Ottawa : une église deviendra bientôt un pôle culturel francophone
OTTAWA – Construite en 1899, l’ancienne église de l’école secondaire catholique Saint-Jean-Baptiste va se transformer en espace culturel et événementiel francophone au cœur de la capitale. Un projet de 10 millions de dollars dont les partenariats restent à bâtir.
Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) a dévoilé mercredi sa vision du projet visant à « créer un pôle artistique et communautaire à la fine pointe, accessible, flexible et adapté aux besoins de la communauté », affirme Marc Bertrand, directeur de l’éducation du CECCE.
Selon lui, il existe une réelle demande. « Plusieurs organismes francophones peinent actuellement à trouver des espaces adaptés ou abordables pour leurs activités. » Le futur espace pourrait notamment accueillir des spectacles, des conférences, des festivals, des galas, des activités éducatives et culturelles ou encore des rencontres professionnelles.

Présente lors du dévoilement, Mélanie Routhier-Boudreau, directrice générale du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO), voit dans ce projet une occasion importante pour la communauté.
« C’est un projet novateur et visionnaire, avec une mission à la fois éducative et communautaire, le tout en français. Situé au centre-ville, il ouvre un monde de possibilités », se réjouit-elle.

Un des douze carillons fonctionnels au Canada
Le projet s’inscrit dans un processus amorcé il y a plusieurs années. Les premières discussions remontent au moment où les frères dominicains envisageaient de vendre la paroisse Saint-Jean-Baptiste et le Collège dominicain.
Le conseil scolaire a finalement acquis le bâtiment en 2024, pour un coût de plus de 10 millions de dollars. Depuis 2025, le couvent adjacent est devenu officiellement l’École catholique Saint-Jean-Baptiste. Malgré sa transformation, le projet vise à préserver plusieurs éléments patrimoniaux de l’édifice.
« Le bâtiment possède une forte valeur historique et nous voulions identifier ce qui devait absolument être conservé », soutient David Anderson, architecte chez Hobin Architecture. Le clocher fait notamment partie des éléments emblématiques à protéger.
« Il s’agit de l’un des douze carillons fonctionnels au Canada et de l’un des deux seuls à Ottawa. C’est un élément important que nous voulons mettre en valeur », fait-il observer.

Les architectes souhaitent également conserver les vitraux, les stations du chemin de croix et la pierre naturelle du bâtiment. « L’idée n’est pas d’effacer l’histoire du lieu, mais plutôt de s’en inspirer pour créer un espace culturel qui servira la communauté pour les décennies à venir », ajoute David Anderson.
À noter que le bâtiment avait déjà été reconstruit en 1931 à la suite d’un incendie.
Un projet de 10 millions de dollars
Selon les estimations des architectes, le projet représenterait un investissement d’environ 10 millions de dollars pour aménager l’espace culturel.
« Le projet prévoit notamment l’ajout d’une scène adaptée, de nouveaux espaces, d’un ascenseur, d’escaliers, de sièges pour les spectateurs et d’équipements audiovisuels suspendus pour soutenir l’éclairage et le son, entre autres », explique Rheal Labelle, partenaire et directeur du design chez Hobin Architecture.
« L’espace central pourrait être utilisé seul ou en combinaison avec le balcon, la mezzanine et d’autres sections du bâtiment. Selon la configuration, la capacité pourrait varier d’environ 200 à plus de 400 personnes », précise-t-il.

Des partenariats recherchés
Pour concrétiser le projet, le CECCE souhaite s’appuyer sur des partenariats.
« Les collaborations pourraient prendre différentes formes : engagement à utiliser régulièrement l’espace, commandites ou investissements en capital dans le cadre d’ententes à long terme », indique Marc Bertrand.
Le conseil scolaire s’inspire notamment de modèles déjà utilisés dans certains projets sportifs. À Orléans, par exemple, un partenariat avec un club de soccer a permis la construction d’une structure sportive d’environ 10 millions de dollars sur le site de l’école secondaire catholique Garneau. Un autre projet similaire a été réalisé à l’école Paul-Desmarais avec un dôme sportif financé par un partenaire lié au club de football semi-professionnel Sooners d’Ottawa.
Dans ces cas, les partenaires investissent dans les infrastructures tout en bénéficiant d’un accès à long terme, tandis que les élèves et la communauté peuvent également utiliser les installations.
Le CECCE a d’ailleurs lancé un appel de propositions afin de recueillir l’intérêt de partenaires potentiels. « Si les conditions sont réunies, le nouvel espace culturel pourrait voir le jour vers 2027 », précise Marc Bertrand.
Avec l’ensemble du site de l’école, la propriété s’étend sur plus de 11 000 mètres carrés et comprend de vastes espaces extérieurs qui pourraient accueillir d’autres aménagements dans l’avenir.
Le CECCE indique d’ailleurs qu’un avis d’intérêt distinct sera publié ultérieurement pour le développement d’une infrastructure sportive, un projet qui viendrait compléter la vision d’un pôle éducatif, culturel et communautaire francophone au cœur de la capitale.