L’Université d’Ottawa mise sur Julie Cafley pour piloter sa nouvelle stratégie francophone
OTTAWA – Après une vacance de plus d’un an et demi, l’Université d’Ottawa (U d’O) a enfin trouvé celle qui portera le dossier de la francophonie. Julie Cafley, une experte reconnue en politiques publiques et en inclusion, a été nommée vice-rectrice à la francophonie et aux relations externes et communautaires.
C’est un poste qui a fait couler beaucoup d’encre, autant par sa longue vacance que par sa redéfinition sémantique. Après plus de 18 mois d’attente à la suite du départ de Sanni Yaya en mai 2024, l’établissement a annoncé ce mercredi la désignation de celle qui aura la lourde tâche de piloter le dossier francophone.
Julie Cafley, dont le mandat de cinq ans débutera le 6 juillet prochain, n’arrive pas en terrain inconnu.
Détentrice de quatre diplômes de l’U d’O, dont un doctorat en leadership en éducation, elle a consacré sa thèse aux enjeux de leadership et de gouvernance dans l’enseignement supérieur en examinant les mandats inachevés des recteurs et rectrices d’universités canadiennes.
Elle a d’ailleurs été cheffe de cabinet des recteurs Allan Rock et Gilles Patry.
« Julie Cafley possède une rare capacité à rassembler des milieux différents autour de projets porteurs », a souligné par écrit la rectrice Marie-Eve Sylvestre.
Elle estime que le parcours de la nouvelle vice-rectrice en inclusion et en développement de partenariats correspond à la vision d’une université « profondément ancrée dans sa communauté ».
Accent sur les relations externes
Le nouveau titre du poste, qui évacue le volet « international » au profit des « relations externes et communautaires », semble signaler un virage vers une diplomatie de proximité alors que l’établissement sort d’une période de consultations institutionnelles visant à évaluer son offre de cours et son positionnement en français.
« La nouvelle vice-rectrice aura pour mandat de réaffirmer le leadership de l’Université d’Ottawa dans la francophonie et de renforcer les partenariats avec les gouvernements, le secteur privé, le milieu communautaire et le monde universitaire pour accroître le rayonnement de l’Université et en optimiser l’impact », peut-on encore lire dans le communiqué.
Ancienne directrice générale de Catalyst Canada et vice-présidente au Forum des politiques publiques, Julie Cafley dispose d’un réseau étendu dans les cercles décisionnels canadiens.
« Je reviens à l’Université d’Ottawa avec une conviction profonde : la francophonie se construit dans l’écoute, les relations et les partenariats. Ensemble, avec nos communautés, nous bâtirons des ponts et renforcerons le sentiment d’appartenance afin de faire avancer une francophonie inclusive, ancrée dans l’équité et tournée vers l’avenir », a-t-elle déclaré par voie de communiqué.
Mme Cafley a aussi représenté le Canada à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies, contribuant aux réflexions internationales sur l’avancement des femmes et l’égalité.
Une nomination bien accueillie
Les réactions ne se sont pas fait attendre dans le milieu franco-ontarien.
Madeleine Meilleur, ancienne ministre des Affaires francophones et procureure générale de l’Ontario, voit en elle une alliée de taille : « Sa vaste expérience professionnelle et son expertise dans le domaine des politiques publiques contribueront à solidifier le leadership institutionnel de l’Université. Je me réjouis particulièrement de sa connaissance approfondie de la communauté franco-ontarienne et de l’espace francophone canadien ».
Même son de cloche du côté de la santé. Dominic Giroux, président et directeur général de l’Hôpital Montfort, se réjouit de cette nomination.
« Plus que jamais, nos institutions doivent travailler main dans la main pour former la prochaine génération de professionnelles et professionnels de la santé, faire avancer la recherche en français et renforcer des communautés francophones saines, fortes et inclusives. »