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Vraies ou fausses, ces histoires de peur font trembler en Ontario

Temps de lecture : 4 minutes

Que l’on croie aux fantômes ou pas, c’est la fin de semaine idéale pour se raconter les légendes de notre coin de pays. Après avoir lu ce texte, vous jetterez un regard différent sur des lieux que vous croisez peut-être au quotidien. Vous aurez aussi une pensée pour un vieux loup qui a rameuté tout un village à ses propres dépens

Ottawa : le fantôme du Château Laurier

L’emblématique Château Laurier serait hanté par le fantôme de Charles Melville Hays, le président de la compagnie de chemin de fer du Grand Tronc du Canada. Comme nous le raconte Eddy Roué, guide à la Marche hantée, une compagnie qui propose des visites guidées effrayantes en français, c’est le plan d’expansion ferroviaire de M. Hays qui a mené à la construction d’un hôtel de luxe devant ce qui était alors la gare d’Ottawa. L’homme d’affaires était attendu à l’ouverture officielle, mais il ne s’est jamais rendu… De retour d’Angleterre, il sombra dans le naufrage du RMS Titanic.

Charles Melville Hays hanterait le Château Laurier. Crédit image : Exporail, le musée ferroviaire canadien

Depuis, des phénomènes étranges se produisent à l’étage où se trouve la suite qui porte son nom. Plusieurs personnes auraient rapporté avoir vu un homme, vraisemblablement riche, se promener en costume d’époque dans les corridors… pour disparaître devant leurs yeux.

L’ancien président de la CBC, Patrick Watson, aurait été réveillé en pleine nuit par un coup de feu alors qu’il séjournait au Château Laurier dans les années 1980. On pourrait croire à un rêve, si ce n’était du cendrier sur la table de chevet, soudainement cassé.

Dans la cage d’escalier, un autre homme aurait juré entendre quelqu’un chanter une vieille ritournelle. Il aurait monté plusieurs étages, se rapprochant toujours de la voix, pour tomber nez à nez avec… un étage vide. Une jeune mariée aurait également senti quelqu’un lui agripper l’épaule alors qu’elle était seule sous la douche.

Cette histoire fait partie des nombreuses anecdotes de fantômes racontées pendant les parcours de la Marche hantée d’Ottawa. La compagnie offre des tours guidés dans la capitale canadienne, mais aussi à Kingston et Toronto. Plusieurs visites ont des versions francophones.

Toronto : un Parc apprécié des vivants… et des fantômes

En plus de ses 2,93 millions d’habitants, la capitale de l’Ontario serait peuplée de fantômes. Parmi eux se trouverait Jemima, peintre et épouse du premier architecte et arpenteur de la ville, John Howard. À sa retraite, il proposa à la ville de lui céder ses terres à deux conditions  : qu’on en fasse un parc public naturel nommé High Park et qu’on lui permette d’y vivre ses vieux jours, avec pension.

Malade d’un cancer du sein et en proie à des épisodes psychotiques, Jemima aurait terminé sa vie confinée dans une chambre à l’étage du Colborne Lodge, leur maison de High Park. Deux ans avant sa mort, John fit ériger une impressionnante tombe en son honneur, qu’elle aurait pu «  admirer  » de sa fenêtre à barreaux. 13 ans après elle, en 1890, le vieillard y rejoint sa femme pour le repos éternel. Mais attention ! Certains rapportent avoir vu le fantôme de Jemima à la fenêtre de son ancienne chambre, où elle serait toujours emprisonnée…

La Tombe de l’architecte, où reposent John et Jemima Howard. Crédit image : emkaplin / iStock / Getty Images Plus via Getty Images

Des tours guidés avaient auparavant lieu pour visiter Jemima et les autres fantômes de High Park. La présidente de la Société d’Histoire de Toronto, Lisette Mallet, affirme qu’elle a l’intention d’y organiser des visites en français à partir de 2022, en espérant ne plus avoir à jongler avec des mesures sanitaires instables. Il est toujours possible de faire des visites historiques du parc, de jour et en anglais, avec des guides de la ville.

Lafontaine : le loup, symbole d’une communauté

La légende du loup de Lafontaine est carrément un marqueur identitaire de la communauté francophone du coin. Au début du XXè siècle, le village était peuplé de quatre groupes francophones et catholiques, qui se méfiaient les uns des autres. Un jour, un loup dévore la quarantaine de brebis de Colbert Tessier. Furieux, il abat les deux chiens de François Labatte, qu’il croit coupables. Pourtant, les cris du loup continuent de déchirer les nuits et les animaux continuent de mourir.

Tout le monde se mobilise alors contre cet ennemi commun. C’est le borgne Théophile Brunelle qui abat finalement l’animal. Une grande fête est organisée, réunissant pour la première fois les quatre groupes qui formeront désormais une communauté.

Une photo du loup de Lafontaine. Une photo de Théophile Brunelle, prise précédemment, s’est imprimée sur le film, à gauche. Archives. Avec la permission de la Meute culturelle de Lafontaine

Une grande partie de cette histoire est vraie. Elle a été romancée par le curé du village, Thomas Marchildon, en 1955. Questionnée sur l’importance de la légende aujourd’hui, la directrice générale de la Meute culturelle de Lafontaine, Joëlle Roy, répond : « L’image du loup est vraiment devenue la marque de commerce de la francophonie de la région (…) le symbole d’une communauté qui se serre les coudes pour une cause commune. »

C’est cette morale qui a mené à la création du Festival du loup en 2000. L’événement organisé par la Meute culturelle sera de retour en juillet 2022. La forme exacte reste à confirmer, mais Joëlle Roy privilégie un festival en présentiel, avec option de suivre les activités à distance. L’organisme prévoit organiser plusieurs événements afin de faire vivre la culture francophone toute l’année. Il est possible de découvrir la légende complète du loup de Lafontaine et de suivre les activités de la Meute culturelle sur son site web.

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