Une Ligue citoyenne se forme à Hawkesbury pour plus de transparence municipale
HAWKESBURY— Une initiative citoyenne voit le jour à Hawkesbury, dans l’Est ontarien, avec la création de la Ligue du réveil civique de Hawkesbury (LLRC). Le regroupement vise à renforcer la transparence et la reddition de comptes au sein du conseil municipal.
« Je vis à Hawkesbury depuis plus de trente ans, et j’ai constaté que la ville n’a pas vraiment évolué, que la population est restée autour de dix mille habitants depuis des décennies », explique Michael MacDonald, fondateur de la Ligue.
Mais c’est surtout ce qu’il dénonce comme étant un manque de transparence de la part de la municipalité qui a mené à ce geste.
Le francophone souligne qu’après avoir fait des recherches et discuté avec plusieurs acteurs économiques de la ville, il en a conclu que plusieurs décisions se faisaient de manière opaque : « C’était tout en secret. Le maire et les conseillers agissent souvent seuls, sans demander l’avis des citoyens. »
La Ligue du réveil civique n’est pas une nouvelle idée. M. MacDonald rappelle qu’un groupe similaire existait dans les années 1960, visant déjà à défendre les droits des citoyens et à assurer la responsabilité des élus.
« J’ai voulu reprendre cette vision », dit-il, rappelant que des élections municipales se tiendront en automne prochain. « On veut que le conseil municipal comprenne que nous, citoyens, suivons de près leurs actions. »
Rumeurs autour d’Hydro Hawkesbury
L’élément déclencheur a été cette rumeur naissante selon laquelle la municipalité envisagerait de vendre Hydro Hawkesbury.
« Quand j’ai entendu ça, j’ai cru que c’était impossible : notre deuxième plus gros revenu à Hawkesbury était en train d’être vendu, sans que la population soit consultée. »
M. Macdonald dit avoir eu une discussion avec le maire qui lui aurait confié ne pas pouvoir s’exprimer sur le sujet. ONFR a tenté de rejoindre le maire de Hawkesbury, Robert Lefebvre, pour obtenir une confirmation, mais n’a pas reçu de réponse. Dans une entrevue qu’il a accordée plus tôt au journal local anglophone The Review, il précisait, sans confirmer la rumeur, que ce genre de transaction, si elle se confirmait, devrait impérativement passer par le conseil municipal.
Le citoyen s’inquiète aussi de l’élargissement des pouvoirs des maires octroyé par la province. Toutefois, Michael Macdonald insiste : la LLRC n’est pas vouée à devenir un parti politique, et ne présentera aucun candidat lors des prochaines élections.
Après une première réunion à la mi-décembre et qui a rassemblé une trentaine de personnes, le groupe en tiendra une autre dans quelques jours, cette dernière aurait déjà suscité l’intérêt de plus de 75 personnes.
« Dès la première rencontre, nous avons été clairs : la Ligue n’existe pas pour attaquer le maire ou les conseillers. Ce n’est pas un groupe de contestation, mais un organisme citoyen qui vise à rappeler aux élus leurs responsabilités et leurs obligations envers la population. »
Mousser l’intérêt civique des citoyens
Cédrik Tremblay, natif de Hawkesbury, a aussi choisi de s’impliquer, car il estime qu’il est nécessaire pour les citoyens de s’intéresser à la politique municipale.
« L’idée est simple : commencez par assister aux réunions, posez des questions et montrez votre intérêt », explique-t-il en ajoutant souhaiter que les citoyens sortent du confort de l’anonymat permis par internet et pouvant parfois favoriser la désinformation.
Celui qui réalise des vidéos en ligne visant à sensibiliser le public au sujet de l’actualité municipale ajoute que très peu de personnes se présentent aux séances du conseil : « Si la salle est pleine, ou même à moitié pleine, à chaque réunion, il y a forcément quelque chose qui change. Voir des visages devant soi, ça a un impact réel : on n’est plus simplement en réunion, on est face aux citoyens. »
Ceci est d’autant plus important, selon lui, en raison de la très faible qualité de retransmission des réunions virtuelles que la Ville a reconnue depuis deux ans, sans pour autant y remédier.
Encourager d’autres municipalités
La Ligue pourrait ne pas se limiter à Hawkesbury. Ses fondateurs espèrent inspirer d’autres communautés confrontées aux mêmes défis.
« Nous voulons créer un modèle que d’autres citoyens pourront reproduire », explique Michael MacDonald. « Une ville transparente et responsable n’est pas un idéal inaccessible. Elle commence par des gens qui s’intéressent vraiment aux décisions qui affectent leur quotidien. »
Pour lui, l’objectif n’est pas seulement de critiquer, mais de construire : « Nous voulons que les citoyens reprennent le contrôle de leur municipalité. Pas en s’opposant systématiquement, mais en exigeant des comptes et en participant activement. »
L’organisme recrute actuellement des bénévoles afin de mettre en place une structure bien établie à l’avenir.