Vue aérienne de SLK66, l'un des nombreux feux actifs dans le Nord-Ouest de la province, prise le 12 juillet 2026. Photo : Gracieuseté du Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario.
Société

Des centaines de milliers d’hectares partent en fumée dans le Nord

Vue aérienne de SLK66, l'un des nombreux feux actifs dans le Nord-Ouest de la province, prise le 12 juillet 2026. Photo : Gracieuseté du Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario.

Le ministère des Richesses naturelles (MRN) compte actuellement 177 feux actifs dans la province. Quinze communautés ont été évacuées. Même si la province continue de déployer des moyens conséquents pour atténuer la situation, l’ampleur des brasiers et la mauvaise qualité de l’air inquiètent de nombreuses communautés. Entre routes fermées, interdiction de brûler et retour du port du masque, on vous donne une idée générale de la situation.

Des feux de forêt ont brûlé et continuent ce jeudi de brûler des centaines de milliers d’hectares dans le Nord, particulièrement autour de Thunder Bay et Dryden où plusieurs feux se sont rejoints, formant depuis mercredi un seul grand feu qui, au total, a brûlé plus de 350 000 hectares, confirme le ministère.

Depuis le mercredi, une zone de restriction des feux (ZRF) est en vigueur dans toute la région du Nord-Ouest, ainsi qu’une partie du Nord-Est. « La ZRF a pour but de réduire le nombre de feux de forêt de cause humaine et ainsi limiter la demande des ressources d’intervention aux feux », affirme Isabelle Chenard, spécialiste des communications et des relations médias du ministère.

En raison de la proximité des flammes, plusieurs axes routiers de la région sont fermés, notamment les routes 527 et 599.

Plus tôt en juin, un important brasier du côté de Timmins dans le Nord-Est avait réduit en cendres plus de 3000 hectares. La situation s’était calmée, mais depuis le début du mois de juillet, de nouveaux feux ont pris le dessus, forçant le ministère des Ressources naturelles à déployer un large personnel de pompiers forestiers. « Plusieurs feux ont vu une augmentation de leur superficie au cours des dernières 24 heures en raison d’une hausse continue des températures et des conditions venteuses dans le Nord-Ouest », ajoute-t-elle.

Du renfort hors-province

« L’Ontario a 156 équipes de feu d’un bout à l’autre de la province. Plusieurs de ces équipes interviennent présentement sur les feux actifs, alors que d’autres sont prêts à intervenir à de nouveaux feux. Deux équipes de gestion des incidents sont déployées dans la région Nord-Ouest ».

Malgré les efforts fournis, le ministère souhaite mieux s’armer face à la menace grandissante des feux, quitte à chercher ailleurs. La province a récemment demandé un appui par le biais du Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC) pour regrouper plus de personnel et d’équipement provenant de l’extérieur de l’Ontario.

« À cette heure, du renfort de l’Alberta et du Yukon sont en processus de déploiement vers le Nord-Ouest ontarien. Ceci inclut des avions, hélicoptères, de l’équipement et du personnel en vue des opérations de gestion et d’intervention aux feux de forêt », soutient la spécialiste des communications.

Évacuations et qualité de l’air compromise

De nombreuses Première Nations ont dû évacuer leurs territoires comme la Première Nation de Kasabonika Lake, début juillet. Cette mesure préventive avait notamment ciblé les résidents vulnérables à Toronto. Dans la nuit du 14 juillet, les Premières Nations de Whitesand ont également été évacuées, suivies par celles du Lac des Mille Lacs et de Collins, toutes situées dans le Nord-Ouest.

Cela fait quelques jours que les feux de forêt affectent la qualité de l’air du Nord au Sud de la province. La semaine dernière, des résidents de Kapuskasing, Timmins, et Kirkland Lake se plaignaient d’une forte odeur de fumée ainsi que d’un ciel brumeux, explique Evan Lizotte, spécialiste des relations publiques et des communications au MRN.

Désormais, la fumée continue d’impacter d’autres municipalités. C’est le cas pour Sudbury. Ce mercredi, les résidents de la ville du Nickel ont souffert d’une qualité de l’air à haut risque, selon Qualité de l’air Ontario. Présentement, ce sont les villes de Thunder Bay et de Sault Ste. Marie qui font face à ce défi de santé publique. Dans son rapport en temps réel, Environnement Canada indique que la qualité de l’air est considérée dangereuse pour ses résidents, en particulier les personnes âgées et les enfants.

En dehors du Nord, ces feux ont aussi pollué l’air à Toronto. Hier, la métropole a obtenu le pire indice de qualité de l’air au monde. Aujourd’hui, la ville publie un communiqué invitant la population à limiter ses déplacements à l’extérieur et à porter un masque si la situation l’exige. De nombreux événements extérieurs sont annulés, reprogrammés, ou encore relocalisés dans un espace intérieur.