Salon du livre de l'Outaouais /Crédit : Rocket Lavoie
Culture

L’Ontario français bien représenté au 47e Salon du livre de l’Outaouais

Salon du livre de l'Outaouais /Crédit : Rocket Lavoie

OTTAWA – Du 19 au 22 février, le Palais des congrès de Gatineau deviendra le cœur battant de la littérature francophone. À la 47e édition du Salon du livre de l’Outaouais, les auteurs de l’Ontario français se taillent une place significative parmi les quelque 500 invités.

« Avec environ 1500 séances de dédicaces, le Palais des congrès va se transformer en une véritable ville littéraire », souligne Lisanne Rheault-Leblanc, co-directrice générale du SLO.

Comme chaque année, le Salon met en valeur la francophonie canadienne, y compris l’Ontario français. Parmi les auteurs et autrices attendus figurent plusieurs voix bien connues et émergentes de la scène franco-ontarienne.

Didier Leclair à l’honneur

L’auteur franco-ontarien Didier Leclair est l’invité d’honneur de l’Ontario français. Sa participation s’étendra sur plusieurs journées : un entretien précédant la cérémonie d’inauguration, une table ronde avec Blaise Ndala autour du thème de la Deuxième Guerre mondiale abordée sous un angle décolonial, ainsi qu’une lecture au pavillon de la poésie.

Didier Leclair est le nom de plume de Didier Kabagema. Crédit image : Sandra Padovani

À ses côtés, Blaise Ndala proposera une réflexion engagée sur l’histoire, les rapports de pouvoir et la mémoire coloniale, des thèmes au cœur de son œuvre L’équation avant la nuit. Ce roman met en scène la course entre les Alliés et l’Allemagne nazie pour la fabrication de la bombe atomique, à partir de l’uranium extrait du Congo belge.

Figure importante de la littérature franco-ontarienne, Aristote Kavungu sera également de la partie pour présenter son livre Céline au Congo, tout en participant à une table ronde sur l’autocensure.

Il prendra part à cette discussion aux côtés de trois autres auteurs venus d’horizons différents. Il est question de Chloé Leduc-Bélanger, éditrice à Sudbury et directrice générale depuis décembre 2025 de la maison d’édition L’Interligne à Ottawa. On cite aussi Marie-Josée Martin, écrivaine née à Montréal et établie en Ontario français depuis près de trente ans. Le poète ottavien Michel Thérien, auteur de onze recueils, complétera le panel.

Finalistes du prix Champlain

Du côté des voix émergentes, Lisa L’Heureux (Haus), Sarah Migneron (Maman bleue) et Alex Tétrault (Nickel City Fifs) offriront une lecture d’extraits de leurs œuvres en tant que finalistes du prix Champlain, suivie d’une séance de dédicaces.

Selon la directrice générale, les prix littéraires occupent une place centrale au Salon, notamment le prix Jacques-Poirier Outaouais, remis cette année à Jean Dumont pour son roman L’enfance mortelle (Éditions David), ainsi que le prix Champlain, décerné par le Regroupement des éditeurs franco-canadiens dont le lauréat sera dévoilé samedi soir.

Mireille Messier
Établie à Toronto, Mireille Messier a publié une trentaine de livres pour les jeunes lecteurs. Gracieuseté

La littérature jeunesse sera à l’honneur avec Mireille Messier et Andrée Poulin, deux figures incontournables qui contribuent depuis des années à transmettre le goût de la lecture aux jeunes francophones.

L’auteur de thrillers Rick Mofina, qui a grandi à Belleville, à l’est de Toronto, attirera les amateurs de suspense. Quant à Marie-Thé Morin, cofondatrice de Vox Théâtre et autrice dramatique originaire d’Ottawa, elle complète une programmation qui mise sur la pluralité des genres et des styles.

Partenariats renforcés

En plus des scènes habituelles, le public pourra découvrir plusieurs espaces thématiques, dont un nouvel espace bande dessinée, un espace théâtre ainsi qu’un patio animé proposant des formats plus intimistes favorisant la découverte.

Le Salon poursuit également le développement de partenariats stratégiques avec l’Université d’Ottawa, l’Alliance française d’Ottawa, les Bibliothèques publiques d’Ottawa et le Centre national des Arts, ainsi qu’avec plusieurs organismes communautaires œuvrant auprès des nouveaux arrivants, indique l’organisation.

Le SLO se veut un lieu de découverte et de réflexion sur les enjeux contemporains, affirme Lisanne Rheault-Leblanc. Gracieuseté

Ces collaborations visent à élargir les publics, à favoriser l’accessibilité et à renforcer les ponts culturels dans la région, affirme la direction du Salon.

« Après 47 éditions et environ 40 000 visiteurs annuellement, le Salon poursuit le même objectif : accroître encore la fréquentation, particulièrement chez les jeunes et les familles, et rejoindre de nouveaux publics », conclut la co-directrice générale du SLO.