La francophonie albertaine prend position contre la séparation de l’Alberta
L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), l’organisme représentant la francophonie albertaine, s’est prononcée jeudi contre le mouvement indépendantiste dans la province.
Dans une conférence de presse organisée à La Cité francophone à Edmonton jeudi, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) a annoncé s’associer au mouvement Canadiens pour toujours (Forever Canadian).
Ce groupe s’oppose à l’indépendance de l’Alberta et milite en faveur du maintien de la province dans le Canada. Il est dirigé par Thomas Lukaszuk, ancien vice-premier ministre provincial au sein d’un gouvernement progressiste-conservateur.
« Le mandat que nous avons est de faire avancer la francophonie en Alberta et nous croyons fondamentalement que ceci est mieux fait à l’intérieur d’un cadre national et canadien. Donc, on croit à un Canada uni, francophone et fort », a soutenu la présidente de l’ACFA, Nathalie Lachance.
L’ACFA représente un peu plus de 80 000 Franco-Albertains dans la province et célèbre cette année son 100e anniversaire.
Nathalie Lachance justifie cette prise de position par les progrès accomplis depuis un siècle en matière de droits linguistiques. L’organisme affirme que son mandat est de « protéger ces acquis » en demeurant vigilant lorsque nos droits « sont remis en question ou menacés ».
« Les garanties dont nous bénéficions reposent bien sûr sur nos écoles, nos services, nos institutions et sur la constitution canadienne d’une génération à l’autre. Elles sont aussi intimement liées à l’existence même du Canada comme d’une nation », a affirmé Mme Lachance.
« Toute remise en question de ce cadre comporte des risques pour les communautés francophones d’ici et de partout au pays », a-t-elle prévenu.
Une position apolitique, défend l’ACFA
À l’heure actuelle, les leaders du mouvement séparatiste albertain collectent des signatures de résidents réclamant la séparation de l’Alberta du reste du Canada. Selon les règlements d’Élections Alberta, si la pétition obtient 178 000 signatures, un référendum sur l’indépendance pourrait avoir lieu dès 2026. En réponse à ce mouvement, Canadiens pour toujours a aussi lancé sa propre pétition, qui a rassemblé plus de 400 000 signatures pour affirmer la volonté de demeurer au Canada.
« Le fait d’avoir deux langues officielles, de vivre dans un pays biculturel et que nos enfants aient le privilège d’étudier en français — un privilège que vous avez âprement défendu —, c’est ce qui nous distingue et c’est la raison pour laquelle nous sommes de fiers Canadiens. Il est important pour nous que notre communauté francophone fasse partie intégrante de Forever Canadian », a souligné Thomas Lukaszuk jeudi.
Ce référendum pourrait avoir lieu dès octobre prochain. À la tête du mouvement indépendantiste se retrouvent notamment deux Franco-Albertains d’origine, Jeffrey Rath et Mitch Sylvestre.
L’ACFA se range donc avec le camp fédéraliste, une position peu commune pour une organisation représentant la francophonie canadienne, dont l’attitude habituelle est l’impartialité.
« L’Alberta et les Albertains prendront les choix, mais notre position n’est pas politique, elle est strictement une reconnaissance du rôle de la francophonie au Canada », a défendu Mme Lachance.

Interrogée sur l’avenir de la francophonie dans une Alberta indépendante, elle n’a pas voulu spéculer, soulignant plutôt qu’il n’existe actuellement « aucun cadre institutionnel francophone » dans la province.
« Il y a la politique sur la francophonie, il y a des accords à l’intérieur, je pense que ça ne serait (que) des mots, et c’est la raison pour laquelle l’ACFA s’est jointe au mouvement », souligne la présidente.
Selon un sondage de la firme IPSOS réalisé en janvier dernier, près de 28 % des Albertains voteraient oui en faveur d’une séparation du Canada.
« Nous allons remporter ce référendum de manière décisive afin d’enterrer le séparatisme une bonne fois pour toutes », a lancé Thomas Lukaszuk.