Feux : Trump devrait aider ses voisins plutôt que de menacer de tarifs, réagit Doug Ford
TORONTO – Le premier ministre ontarien, qui a fait le point sur la situation des 190 feux actuels en Ontario et sur la gestion de la crise, a vivement critiqué les menaces de Donald Trump d’augmenter les tarifs douaniers en raison de la dégradation de la qualité de l’air liée aux incendies. Selon lui, les États-Unis devraient au contraire venir en aide à leurs plus proches voisins et alliés.
« C’est très décevant », a commenté le premier ministre ontarien lors de la conférence de presse ce lundi sur la situation des feux de forêt. Le président américain avait pointé du doigt le Canada pour la pollution de l’air et avait exigé que la situation soit mise sous contrôle sous peine d’imposer davantage de tarifs.
« Peut-être que le président Trump devrait offrir à ses alliés et amis les plus proches du soutien, plutôt que de rester assis là à nous menacer de droits de douane », s’est emporté Doug Ford.
Celui-ci a alors rappelé l’intervention de l’Ontario au cours des dernières années lors de l’ouragan Helena en Caroline et en Géorgie, avec l’envoi de 50 camions et de 100 monteurs de lignes d’Hydro sur place, ainsi que l’envoi de bombardiers d’eau lors des incendies frappant la Californie.
« Le président devrait savoir que l’un des plus grands incendies a commencé dans le Minnesota — et ce n’est pas une critique envers le Minnesota, parce que j’ai une relation formidable avec le gouverneur (Tim) Walz. Il m’a appelé pour me dire que des campeurs du YMCA étaient bloqués dans les flammes et nous avons envoyé la PPO et les Forces armées canadiennes pour les secourir. »
« Je dois rappeler au président Trump qu’il y a actuellement 3,9 millions d’acres qui brûlent aux États-Unis en ce moment même. Si nous avions les ressources excédentaires, nous les enverrions à nos amis et alliés les plus proches. »
« Ça me frustre d’entendre ce tas de foutaises », s’est enflammé M. Ford, avant de réitérer que Donald Trump devrait plutôt envoyer des bombardiers d’eau à ses plus proches voisins.
La situation des feux et l’évacuation
Le premier ministre a fait part du dernier bilan concernant les incendies, faisant état de 730 000 hectares touchés et d’un total de 190 feux de forêt répertoriés dans la province : 56 sont considérés hors de contrôle, 112 font l’objet de surveillance, 6 sont éteints et 16 sont maîtrisés.
Au total, 155 équipes de pompiers et 80 avions-citernes et hélicoptères poursuivraient leurs interventions dans le Nord de l’Ontario, avec une quarantaine d’appareils de soutien supplémentaires prêts à intervenir.

« À ce jour, nous avons coordonné 13 évacuations, a déclaré Jill Dunlop, ministre de la Protection civile et de l’Intervention en cas d’urgence. Les personnes sont accueillies dans des villes hôtes comme Thunder Bay, Kapuskasing, Sudbury, Barrie. Toronto a aussi levé la main, tout comme Niagara Falls. Il y a énormément de coordination. »
Après un atterrissage à Thunder Bay ou Red Lake, qui servent de plaques tournantes, les évacués sont ensuite dirigés vers les communautés d’accueil.
« Ontario211 agit comme ligne d’information, et des organismes tels que Feed Ontario et la Fédération des centres d’amitié autochtones de l’Ontario déploient de la nourriture d’urgence », ajoute-t-elle.
La ministre a ajouté que Global Medic avait livré des masques N95 à Thunder Bay et que la Croix-Rouge mettait en place le centre d’évacuation à Thunder Bay, notamment pour la Première Nation de Namaygoosisagagun (Collins) et Armstrong.
Élargissement du système d’alerte
Ce samedi 18 juillet, un protocole d’entente a été envoyé par la ministre Dunlop aux chefs des conseils municipaux et des Premières Nations, confirmant l’élargissement de l’accès au système Alerte en Ontario (Alert Ready).
Face à l’intensité de la saison des feux, la province permet désormais aux autorités locales, incluant directement les chefs des Premières Nations et les coordonnateurs d’urgence communautaires, de déclencher des alertes d’urgence sur les appareils mobiles et les médias en cas de menace imminente.
Le mémo ministériel rappelle d’ailleurs que chaque alerte d’urgence émise « doit être publiée à la fois en anglais et en français », le Centre provincial d’opérations d’urgence s’engageant à fournir une assistance immédiate pour la traduction au besoin.
« Nous l’avons utilisé cinq fois cette année pour des feux de forêt. Les maires, les chefs et les coordonnateurs de la gestion des urgences ont accès à notre Centre provincial d’opérations d’urgence 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et ces messages peuvent être diffusés en moins de 20 minutes », a précisé la ministre Dunlop.
Mike Harris, le ministre des Richesses naturelles, a pour sa part mis l’accent sur une coordination à long terme avec les Premières Nations, accessible à l’année : « Si des situations surviennent avec une activité d’incendie intense au cours de la fin de semaine, et que notre ministère n’est pas disponible pour répondre directement dans la seconde, les communautés ont un plan pour s’auto-évacuer. Nous travaillons constamment avec elles. J’ai personnellement parlé à de nombreux dirigeants des Premières Nations au cours de la dernière semaine, car la situation s’est intensifiée à partir de lundi ou mardi dernier. »