La phase de consultation sur la francophonie se déroulera jusqu'à ce jeudi à l'Université d'Ottawa. Archives ONFR
Société

Université d’Ottawa : « Des programmes vont être appelés à se réinventer »

La phase de consultation sur la francophonie se déroulera jusqu'à ce jeudi à l'Université d'Ottawa. Archives ONFR

Marie-Eve Sylvestre occupe la fonction de rectrice et vice-chancelière de l’Université d’Ottawa depuis le 1er juillet 2025.

Au dernier jour des consultations sur la francophonie à l’Université d’Ottawa entamées en février dernier, l’établissement commence déjà à dégager certaines tendances, entre progrès notables dans l’offre en sciences et défis persistants pour assurer une diversité complète de cours en français.

La rectrice assure qu’il n’est pas question de supprimer des programmes, mais reconnaît que plusieurs devront être réinventés pour s’adapter à l’évolution des disciplines et du marché du travail.

« Pourquoi avoir lancé ces consultations sur la francophonie?

C’était le désir qu’on a de développer un plan d’action sur la francophonie, de faire un peu le point sur notre population étudiante, notre campus et de pouvoir développer des actions pour continuer à promouvoir la francophonie. C’était aussi dans l’état d’esprit de pouvoir développer un positionnement pour l’Université d’Ottawa. »

Dans quels secteurs l’offre en français est-elle plus fragile?

Il y a quelques années, certaines faiblesses avaient été identifiées en sciences et en génie. Depuis, on a investi massivement. On a embauché des professeurs, développé des ressources pédagogiques en français, et la situation a nettement changé. Ce que j’entends sur le campus, c’est que dans certains cas, il manque peut-être certains cours optionnels. Donc c’est au niveau de la diversité de l’offre dans certains secteurs où on peut encore s’améliorer. 

Peut-on dire que l’offre en français est maintenant complète?

On offre des cours en français dans toutes les disciplines, des sciences sociales aux arts, en passant par la médecine, le droit ou la gestion. Je pense qu’on répond tout à fait à la demande. 

Envisagez-vous de fixer des cibles chiffrées?

Je ne suis pas certaine que c’est en nombre qu’il faut établir des cibles. C’est vraiment dans la diversité des disciplines qu’on couvre et dans la qualité des programmes. 

La rectrice de l’Université d’Ottawa se dit satisfaite du taux de participation aux consultations sur la francophonie. Photo : Inès Rebei/ONFR

Comment s’est déroulée la consultation et quelles seront les prochaines étapes?

On a 800 étudiants, on visait 1000, donc on est très heureux du taux de réponse. On apprend plein de choses. On va ensuite consulter les employés, les professeurs, puis aller à l’externe. On va se déplacer dans plusieurs régions en Ontario, au Québec, ailleurs au Canada, puis possiblement à l’international pour vraiment voir les attentes qu’il y a envers nous et comment on peut appuyer d’autres institutions en milieu minoritaire. 

Et maintenant, à quoi doit-on s’attendre?

Il va y avoir des recommandations très claires dans chacun des piliers. On va les mettre en œuvre et ça va certainement vouloir dire un certain nombre d’investissements. Pour les programmes, pour l’appui à la mission francophone, on a eu des bonnes nouvelles du gouvernement de l’Ontario au niveau du réinvestissement dans les universités. 

Certains programmes francophones qui n’étaient pas financés vont maintenant l’être, comme notre programme de pharmacie, le premier programme de pharmacie en français hors Québec qu’on a lancé il y a trois ans sans financement. Ça va nous permettre de soutenir cette mission-là, parce que dans le passé, on lançait des programmes sans avoir toujours la structure financière pour le faire.

Craignez-vous des compressions comme ailleurs au pays?

Non. Quand on a commencé la revitalisation des programmes, notre objectif, ce n’était pas de les couper. C’est de rendre les programmes attractifs, de répondre aux besoins des étudiants et de la société. On sait qu’en Ontario français, si on n’offre pas certains programmes, il n’y a pas d’autres institutions qui sont en mesure de le faire. Donc on sent une responsabilité de continuer à jouer ce rôle de leader. 

Donc aucun programme ne sera supprimé?

Il y a des programmes qui vont être appelés à se réinventer. Les disciplines évoluent, les attentes aussi. Il y a une hausse incroyable en sciences de la santé et en sciences et technologie. On a pris 400 étudiants de plus en français dans certains secteurs. Et du côté des arts et des humanités, il y a une baisse des inscriptions, mais c’est vraiment important pour moi d’appuyer les arts et les humanités. Ces compétences sont fondamentales. Quand on parle aux employeurs, on insiste sur l’importance d’avoir des gens créatifs, avec du jugement critique et de bonnes capacités de communication. 

Comment comptez-vous les valoriser?

Possiblement en développant des programmes conjoints avec les sciences et les technologies, pour mieux répondre aux réalités actuelles. 

En terminant, dans un autre dossier, où en est-on concernant le poste de vice-recteur à l’International et à la Francophonie, vacant depuis plus d’un an?

Oui, le processus est en cours. Nous sommes actuellement en entrevue. Dans les prochaines semaines, il y aura des développements. »