La parade de tracteurs est l'un des moments phares du Festival du loup. Photo : gracieuseté
Culture

« Nous sommes toujours là » : le Festival du loup célèbre la francophonie 

La parade de tracteurs est l'un des moments phares du Festival du loup. Photo : gracieuseté

OTTAWA – Parade de tracteurs, musique, théâtre et traditions francophones seront au rendez-vous samedi à La Fontaine, dans le comté de Simcoe, à l’occasion de la 22e édition du Festival du loup. Plus important festival francophone de la région, l’événement rassemblera une fois de plus la communauté afin de célébrer la vitalité de la francophonie.

« Se rassembler, festoyer, chanter et danser, se retrouver en famille et en communauté pour célébrer le fait que nous, les francophones, sommes toujours là et que nous n’avons aucune intention de disparaître. » C’est ainsi que Lucie Charlebois, coordinatrice de l’événement, résume la mission du Festival du loup.

Le festival est organisé dans ce petit village considéré comme « une véritable perle de la baie Georgienne ». La Fontaine est reconnue pour ses terres agricoles, ses boisés, ses pêcheries et son industrie forestière.

Le festival se veut une célébration vivante de l’histoire locale, à la manière d’un musée à ciel ouvert.

Son nom est inspiré d’une légende du XIXe siècle, romancée en 1955 par le prêtre Thomas Marchildon. Selon ce récit, un immense loup terrorisait les fermiers de la région en s’attaquant à leurs troupeaux. Devant cette menace, bûcherons, pêcheurs et agriculteurs auraient uni leurs forces jusqu’à ce que Théophile Brunel parvienne à abattre l’animal.

« Nous ne célébrons pas la menace. Nous célébrons le fait d’être ensemble », affirme Lucie Charlebois.

Lucie Charlebois, coordonnatrice du Festival du loup. Photo : gracieuseté

Cette légende a inspiré la création du Festival du loup ainsi que de la Meute culturelle de La Fontaine, l’organisme qui en assure l’organisation.

Une programmation francophone

Les festivités débuteront dès 10 h avec la traditionnelle parade de tracteurs, qui reliera la ferme Monpiero au parc La Fontaine, avant de laisser place à une programmation musicale en français. 

Le public pourra notamment assister aux prestations de Vincent Bishop, d’Ottawa, du groupe terre-neuvien Port-aux-Poutines, de Hy Five, des Aigles et des Fracas-Phones, une famille de musiciens bien connue des habitués du festival, ainsi que du Groupe des Cinq, composé de Louis Lefaive, Michel Paiement et Joëlle Roy. Ces trois vétérans de la scène francophone proposeront un mélange de compositions originales et de grands classiques du folklore.

Les Aigles, de jeunes musiciens de La Fontaine âgés de 10 à 14 ans, incarnent la relève. Lauréats du concours La Brunante, ils alternent compositions originales, chansons traditionnelles et hommages aux pionniers de la chanson francophone.

Originaire de Terre-Neuve, Port-aux-Poutines présentera un répertoire inspiré de la culture de l’île. Son plus récent album, Oui B’y, rend hommage à celles et ceux qui ont contribué à préserver le français dans cette province où les francophones sont minoritaires.

Établi à Ottawa et originaire de Vancouver, Vincent Bishop revisite quant à lui la chanson à répondre en y apportant une touche contemporaine. L’auteur-compositeur-interprète poursuit désormais sa carrière en français après avoir lancé deux albums en anglais.

Le groupe Hy Five, formé d’amis de La Fontaine qui jouent ensemble depuis près de 40 ans, sera également de retour. Habituée de la scène locale, la formation propose un répertoire qui fait danser les festivaliers depuis plusieurs décennies.

Le théâtre franco-ontarien d’Ottawa Créations In Vivo présentera également trois mini-spectacles dans le parc. Intitulée Mourir de trop gueuler, cette parade-théâtre met en scène des bouffons qui enterrent une grosse grenouille, morte d’avoir trop gueulé.

La pièce Mourir de trop gueuler aux Présentations éclair de Contact ontarois 2025. Photo : Rachel Crustin/ONFR

De nouveaux partenaires communautaires

Parmi les nouveautés de cette édition figure la participation d’une école secondaire anglophone de la région.

Des élèves de l’école St. Theresa’s défileront en interprétant des chansons en français, à l’initiative d’un enseignant de français francophone de l’établissement.

« C’est tout nouveau cette année d’ajouter des partenaires communautaires, des gens de la communauté qui, d’habitude, ne participaient pas au festival. J’en suis tellement fière », souligne Lucie Charlebois.

Selon elle, cette initiative illustre la volonté des organisateurs d’élargir le rassemblement au-delà de la communauté francophone traditionnelle.

Autre nouveauté cette année, un tournoi de cornhole, un jeu d’adresse très populaire dans la région, s’ajoutera à la programmation.

Les festivaliers pourront également profiter de kiosques d’artisans, d’une foire gourmande, d’une zone jeunesse ainsi que du traditionnel encan de loups. Cette activité emblématique invite les participants à miser sur des sculptures de loups peintes par des artistes locaux.

Selon les organisateurs, les fonds amassés serviront à soutenir le Festival du loup. La moitié des recettes provenant de la vente des sculptures sera remise au Georgian Bay Cancer Support Centre, un organisme communautaire, qui offre un soutien psychosocial aux personnes atteintes d’un cancer ainsi qu’à leurs proches et à leurs aidants.

Les organisateurs espèrent accueillir environ 1000 personnes entre 10 h et 20 h. L’entrée est gratuite pour les moins de 15 ans et coûte 15 dollars pour les personnes de 15 ans et plus.

« J’invite tout le monde à venir vivre l’énergie du Festival du loup et à découvrir notre région. Nous vous attendons avec plaisir », conclut Lucie Charlebois.