Nolan Quinn, ministre des Collèges et Universités, de l’Excellence en recherche et de la Sécurité, (à gauche), accompagné de Peter Bethlenfalvy, ministre des Finances (à droite), pour l’annonce aux médias du 12 février 2026 à Queen’s Park. Photo : gracieuseté du bureau du ministre Nolan Quinn
Politique

Fin du gel des frais de scolarité en Ontario et 6,4 milliards injectés pour le postsecondaire

Nolan Quinn, ministre des Collèges et Universités, de l’Excellence en recherche et de la Sécurité, (à gauche), accompagné de Peter Bethlenfalvy, ministre des Finances (à droite), pour l’annonce aux médias du 12 février 2026 à Queen’s Park. Photo : gracieuseté du bureau du ministre Nolan Quinn

TORONTO – L’Ontario investit 6,4 milliards de dollars sur quatre ans pour stabiliser la situation financière des universités et collèges, un plan de sauvetage pour les institutions, mais assorti de conditions pour les étudiants. Dès l’automne 2026, le gel des frais de scolarité prend fin avec une hausse autorisée de 2 % par an et un octroi moindre de bourses via le Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO) au profit des prêts.

Le gouvernement investira 6,4 milliards de dollars sur quatre ans pour soutenir le secteur de l’enseignement supérieur en difficulté financière, ce qui portera le financement annuel de fonctionnement à 7 milliards de dollars, soit une hausse de 30 %.

Cela permettra le financement de 70 000 places supplémentaires dans des programmes en forte demande, « tout en répondant mieux aux réalités des petits établissements en milieux ruraux et nordiques, de langue française et autochtones ».

Le gouvernement souhaite également axer davantage les activités des établissements sur la prestation de programmes harmonisés avec les besoins du marché du travail.

« L’éducation postsecondaire est l’un des investissements à long terme les plus importants de l’Ontario et l’annonce d’aujourd’hui contribue à faire en sorte que cet investissement demeure solide, responsable et durable pour les années à venir », a déclaré le ministre des Finances Peter Bethlenfalvy. Le ministre des Collèges et Universités Nolan Quinn a, quant à lui, insisté sur la nécessité de veiller à la pérennité des collèges, universités et établissements autochtones.

Le ministre Quinn a précisé que ces mesures sont prises en réponse aux pressions qui s’exercent actuellement sur le secteur de l’enseignement postsecondaire en Ontario, notamment en raison des changements apportés par le gouvernement fédéral.

La situation financière des établissements s’est en effet précarisée suite aux limitations du nombre d’étudiants étrangers, dont les frais de scolarité élevés alimentaient largement une grande partie des revenus.

Le fardeau partagé avec les étudiants

Un plan de sauvetage pour les institutions, mais un fardeau financier additionnel pour le portefeuille des étudiants qui verront une hausse graduelle de leurs frais de scolarité et un accès réduit aux bourses gratuites.

Ces changements marquent la fin du gel des frais de scolarité, qui était en vigueur depuis 2019.

Le gouvernement autorise ainsi les collèges et universités recevant une aide publique à majorer les droits de scolarité jusqu’à 2 % par an pendant trois ans, puis jusqu’à 2 % ou au taux moyen d’inflation des trois années précédentes, selon le taux le moins élevé, pour les années subséquentes.

« Cette cadence sera parmi les plus faibles de toutes les provinces canadiennes, y compris celles des provinces comparables, comme la Colombie-Britannique et le Manitoba », peut-on lire dans le communiqué.

« En moyenne, cette mesure entraînerait un coût supplémentaire de 0,18 $ par jour pour les étudiants des collèges et de 0,47 $ par jour pour les étudiants des universités. Pour les étudiants à faible revenu, cette hausse sera compensée au moyen d’une Garantie d’accès aux études (GAE) améliorée. »

En parallèle, un changement du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO) est également de mise, induisant un ajustement du ratio avec une diminution des bourses au profit de davantage de prêts.  

« Pour assurer la pérennité du RAFEO et le rapprocher des mécanismes en vigueur dans les autres provinces, les étudiants de l’Ontario pourront recevoir jusqu’à 25 % de leur aide du RAFEO sous forme de bourses et un minimum de 75 % sous forme de prêts. »

Le modèle précédent ne prévoyait pas de limite stricte, permettant parfois aux bourses de constituer la majeure partie de l’aide financière selon le revenu de l’étudiant.

Par ailleurs, il est précisé que le RAFEO n’accordera plus de bourses aux étudiants fréquentant des collèges privés d’enseignement professionnel.

La mise en œuvre est prévue à compter de l’année scolaire 2026-2027.

La députée de London-Ouest et porte-parole du NPD en matière de Collèges et Universités, Peggy Sattler, a vivement dénoncé ce plan qu’elle qualifie de « politiques de style américain ».

Selon elle, le gouvernement Ford « hypothèque l’avenir économique de l’Ontario » en accablant les jeunes de dettes pour des décennies.

« Vous ne pouvez pas revendiquer des investissements historiques tout en disant aux établissements et aux étudiants de faire plus avec moins », a-t-elle martelé, soulignant que le ministre continue de demander aux institutions de « trouver des gains d’efficacité » malgré les sommes injectées.