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Soccer : Florence Belzile, une première saison professionnelle prometteuse malgré une fin crève-cœur

Florence Belzile dit avoir beaucoup appris pour sa première saison pro et est déjà impatiente de faire mieux individuellement et collectivement avec le CF Rapide. Photo : CF Rapide d'Ottawa

OTTAWA – Un peu plus d’une semaine après une élimination en demi-finale de la Super Ligue du Nord (SLN) en tirs au but, Florence Belzile, l’attaquante du CF Rapide d’Ottawa revient sur une première saison professionnelle positive, qui l’a malgré tout laissée sur sa faim.

Il a fallu plusieurs jours à Florence Belzile et à ses coéquipières du CF Rapide d’Ottawa pour digérer l’élimination en demi-finale de la première saison de la SLN. Après un parcours solide conclu au deuxième rang du classement général, la défaite face à Vancouver (1-2, 2-1 puis défaite 4-3 aux tirs au but) a mis fin à une aventure aussi intense qu’enrichissante pour la jeune formation ontarienne.

« C’était très, très difficile après la demi-finale, confie la jeune attaquante de 21 ans. On était tellement proches de la finale. Tout le travail d’équipe qu’on avait accompli pendant la saison… ça nous a vraiment frappées. Mais, après coup, on s’est dit qu’on était fières de nous. Finir deuxièmes de la Ligue pour une première saison, c’est un très bel accomplissement. »

Un groupe compétitif dès la première année

Pour Ottawa, cette première saison dans la nouvelle ligue professionnelle féminine canadienne aura surtout servi à poser les bases d’une identité de jeu forte et d’un esprit collectif solide. L’équipe a rapidement trouvé son rythme, enchaînant les performances convaincantes.

« On a eu une belle saison et on est prêtes à bâtir là-dessus pour la prochaine »
— Florence Belzile

« En général, c’était super positif, pas seulement pour moi, mais pour toute l’équipe, explique la joueuse québécoise. On a eu quatre filles dans l’équipe étoile de l’année, c’est immense. On a eu la défenseure de l’année (Jyllissa Harris), l’attaquante et joueuse de l’année (DB Pridham). Ça montre à quel point on avait un bon groupe. »

Cette reconnaissance symbolise la qualité de la structure mise en place à Ottawa.

Une adaptation rapide au monde professionnel

Pour Florence Belzile, cette première saison avait une saveur particulière. Sortie des rangs universitaires américains, elle découvrait le monde professionnel pour la première fois. Son intégration s’est faite progressivement, entre apprentissage, ajustements et premières réussites.

« C’était ma première année pro, donc j’ai beaucoup appris. Je suis arrivée un mois et demi après le début de la saison parce que je venais de terminer mes études. Je n’ai pas fait la présaison, donc j’ai eu un petit retard à rattraper », explique-t-elle.

Florence Belzile a fait partie du 11 partant à neuf reprises cette saison. Photo : CF Rapide d’Ottawa

Malgré cela, l’athlète de Chicoutimi a cumulé plus de 800 minutes de jeu et neuf titularisations, inscrivant deux buts et délivrant deux passes décisives.

« C’est sûr que j’aurais aimé jouer un peu plus, mais pour une première saison, j’ai acquis énormément d’expérience. J’espère augmenter mon temps de jeu et avoir un rôle plus important l’an prochain », précise-t-elle.

Son adaptation au rythme du jeu professionnel a demandé un petit temps d’ajustement.

« L’universitaire et le pro, c’est très différent. C’est plus technique, plus rapide, et il faut réfléchir encore plus vite. Au bout d’un mois, je me suis sentie à l’aise. Après ça, tout a cliqué. »

Apprendre à dominer sans le ballon

Florence Belzile identifie surtout un aspect précis de son jeu sur lequel elle a énormément progressé : sa mobilité et sa lecture sans ballon.

« Mon mouvement sans la balle, c’est là que j’ai le plus progressé, explique-t-elle. Comment me placer, anticiper, créer des espaces, aider défensivement. C’est technique, mais c’est ce qui fait la différence à ce niveau. »

Joueuse offensive à vocation créatrice, elle espère retrouver la même efficacité que lors de ses années universitaires, où elle avait compilé 17 passes décisives lors de sa troisième saison.

« J’aime trouver mes coéquipières, créer des occasions. Deux buts et deux passes cette année, ce n’est pas à la hauteur de mes standards, donc je veux vraiment contribuer davantage à l’attaque l’an prochain. »

Une défaite au goût amer, mais pleine d’enseignements

La défaite en demi-finale face à Vancouver reste le seul vrai regret de la saison. Ottawa menait pourtant un projet solide et semblait capable d’aller jusqu’au bout.

« Voir Vancouver gagner, ça fait un peu mal, mais en même temps, on se dit qu’on a perdu contre les championnes, souligne Belzile. Et honnêtement, contre Toronto, j’étais confiante qu’on aurait gagné. On joue toujours très bien contre elles. »

Florence Belzile et les Ottaviennes étaient à deux doigts de rejoindre Toronto en finale, une équipe qui leur a bien réussi cette saison. Photo : CF Rapide d’Ottawa

Malgré la frustration, l’attaquante retient surtout la cohésion du groupe et la promesse d’un avenir stable. Selon elle, le noyau principal de l’équipe devrait être conservé pour la deuxième saison.

« Il y aura sûrement quelques mouvements entre équipes, mais je pense qu’Ottawa gardera une grosse base de joueuses. On partage les mêmes valeurs et on veut revenir encore plus fortes. »

Un impact durable pour le développement du soccer féminin

Au-delà de sa saison personnelle, Florence Belzile insiste sur l’importance de la SLN pour la visibilité et le développement du soccer féminin au Canada. Pour la joueuse comme pour plusieurs observateurs, la création de cette ligue change profondément le paysage du sport au pays.

Avant, les joueuses canadiennes devaient souvent s’expatrier vers les États-Unis ou l’Europe pour évoluer à un haut niveau. Désormais, elles peuvent jouer et se développer au Canada, devant leurs proches et avec une structure professionnelle stable. Ce nouveau modèle devrait contribuer à faire grandir le sport et renforcer le bassin de l’équipe nationale à moyen terme.

Une Québécoise pleinement adoptée par Ottawa

Originaire d’une famille québécoise mais installée depuis plusieurs années dans la capitale, Florence Belzile représente parfaitement ce lien entre les communautés francophones d’Ottawa et du Québec.

« Je dirais que je suis plus québécoise, mais j’ai vécu à Ottawa pendant cinq ans. Pour les fans, franco-ontariennes, ça marche aussi, ça me va très bien », dit-elle en riant.

Elle passera d’ailleurs l’hiver à Montréal, où elle poursuivra son entraînement avec le programme Starting Eleven avant de retrouver Ottawa au printemps.

« C’est sûr qu’on repartira avec encore plus d’expérience et de confiance. On sait maintenant à quoi s’attendre. La base est solide, et on a faim de plus », conclut-elle.