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Vance Badawey réduit son avance dans Niagara Centre

Temps de lecture : 6 minutes

Le député libéral sortant, Vance Badawey, est talonné par la conservatrice April Jeffs. Un retour du néo-démocrate, Malcolm Allen, semble difficilement réalisable. Aux affaires de 2008 à 2015, le candidat du Nouveau Parti démocratique (NPD) est distancé dans les intentions de vote. L’électorat francophone, qui avoisine les 6 %, aura son mot à dire.

LE CONTEXTE

April Jeffs, du Parti conservateur du Canada (PCC), ambitionne de remporter la circonscription et d’en faire un trait d’union entre les deux voisines de la Péninsule, Niagara Falls et Niagara Ouest, traditionnellement conservatrices. L’ancienne maire de Wainfleet mise sur l’usure des électeurs après quatre années au pouvoir du Parti libéral du Canada (PLC) et la promesse d’un changement de cap.

De son côté, Malcolm Allen, du NPD, défait de justesse en 2015 alors qu’il briguait un troisième mandat, croit encore à un retour gagnant.

« Nous offrons une alternative d’expérience aux partis de l’establishment », affirme-t-il. « Les gens me connaissent. Ils savent que je peux faire avancer les choses et demander des comptes à ceux qui sont au pouvoir. Il n’y a aura pas de Trudeaumania II, car il est clair que notre premier ministre actuel se soucie davantage de son parti et des riches. »

La circonscription inclut Welland, Port Colborne, Wainfleet, Thorold et la partie sud de St. Catharines. Source : Élections Canada

Le libéral Vance Badawey conserve néanmoins son statut de favori, selon les projections du site Qc125, avec 35 % de projections de vote, contre 30 % en faveur du Parti conservateur et 20 % pour le NPD. L’ancien maire de Port Colborne surfe sur les retombées économiques consécutives aux investissements fédéraux réalisés dans la région, autour de 450 millions de dollars, principalement dans les infrastructures.

Le député sortant profite parallèlement de l’impopularité de la politique du premier ministre de l’Ontario, associée à ce que pourrait donner l’élection d’un gouvernement conservateur dans l’ensemble du Canada, le 21 octobre.

« Doug Ford a sabré dans les soutiens et les services sur lesquels comptent le plus les Ontariens. Les politiques et les actions du gouvernement provincial préfigurent ce qu’Andrew Scheer, un partisan de Doug Ford, ferait à l’échelle nationale », assure M. Badawey.

Deux autres choix se présenteront aux électeurs : le bulletin vert de Michael Tomaino et le bulletin populaire d’Andrew Sainz-Nieto.

ENJEUX

Le coût de la vie est un des enjeux de la campagne. Longtemps à l’abri de la spéculation immobilière et de l’inflation, la région connaît une hausse régulière des prix, plus rapide que celle des revenus.

Renvoyant dos à dos ses rivaux politiques, le candidat néo-démocrate se veut la voix des « gens ordinaires » et plaide pour une hausse du niveau de vie.

« Les familles ont du mal à joindre les deux bouts », lance-t-il. « Nous avons besoin d’emplois bien rémunérés dans les secteurs d’avenir : changement climatique, logement abordable, garde d’enfants et transports en commun », détaille-t-il.

Et d’ajouter : « Nous devons réduire le fardeau de la dette des étudiants, rendre les médicaments sur ordonnance accessibles à tous, construire de nouveaux logements à un prix abordable et investir dans de bons emplois bénéfiques pour la planète. »

Malcolm Allen, April Jeffs, Vance Badawey et Michael Tomaino. Montage ONFR+

L’emploi est en effet l’autre sujet sensible dans la Péninsule sur lequel insiste la conservatrice April Jeffs. Elle considère que les libéraux n’en ont pas assez fait.

« Niagara Centre souffre depuis de nombreuses années d’un manque de financement et d’emplois », reconnaît le député sortant Vance Badawey. « Ce que j’entends le plus aux portes, c’est le besoin de soutien supplémentaire, que ce soit pour les personnes âgées, les soins de santé ou les possibilités d’éducation pour les jeunes. »

« Si nous sommes réélus », promet-il, « nous augmenterons la Sécurité de la vieillesse et les Canadiens auront accès à un réseau de médecins de famille et à un système national d’assurance-médicaments. Nous investirons 100 millions de dollars supplémentaires en formation professionnelle », assure-t-il, renouvelant son soutien au Collège Niagara.

Vance Badawey s’engage par ailleurs sur trois priorités : le remplacement du pont de Dain City, la création d’un corridor de la péninsule centrale pour réduire le trafic sur l’autoroute Queen Elizabeth et le développement des services en français.

La campagne passe par la francophonie

Pas étonnant que la francophonie se glisse dans les promesses électorales dans une circonscription historiquement francophone. Inutile cependant de chercher un candidat francophone. Il n’y en a pas. Mais tous se disent attentifs à cette frange électorale qui constitue un peu plus de 6 % de la population.

« Il n’y a pas beaucoup de régions en dehors du Québec et du Nouveau-Brunswick qui ont autant de francophones que nous ici », souligne le candidat libéral. « C’est vraiment quelque chose à préserver. »

C’est aussi l’intention de M. Allen : « Un grand nombre de problèmes qui touchent les francophones concernent l’éducation, les études postsecondaires et les soins de santé », analyse-t-il. « Des questions telles que le financement de Radio-Canada et la promotion de contenu en français relèvent directement de la compétence fédérale. »

« Le gouvernement fédéral doit faire pression sur les gouvernements provinciaux dans tous les domaines », ajoute-t-il, « y compris ceux qui revêtent une importance pour les francophones du Niagara. Ils ont le droit de recevoir des services dans leur langue officielle », martèle le néo-démocrate.

Malcolm Allen, candidat du NPD et ancien député de Niagara Centre. Source : Facebook

« Le Parti libéral a toujours été un champion des droits linguistiques et des droits des minorités au Canada », rétorque M. Badawey. « En 2018, notre gouvernement a adopté le Plan d’action pour les langues officielles pour renforcer l’accès aux services et promouvoir le bilinguisme au Canada. Il a également supervisé la nomination de juges bilingues à la Cour suprême et financé l’Université de l’Ontario français », dit-il, s’engageant à moderniser la Loi sur les langues officielles s’il est réélu.

S’ils se disputent le statut de champion de la francophonie, MM. Badawey et Allen s’entendent sur un point : l’effet des politiques de Doug Ford sur les Franco-Ontariens est un boulet pour la candidate du Parti conservateur.

« La province perdra plus de 10 000 postes d’enseignants au cours des cinq prochaines années. Cela s’ajoute aux coupures dans les soins de santé, les programmes pour les jeunes, l’environnement et la recherche », dénonce Malcolm Allen. « Le plus frustrant a été ses coupures dans la communauté franco-ontarienne dans son budget de novembre. »

LES PRINCIPAUX CANDIDATS

Vance Badawey, Parti libéral du Canada

April Jeffs*, Parti conservateur du Canada

Malcolm Allen, Nouveau Parti démocratique

Michael Tomaino*, Parti vert du Canada

Andrew Sainz-Nieto*, Parti populaire du Canada


LA CIRCONSCRIPTION EN BREF

Nom : Niagara Centre

Population (2016) : 109 067

Électeurs inscrits : 83 799

Revenu médian des ménages : 38 460 $ 

Proportion de francophones (selon la première langue officielle parlée, déclarée dans le recensement de 2016) : 6 %

Député sortant : Vance Badawey, Parti libéral du Canada, depuis 2015

*Les candidats des partis conservateur, vert et populaire n’ont pas donné suite à nos demandes d’entrevue avant la publication de cet article.

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