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50 bougies et 1000 projets pour le Centre francophone Hamilton

Temps de lecture : 4 minutes

HAMILTON – Le Centre francophone Hamilton (CFH) a eu 50 ans le 1er novembre. Cet anniversaire sera souligné avec les membres lors de l’assemblée générale annuelle, puis avec toute la population au moyen de diverses activités, dont le prochain FrancoFEST, de retour au parc Gage en juin. Nous avons rencontré les directrices générales actuelle et sortante, Julie Jardel et Lisa Breton, ainsi qu’une artiste bénévole impliquée depuis longtemps au CFH, Nadine Marais, pour nous parler du centre et de son importance.

Sur le papier, la mission du CFH est de « favoriser le développement et l’épanouissement des francophones et francophiles d’Hamilton et sa grande région ». Concrètement, on y offre des services variés comme des camps d’été pour les jeunes, des programmes pour les aînés, de l’aide pour les nouveaux arrivants, des services socioéconomiques ou des événements et clubs artistiques et culturels.

Un organisme par et pour la communauté

L’implication bénévole est à la base de toutes les activités du CFH. La communauté est constamment consultée afin d’évaluer la pertinence des activités organisées. Bon nombre de projets ont été créés directement à partir de l’idée de citoyens. Julie Jardel nomme le comité LGBTQIA en exemple.

« L’idée, c’est que les bénévoles s’impliquent dans un projet qui leur tient à cœur personnellement, qu’ils ont envie de monter. Nous, on leur donne les ressources dont ils ont besoin ».

Jean-Rock Boutin, membre fondateur du comité LGBTQIA, Julie Jardel, directrice générale et Joël Anthony Forget, président du CFH. Crédit image : Centre francophone Hamilton

Le FrancoFEST, plus gros événement annuel du CFH, est également organisé par un comité permanent de bénévoles, qui vont recruter à leur tour ceux qui viendront aider de façon périodique pour le festival. Selon Nadine Marais, les nouveaux arrivants ont tout à gagner à se rendre au centre :

« Quand on arrive dans une ville comme Hamilton, on est un peu perdu en tant que francophone (…). Déjà, le centre nous offre des activités et puis, quand on s’implique en tant que bénévole, on rencontre des gens, on tisse un réseau amical ou professionnel, et ça, c’est très important. Ça nous donne des repères. »

FrancoFEST 2019. Crédit image : Centre francophone Hamilton.

Lisa Breton souligne la réciprocité de la relation. « C’est un pôle de rassemblement pour les bénévoles, et sans les bénévoles, il n’y a pas de centre. On est interdépendants. L’organisme existe grâce à ses bénévoles. »

Un peu d’histoire

Au début des années 1970, de nouveaux résidents de la région d’Hamilton, surtout d’origine québécoise, constatent le manque de services dans leur langue. Ce sont eux qui créeront le Centre français d’Hamilton, qui porte aujourd’hui le nom de Centre francophone Hamilton.

Photo d’archive d’une activité au Centre français d’Hamilton. Crédit image : Centre francophone Hamilton

Vers la fin des années 90, beaucoup d’immigrants originaires d’Afrique de l’Ouest débarquent en Ontario. Lisa Breton explique que leur présence redonnera un nouveau souffle à la communauté francophone :

« Dans le temps, c’était une façon de protéger la langue et la culture. On avait tellement peur de s’assimiler à la communauté anglophone qu’on s’isolait du reste de la ville. Donc, quand on a vu cet apport riche en culture des pays de l’Afrique de l’Ouest, les activités se sont adaptées, car on voulait intégrer cette culture dans la programmation. »

Plus récemment, ce sont les immigrants arrivés d’Europe qui ont enrichi la communauté francophone et influencé les activités du CFH.

Quand la pandémie s’en mêle

Le CFH a encore une fois prouvé son importance dans les 20 derniers mois. Le système de financement par projets et la bonne relation avec les bailleurs de fonds permettent de réagir rapidement aux changements. Julie Jardel précise :

« On avait déjà cette habitude de s’adapter rapidement à des changements au niveau de notre environnement, soit économique, soit politique. Au niveau des financements qui arrivent, qui s’assèchent ou qui sont augmentés d’une année à l’autre (…), on a donc été capables de rebondir comme ça, puis de se reposer sur la force notre communauté pour le faire. »

Atelier d’art en ligne donné par Nadine Marais et Vaughn Bénéteau en décembre 2020. Crédit image : Centre francophone Hamilton

Des outils technologiques ont été mis à la disposition des bénévoles. Des tablettes électroniques ont été distribuées à la population aînée, en collaboration avec la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO). Aujourd’hui, des aînés de partout dans la province participent aux rencontres virtuelles du CFH. D’autre part, le FrancoFEST fut l’un des premiers festivals ontariens à avoir sa version virtuelle, en juin 2020.

La culture au premier plan

Le CFH étant le premier organisme francophone de la région, il se concentrait au départ à donner des services de base en français et à offrir une aide administrative aux autres organismes fondés par la suite. Aujourd’hui, la communauté francophone de la ville de l’acier compte trois écoles primaires, deux écoles secondaires et un centre de santé, en plus de bénéficier des services de différentes institutions comme l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO). Cette vitalité permet au CFH de répondre à d’autres besoins, entre autres en élargissant l’offre culturelle dans la langue de Molière.

Des jeunes impliqués lors du Jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes. Crédit image : Centre francophone Hamilton.

Pour les responsables, il est important de tendre la main aux organismes anglophones afin de les inciter à développer des services bilingues. Il faut aussi continuellement développer la vitalité de la communauté francophone, puisque plusieurs personnes ne réalisent pas encore sa présence. Le but est de rapprocher les communautés et de cultiver la fierté franco-ontarienne.

Comme le souligne Nadine Marais : « La communauté francophone n’est pas dissociable de la ville d’Hamilton. Elle est incluse dans la ville. Et le CFH est au milieu de ça. »

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