : les citoyens qui le souhaitent y déposent des denrées, et ceux qui en ont besoin se servent gratuitement.
Le garde-manger accueillera uniquement des produits non périssables, tels que des conserves ou des aliments emballés. Brittany Octeau prévoit aussi d’y laisser de l’eau et des collations pour les élèves du secondaire.
Comme l’infrastructure repose sur une propriété privée, la Ville n’impose aucune contrainte administrative, laissant la responsabilité de l’entretien et de la salubrité aux partenaires locaux. « Le processus pour démarrer a finalement été très simple », se réjouit la résidente qui assurera la supervision du site et complétera l’approvisionnement si nécessaire.

Vers une proposition aux Comtés unis
L’inauguration officielle, marquée par une coupure de ruban, aura lieu la semaine prochaine. Pour la mairesse Geneviève Lajoie, cette première boîte constitue une phase d’expérimentation avant d’envisager un déploiement à plus grande échelle.
« Ce projet-là va nous servir de test pour montrer aux autres municipalités que ça fonctionne », affirme Mme Lajoie.
Une fois les résultats de ce projet pilote analysés, la mairesse prévoit d’accompagner le groupe de citoyens mobilisés afin de structurer une délégation officielle. Démarche subséquente : présenter une proposition formelle devant le conseil des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR).
« Le but, c’est d’aller dire aux CUPR : « On veut que vous nous souteniez pour établir un réseau régional de garde-mangers communautaires », expose Geneviève Lajoie. Nous allons demander aux Comtés unis d’investir un montant minimal, environ 5000 $, pour développer un système de réseau qu’on pourra suivre en ligne. Ce serait directement intégré sur leur site Web, dans la section des services sociaux. »
Dans l’immédiat, la municipalité invite les résidents à participer à l’inauguration de la semaine prochaine en y apportant des denrées non périssables ou des contributions financières pour lancer le roulement du stock.