Temps des fêtes : ces travailleurs essentiels franco-ontariens qui restent au poste
OTTAWA – Alors que le temps des fêtes rime pour plusieurs avec congés, rassemblements familiaux et traditions bien ancrées, des centaines de travailleurs essentiels poursuivent leur mission, souvent loin de leurs proches. À Ottawa, des francophones œuvrant dans les services d’urgence assurent une présence continue, rappelant que les besoins de la population, eux, ne prennent pas de vacances.
Pour Florence Hall, répartitrice aux services des incendies d’Ottawa, travailler durant le temps des fêtes est une réalité relativement récente. Après une première carrière qui lui permettait de prendre congé à Noël, elle en est maintenant à sa deuxième année à travailler pendant cette période.
« C’est quelque chose qui ne me dérange pas vraiment », explique-t-elle. Avec des enfants plus âgés, ses obligations familiales ont changé.

Florence Hall souligne surtout l’ambiance particulière qui règne au centre de répartition durant Noël. « On s’organise entre collègues, on amène de la nourriture, on a plus de temps pour jaser. Il y a vraiment un esprit de famille. »
Même si certaines traditions doivent être adaptées, comme l’ouverture des cadeaux reportée au 26 décembre, Florence Hall se dit reconnaissante de pouvoir être présente pour la population, tout comme son conjoint, pompier volontaire dans la région d’Ottawa.
Chaque année durant le temps des fêtes, celui-ci est appelé à intervenir, notamment pour des accidents de la route ou des incendies résidentiels. « Les urgences, ça ne prend pas de vacances. Être là pour les gens durant un moment important de l’année, c’est un privilège. »
La caserne comme deuxième famille
Cette notion de « famille au travail » revient aussi chez Lou Laflamme, capitaine au Service des incendies d’Ottawa. Pompier depuis plus de 20 ans, il a travaillé durant Noël ou le jour de l’An à de nombreuses reprises.
« Ce n’est pas une grosse difficulté pour moi », affirme-t-il. Vivant seul, il préfère souvent passer les fêtes à la caserne, où l’ambiance se rapproche d’un réveillon.

« On mange ensemble, on se connaît depuis des années. On connaît les enfants, les conjoints. C’est vraiment une deuxième famille. »
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce dernier estime même que le travail est parfois plus calme durant les fêtes. « Il y a moins de circulation, moins d’appels liés aux milieux de travail. » Il rappelle toutefois que la vigilance demeure essentielle, notamment avec les risques liés à la cuisine et au chauffage.
Être policière pendant les fêtes
Pour Amy Gagnon, policière au Service de police d’Ottawa depuis 2012, travailler durant le temps des fêtes fait partie de la réalité du métier. Une année sur deux, elle est appelée en service à Noël ou au jour de l’An.
« Au début, ça demande une adaptation, autant pour nous que pour la famille », explique-t-elle. Les célébrations sont parfois déplacées, les cadeaux ouverts un autre jour. « Mais on trouve quand même des moments ensemble, et on les apprécie encore plus. »

Sur le terrain, les fêtes peuvent aussi être synonymes de détresse. La sergente évoque les appels liés à la solitude, aux conflits familiaux ou au deuil.
« Les gens n’arrêtent pas de vivre parce que c’est Noël. » Celle qui est rattachée à la section des contre-mesures en matière de conduite avec facultés affaiblies se souvient notamment d’un jour de l’An passé auprès d’une famille endeuillée. « Ça te rappelle pourquoi tu fais ce travail. Ta présence peut être réconfortante. »
Au sein du service de police, la solidarité est omniprésente. Décorations improvisées, échanges de gâteries et même un repas de Noël servi par la direction aux agents en service contribuent à créer un esprit de cohésion.
« C’est une façon de se rappeler qu’on est là pour servir la communauté, et qu’on se respecte entre nous. »
Avec l’aide à la recherche de Jacques-Normand Sauvé.